‹ Le papeChapitre 14 sur 24 · DN CHAMP DE BATAILLE · texte numérisé non relu

DN CHAMP DE BATAILLE

Vite, il faut qu'on se heurte, il faut qu'on se rencontre, Qu'unaveugle soitpour parce qu'un sourd est contre ! Vous mourez pour vos rois. Eux, ils ne sont pas là. Et vous avez quitté vos femmes pour cela!

Vous jeunes, vous nombreux et forts, malgré leurs larmes, Vous vous êtes laissés pousser par des gendarmes Aux casernes ainsi qu'un troupeau par des chiens ! En guerre! allez, Prussiens! allez, Autrichiens! Ici la schlague, et là le knout. Lauriers, victoire. A grands coups de bâton on vous mène à la gloire. Vous donnez votre force inepte à vos bourreaux Les rois,"comme en avant du chiffre les zéros. Marchez, frappez, tuez et mourez, bêtes brutes ! Et vos maîtres, pendant vos exécrables luttes, Boivent, mangent, sont gais et hautains; et, contents. Repus, ont autour d'eux leurs crimes bien portants ; Vous allez être un tas de cadavres dans l'herbe. Laissant derrière vous, sous le soleil superbe Et sous l'étonnement des cieux, de vieux parents, Etdans des berceaux, plaints par les nids murmurants, douleur, des petits aux regards de colombe! — Eh J)ien non l je me mets entre vous et la tombe.

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tn LE PAPE.

Je ne veux pas ! Tremblez, c'est moi. Je vous défends De vous assassiner, monstres! — mes enfants! — Jetez-vous dans les bras les uns des autres, frères ! Quoi ! l'on verrait en vous, dans ces champs funéraires, Léviathan revivre et renaître Python I Hommes, Humanité ! se représente-t-on Les arbres des forêts qui se feraient la guerre. Qui, soudain furieux, eux si cahnes naguère, Deviendraient des dragons mêlant leurs bras hideux, Faisant tourbillonner la tempête autour d'eux. Et jetant et broyant les fleurs, les plumes blanches. Les nids, dans la bataille effroyable des branches ! Eh bien, sous l'affreux vent soulflant on ne sait d'où, Vous êtes ce chaos prodigieux et fou !

Ah! vous vous enivrez d'une vanité noire!

Vous êtes des vaincus, ô rêveurs de victoire, Vous êtes les vaincus des rois, et sur le dos Vous portez leur grandeur, leur néant, ces fardeaux ; L'ombre des rois vous suit, vous tient, vous accompagne; Vous êtes des traineurs de boulet comme au bagne; L'orgueil, leur garde-chiourme, est à votre côté; Vous avez cette honte au pied, leur majesté !

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