CHAPITRE XIII
leurs Toix sur celui qui, dès le premier jour, réunissait à juste titre une majorité considérable.
Le lendemain, au premier scrutin de la matinée, l'illustre camerlingue fut canoniquement élu par quarante-quatre voix. C'était plus qu'il n'en fallait; soixantedeux cardinaux étant présents au conclave, la majorité des deux tiers se trouvait fixée àquarante-deux. Il n'est donc pas vrai , contrairement à ce qui a été dit tout d'abord, qu'on ait eu besoin de recourir à l'accession pour compléter le vote.
Voici le tableau des trois tours de scrutin :
PREMIER tour:
Cardinal Pecci, 17 voix;
Cardinal Billio, 6 voix ;
Cardinal di Lucca, 5 voix ;
Cardinal Ferrieri, 4 voix ;
Cardinal Franchi, 4 voix ;
Cardinal Monaco de la Valetta, 4 voix.
Les autres voix se portèrent sur différents cardinaux.
Le scrutin fut annulé, parce que, pour la clôture du bulletin, le sceau, représentant certains signes de convention, ne doit rien contenir qui puisse désigner celui qui vote. Or, on remarqua que l'un des sceaux portait figurés le chapeau et les fiochi cardinalices.
SECOND TOURt
Cardinal Pecci, 35 voiXb
Aucun des autres cardinaux ne dépassa le chiffre de
six voix. Le cardinal Martînelli, au lieu d'une voix qu'il
avait rae au premier tour, en obtint trois.
Un cardinal espagnol ayant écrit sur son buHetin Peccio, Johanne, le vote fut annulé, à la demande du cardinal Pecci, qui rédama en ces termes : Non valet quia quisqtte eminentissimorum habet tabellam typis impressam cum nominibus dominorum cardinalium,
TROISIÈME tour:
Cardinal Pecci, 44 voix.
Les autres voix étaient ainsi réparties : onze furent données au cardinal Franchi, trois au cardinal Mertel, deux au cardinal Simeoni, une au cardinal Bonaparte et une au cardinal Ledokowski.
A la suite de ce vote, les cardinaux Franchi et Bilio, qui étaient, après le cardinal Pecci, dans les deux premiers scrutins, ceux qui avaient réuni le plus de voix, se levèrent, et, accompagnés de leurs adhérents, allèrent se prosterner devant le camerlingue. |Tous suivirent cet exemple ; le vote lui avait donné la majorité, Tacclamation lui donna l'unanimité des suffrages. En cela les cardinaux ont fait preuve d'un grand sens politique; il fallait à la catholicité un pape acclamé, et non un pape élu péniblement, à la suite de compromis ou de transactions.
Joachim Pecci, à cette heure, n'était pas encore pape, car entre le trône et lui il y avait sa volonté non exprimée. U pouvait refuser. Lorsque le cardinal di Pietro, sous-doyen du sacré Collège, lui posa la question solennelle : < Acceptez-vous l'élection pour le souverain ponti-