CHAPITRE XIV
autre : ainsi toi-même, tues Pierre; car tu reposes sur ma solidité, et les choses qui me sont propres par la puissance qui est en moi te sont communes avec moi « par la participation que je t'en fais. Et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et les portes de V enfer ne prévaudront point contre elle. Sur la solidité de cette pierre, je bâtirai le temple éternel, et mon Église, dont le faite montera jusqu'au ciel, s'élèvera sur la fermeté de cett« foi.
a La veille de sa passion, qui devait être une épreuve pour la constance de ses disciples^ le Seigneur dit ces paroles : Simon, Simon, Satan a demandé à te cribler comme le froment; mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Quand tu seras converti, confirme tes frères. Le péril de la tentation était commun à tous les apôtres ; tous avaient besoin du secours de la protection divine , car le diable se proposait de les cribler tous et de les écraser. Cependant, le Seigneur ne prend un soin spécial que de Pierre seul ; ses prières sont pour la foi de Pierre, comme si \e salut des autres était en sûreté par cela seul que Tàme de leur prince n'aura point été abattue. C'est donc sur Pierre que le courage de tous s'appuiera , que le secours de la grâce divine sera distribué, afin que la solidité, attribuée à Pierre par le Christ, soit conférée aux apôtres par Pierre. »
En même temps qu'il affirmait et propageait la foi , saint Léon, réunissant en lui la puissance des armées qui avaient conquis la terre, et la majesté des princes qui l'avaient régie, dominait même le monde païen, et devant lui recula le Fléau de Dieu, envoyé pour punir et purifier la société antique.
Léon II gouverna l'Église avec sagesse et fermeté; il confirma la vérité et rehaussa le culte.
AaneuTième siècle, Léon III est le sublime ouvrier qui forme, au milieu du chaos de cette époque, Tédîfice social de la chrétienté. Il échappe aux complots des conspirateurs et vaà Paderborn, auprès de Gharlemagne, • qui se porte à sa rencontre avec son armée et dispose ses troupes sur deux rangs, entre lesquels il fait passer Tauguste vieillard ; trois fois la multitude s'incline, et trois fois le Pape la bénit et prie pour elle. Gharlemagne aussi courbe la tête sous la main de Léon, et, quelques mois après, ce même pontife, l'attirant à Rome, le couronnait empereur chrétien d'Occident.
Et lorsque les Sarrazins menacent Tltalie et Rome même, un grand homme surgit : Léon IX met en fuite les ennemis du Christ et de l'Europe. Un auteur qui a souvent outragé avec la plus insigne mauvaise foi nos gloires religieuses ne peut s'empêcher de rendre à rillustre pontife ce beau témoignage : « Ce pape était Romain; le courage des premiers âges de la République revivait en lui dans un temps de lâcheté et de corruption'. »
Il est impossible de retire toutes les grandeurs et tous les services que rappelle le nom de Léon ; nous ne citons que les faits qui présentent de l'analogie avec le temps où nous vivons.
Depuis longtemps, des guerres sanglantes et continuelles désolaient nos provinces , brisant tous les liens de la fraternité chrétienne et de l'unité nationale, décimant et affamant les populations, menaçant de la ruine les sociétés. Tout à coup, au onzième siècle, un évéque
' Voltaire, Ettai sur les nwntri^