PREMIERS MOYENS POUR FAIRE REGNER LA JUSTICE
putation d'ouvriers du Piémont et de la Ligurie : « Nous considérons comme chose très louable que les artisans et ouvriers italiens s'unissent en associations frateinelles, à l'ombre de la religion catholique ^ »
La mise en pratique de l'encyclique Rerum Novarum comporte, aujourd'hui, de tout autres développements de l'esprit corporatif.
Le Souverain Pontife souhaite que les associations ouv rières résolvent les questions relatives au salaire, à la durée de la journée de travail, à l'hygiène des mines. Voilà les fonctions qu'il assigne aux corporations ou syndicats : on peut mesurer aisément, dès lors, les droits qu'il leur reconnaît.
Certains ont jugé que les pages de l'encyclique Rerum Novarum concernant les associations étaient dépourvues de précision. Elles enseignent catte doctrine, que l'association ouvrière est faite, avant tout, pour exercer une fonction économique et sociale, — conformément aux principes chrétiens, bien entendu. Je soumets cette simple remarque aux adversaires du document pontifical. J'espère qu'ils cesseront de le trouver vague, et je crains un peu qu'ils ne commencent à le trouver .trop précis.
1 Association catholique, 1882, I, p. 779.
CllAlMTUE m
SECOND MOYEN POUR FAIRE RÉGNER LA JUSTICE SOCIALE : LA LOI, l'ÉTAÏ
Ni la réalisatinii du rôve du pa!ron(if/e ni le fonctionnement d'une organisation professionnelle ne dispensent le pouvoir public de tout devoir envers l'ouvrier : cette réalisation et ce fonctionnement supposent, au contraire, qu'il remplit certains devoirs. On peut concevoir, en outre, l'intervention directe de l'Etat dans les questions ouvrières, — H. Objections de principe contre l'intervention de l'Etat : elles reposent sur une fausse notion de la liberté et sur l'oubli de la notion de société. La fm de l'Etat est de faire régner V ordre: divers sens du mot ordre. Devoirs qui s'imposent à l'Etat lorsque l'ordre résulte de l'existence d'un certain nombre d'organismes autonomes. Devoirs qui s'imposent à lui lorsque ces organismes n'existent pas. Question pratique qui divise les catholiques. Vivant sous un régime individu.aliste, les faibles, provisoirement, n'ont qu'un recours contre l'injustice : l'Etat,
— 111. Objections de fait contre l'intervention de l'Etat: l'Etat moderne s'incarne dans un parti; l'Etat moderne est souvent antireligieux: l'entraînement vers l'organisation socialiste est fatal. Néanmoins il ne peut exister de non-interventionnistes parmi les catholiques. — IV. Les catholiques anglais et les idées interventionnistes : étrange développement de ces idées dans le pays du selfhelp. — V. Progrès des idées interventionnistes en Allemagne depuis Retteler.
— VI. Progrès des idées interventionnistes en France et en Belgique: les deux congrès de Liège. — VII. Graves discus- ? I 1 ; il I la limite de l'intervention de l'Etat: le minimum
de salaire. — VIII. Accord à peu près unanime sur la métJiode de l'intervention de l'Etat. L'Etat ne rendra pas les associations inutiles : car l'Etat doit promulguer les lois générales du travail, et les associations doivent promulguer les lois de détail. Harmonie et solidarité des deux moyens auxquels recourt l'Eglise pour faire régner la justice sociale. —