‹ Le pape, les catholiques et la question socialeChapitre 7 sur 24 · LA GENESE DE L ENCYCLIQUE REKC3I NOVARUM · texte numérisé non relu

LA GENESE DE L ENCYCLIQUE REKC3I NOVARUM

partage équitable et juste par une bonne organisation du travail. Partout où le contrat libre entre patron et ouvrier entraine soit l'oppression, soit le danger d'oppression de celui-ci par le premier, les pouvoirs publics peuvent et doivent même, suivant les circonstances, exerccnleur action, afin que les travailleurs reçoivent au moins la subsistance nécessaire pour eux et leurs familles, et pour porter remède à la misère ;

« 3° Le régime corporatif est le mode d'organisation sociale qui a pour base le groupement des hommes d'après la communauté de leurs intérêts naturels et de leurs fonctions sociales, et pour couronnement nécessaire la représentation publique et distincte de ces ditlerents organismes. Le rétablissement de la corporation professionnelle est une des applications partielles de ce système. »

Ces diverses propositions, lentement élaborées par V Union de Friboiirg, étaient transmises à Rome. L'audace et la modestie paraissent d'ordinaire incompatibles : elles se rencontrèrent, Tune et l'autre, chez les initiateurs du mouvement social catholique. Après avoir beaucoup travaillé, ils souhaitaient, pour toute récompense, que quelque dignitaire ecclésiastique, ouvrier de la dernière heure, fût réputé, non

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seulement le patron, mais l'inspirateur de leur travail.

Entre F'ribourg et le Vatican, Mermillod servait d'intermédiaire : il informait le pape et les congrégations romaines, et leur demandait, suivant les termes mêmes d'un document émané de V Union ^ « la plus grande somme possible de directions et de bénédictions ». Avant de réclamer des « directions », les catholiques réunis à Fribourg s'étaient, de leur propre initiative, « dirigés » dans une certaine voie : trop discrets pour inviter Rome à les y suivre, ils avaient assez de hardiesse pour souhaiter qu'elle les y précédât.

En 1877, dans un mandement qu'il adressait à ses fidèles, l'archevêque de Pérouse avait signalé, en termes énergiques et précis, l'erreur inhumaine de l'économie politique moderne, le « colossal abus de la pauvreté et de la faiblesse », l'horrible existence des enfants dans les fabriques, enfin la nécessité « d'une législation qui mit un frein à ce trafic sans humanité * ». Le pape Léon Xlll imiterait-il les évangéliques audaces du cardinal Joachim Pecci ?

Telle était la question.

1 VE(/Use ef la civilisation, lettres pastorales du cardinal Pkcci. Traduction française, p. 20 (Paris, librairie de la Société bibliographif[ue).

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