Archives de la Marne, C
CHAPITRE III : LE CHIFFON. MONOPOLE DU COMMERCE DES CHIFFONS ACCORDÉ AUX PAPETIERS. DIFFICULTÉ DES APPROVI¬ SIONNEMENTS. PRIX ÉLEVÉ DU PAPIER A LA FIN DU XVII? SIÈCLE. DÉCRETS ET ARRÊTÉS TENDANT A Y REMÉDIER SOUS LA RÉPUBLIQUE.
LE VIEUX CHIFFON DEVENAIT INTROUVABLE QUAND LA GUERRE, LA PESTE QU LA PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE ENTRAVAIENT SA RECHERCHE. UNE LÉGISLATION SÉVÈRE DUT PARFOIS EN RÉGLE¬ MENTER LE COMMERCE POUR ARRÊTER SON EXPORTATION OU EMPÊCHER LA CONCURRENCE QUE LES PAPETIERS SE FAISAIENT. LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE EN PRESCRIVIT LA RECHERCHE.
Tout ce fatras fut du chanvre en son temps ;
Linge il devint par l’art des tisserands;
Puis en lambeaux des pilons le pressèrent;
Il fut papier. ..
(Voltaire, La Guerre civile de Genève, chant IV.)
^OMME il a été dit plus haut, le chiffon (c’est-à-dire les vieux morceaux ou débris de toile de chanvre ou de lin) constituait jadis l’élément du papier. On lui donnait différents noms suivant les provinces : en Champagne, on l’appelait chiÿt, drapd, drille, patte; en Limousin, en Périgord et en Gascogne, peille; en Bretagne, pilot.
Les gens occupés à le ramasser et à le vendre étaient les chiffonniers et les
driUiers.
Dans les comptes anciens, le chiffon est quelquefois désigné par le mot pannus (morceau d’étoffe). En Espagne, d’après M. Briquet ', aux xii' et xiii' siècles, on s’est servi, pour nommer le papier, de l’expression pergamino de panno (parchemin d’étoffe), opposée à celle de pergamino de, ciiero (parchemin de peau, ou parchemin proprement dit). Les mots folio pro pannis ont, suivant le même auteur, donné naissance à la