CHAPITRE XIV
lorrain, devenu pape, Léon IX, se Ie\a; il parcourut r£urope en intrépide pèlerin et imposa aux seigneurs la trêve de Dieu ; il convoqua et présida les conciles où se traitent à la fois les questions sociales et religieuses. Il condamna l'hérésie de Bérenger, il réprima le schisme de rastùcieux Michel Gérulaire.
Et lorsque vînt le moment si terrible , pour un pape surtout, de rendre son âme à Dieu, il se fit transporter daiis FégHse de Saint-Pierre, tout près du cercueil dajis lequel il devait être déposé après sa mort et qu'il avait ordonné d'y placer. Après deux jours d'une agonie sublime, il exprima dans une dernière prière son ardent attachement pour la sainte Église :
« Jésus, disait-il, ô bon Pasteur, exauce les prières de ton serviteur pour cette Église où tu as voulu que moi , indigne , j'occupasse la place du bienheureux Pierre. C'est à Toi, Seigneur, que je la recommande : entourela du rempart inexpugnable de ta protection ; repousse loin d'elle les schismes et la perfidie des hérétiques. Ah ! daigne la défendre contre les embûches de ses ennemis , Toi qui as versé pour Elle ton sang précieux^, p
Léon X versa sur le génie humain toutes les inspirations de la Foi ; il Gt l'Église aussi belle qu'elle est sainte. Tout à coup un nuage sombre apparaît au nord; et l'hérésie éclate comme un coup de foudre au sein de cette Allemagne toujours jalouse des grandeurs latines. Ses avertissements, ses menaces étant inutiles, celui que Luther avait peint d'un seul mot : Mitis ut agnus, se départ de sa mansuétude apostolique et lance contre le
' Tibi eam eommendo, illam de/ende inexpugnabili muro protec' (ionis. (De oh^ S, Leonis^ Act. C B. T. IX, Çl-8?.)
rebelle cette bulle magnifiqne : c Lève-toi, Pœrre, et défends cette Ëgiise, mère de tontes les antres, que ta as sacrée de ton sang. >
Léon xn assista anx premières et pins pénibles convulsions de notre siècle; il vit les lattes dn drwt contre la tyrannie et les soutint; il vit le Pape prisonnîer de Tempereur, et l'empereur vaincu et le Pape triomphant; il propagea la foi, polîça ses États, en étendit les limites. Son règne fut court. Il voulut être enseveli sous une simple pierre, aux pieds de saint Léon le Grand, avec cette modeste épigraphe : « C'est lui, le moindre des héritiers d'un tel nom, qui s'est choisi cette humble place. »
Voilà les souvenirs que Léon Xm retrouve dans le passé et les espérances que fait concevoir ce nom de Léon qu'il a pris.