‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 89 sur 152 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Souyenirs que rappelle le nom de Léon,

Ce nom de Léon XIII rappelle surtout des pontifes qui se sont consacrés exclusivement aux questions dogmatiques, à la fondation et au développement des sociétés, aut progrès de la civilisation.

Saint Léon le Grand a écrit sur des points doctrinaux des lettres dont la majestueuse vigueur rappelle les épttres de saint Pierre, et il a traité des sujets si pleins d'actualité qu'on les croirait choisis tout exprès pour notre époque.

Ce qu'on attaque surtout de nos jours, c'est la divinité du Christ et la primauté de saint Pierre. Or, voici comment saint Léon expose le mystère de l'Incarnation et les privilèges du prince des apôtres :

« Le Verbe fait chair était venu habiter au milieu de nous, et le Christ s'était dévoué tout entier à la réparation du genre humain. Rien qui n'eût été réglé par sa sagesse , rien qui se fût trouvé au-dessus de son pouvoir. Les éléments lui obéissaient, les esprits angéliques étaient à ses OTdres; le mystère du salut des hommes ne pouvait manquer son effet, car Dieu, dans son Unité et dans sa Trinité,, daignait s'en occuper lui-même.

« Cependant, de ce monde tout entier, Pierre seul est

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choisi pour être préposé à la vocation de toutes les nations, à tous les apôtres, à tous les Pères de FËgUse. Dans le peuple de Dieu, il y aura plusieurs prêtres et plusieurs pasteurs; mais Pierre régira, par une puissance qui lui est propre, tous ceux que le Christ régit luimême d'une manière plus élevée encore. Quelle grande et admirable participation de son pouvoir Dieu a daigné donner à cet homme, 6 frères chéris 1 S'il a voulu qu'il y eût quelque chose de commun entre lui et les autres pasteurs, c'est à la condition que ceux-ci reçoivent par Pierre tout ce qu'il voulait bien ne pas leur refuser.

(c Le Seigneur interroge tous les apôtres sur l'idée que les hommes ont de lui. Les apôtres sont d'accord, tant qu'il ne s'agit que d'exposer les différentes opinions de l'ignorance humaine. Mais quand le Christ en vient à demander à ses disciples leur propre sentiment, celui-là est le premier à confirmer le Seigneur qui fut le premier dans la dignité apostolique. C'est lui qui dit : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répond : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ni la chair ni le sang ne font révélé ces choses, mais mon Père qui est dans les deux. C'est-à-dire, tu es heureux, car mon Père t'a instruit, les pensées de la terre ne t'ont point induit en erreur, mais l'inspiration du ciel t'a éclairé. Ce n'est ni la chair ni le sang, mais Celui-là même dont je suis le Fils unique, qui m'a fait connaître à toi. Et moi, ajoute-t-il, je te le dis : De même que mon Père t'a dévoilé ma divinité, à mon tour je te fais connaître mon excellence. Car tu es Pierre; et cela signifiait : de même que je suis la pierre inviolable, la pierre angulaire qui réunit les deux murs, fondement si essentiel qu'on n'en saurait établir uq

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