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Bihl.de Troyes, fonds Carteron

la 3= partie, p. 58. Une légère augmentation est prévue pour les marchands en gros et pour les détaillants.

^^in. Brocard, not. à Troyes.

éoo, suite de

MOULIN DE LA PAPETERIE

surent rendre leur industrie prospère ; afin de lui donner plus d’extension, ils formèrent une nouvelle société composée de MM. Nicolas-Louis-Christophe Fléchey- Charpy, Etienne-Louis Fléchey-Sirot fils, Pierre Moreau et Nicolas Fèvre, neveu de M. Fléchey. Malheureusement pour cette association, Pierre Moreau, qui s’occupait surtout de la fabrication du papier, fut enlevé prématurément. Il était devenu le beaufrère d’Etienne-Louis Fléchey par son mariage avec Anne-Françoise Fléchey, qu’il avait épousée le 23 nivôse an III (12 janvier 1795).

Dans une e.xposition des produits industriels de la ville de Troyes, qui eut lieu à l’hôtel de ville en germinal an X (avril 1805), MM. Fléchey et Moreau présentèrent des « papiers Coquille, Vignette à lettre. Carré vélin. Raisin vélin, Grand Jésus, Vélin à plat, Écu dit Impérial »'.

Un rapport conservé aux Archives de l’Aube fait connaître ce qu’était, en 1810- 1811, la papeterie des Trévois. En voici la teneur :

« Il n’y a, à Troyes, qu’une papeterie, exploitée par E,-L. Fléchey, v"' Moreau et Nicolas Fèvre, associés. C'est une des plus anciennes de France. Elle emploie 5 ouvriers par cuve (elle fait valoir 6 cuves), soit 30 ouvriers, 6 manouvriers, 36 ouvrières papetières, 24 trieuses de chiffons. Les ouvriers gagnent, savoir: les papetiers, 52 francs par mois; les papetières, 25 francs par mois; les femmes de journée, 75 centimes par jour et les journaliers papetiers i fr. 50.

« Les chiffons se tirent dans un rayon de 30 lieues, surtout du côté de la Bourgogne. On en consomme environ 300000 livres. Les blancs se payent de 15 à 20 sous, les mélangés de 8 à ii sous; il y en a de cinq qualités.

« Le premier cylindre a été fabriqué par M. Dufour, de Paris, et depuis dix ans on en a fait construire trois autres, sous la direction des propriétaires. On compte environ un tiers de déchet sur le chiffon réduit en pâte.

« On fabrique environ 2500 rames par cuve en activité.

« Les sortes de papier sont : Cloche, 8 kil, 4 à 6 fr. la rame ; Pot, 9 kil., 5 à 7 fr.; Écu, 12 à 13 kil., 7 à 8 fr.; Carré, 16 à 22 kil, 8 à 20 fr.; Raisin, 20 à 32 kil.. Il à 35 fr.; Jésus, 36 à 43 kil., 25 à 50 fr.; Couronne, 10 à 14 kil., 8 à 14 fr. ; Carré d’impression, 8 à 12 francs.

« Les dimensions sont déterminées et doivent être les mêmes dans toutes les fabriques.

« On fait fort peu de papier vélin. Pour ce dernier, on emploie des toiles métalliques. Les feutres employés pour séparer les feuilles se tirent de Beauvais. Le papier est collé à l’aide des rognures des tanneries et des chamoiseries.

I. Relation du passage et du séjour de Leurs Majestés Impériales et Royales et de Sa Sainteté Pie Fil, p. 32.

« Les coalitions entre ouvriers lont beaucoup de tort à la papeterie ; les ouvriers sont en nombre suffisant, mais, si la fabrication se développait, il serait peut-être difficile de s’en procurer.

« Il est regrettable que les ouvriers, d'après les usages reçus, ne veuillent pas souffrir que les maîtres fassent d’autres apprentis que leurs enfants »

C’est sans doute à la suite d’une de ces coalitions des ouvriers contre leurs patrons qu’en i8ii la labrication de la papeterie des Trévois se ralentit d’une manière très accentuée et que cette usine, qui en i8io employait plus de 100 ouvriers, n’en comptait plus que boù En 1813, tout était rentré dans l'ordre et la manufacture occupait 90 ouvriers.

En 1811, la maison Fléchey-Moreau fit un arrangement avec ses créanciers. Elle devait qrbooo francs; onze ans après, elle n’en devait plus que 335000, tout en ayant payé annuellement au moins 20 000 francs d’intérêts et subi de grosses pertes pendant l’invasion. Vers 1822, elle était sur le point d’arrêter parce que ses correspondants de Paris ne la payaient pas. Un appel fut alors lancé au commerce et à la générosité de tous les habitants de la ville, pour qu’ils l’aidassent à continuer sa labrication. Cet appel fut probablement entendu, puisque la maison Fléchey subsista encore plusieurs années

En 1826, à la suite du décès de M’”'’ veu\'e Moreau, la société constituée pour l'e.Yploitation de la jrapeterie des Trévois fut dissoute. M. et M"' Fléchey-Sirot, M"' Marie-Louise-Joséphine Moreau, célibataire majeure, et M. Jean-Henri Moreau, mandataire de Françoise Moreau, Rosalie Moreau et Adélaïde-Bonaventure Moreau, enfants de Pierre Moreau et d’Anne-Françoise Fléchey, suivant procès-verbal d’adjudication dressé le 15 juillet de cette même année par M' Cousin, notaire à Troyes, vendirent, moyennant la somme de 125000 francs, leur usine à M. Pierre-Paul Chenié, époux séparé de biens de .^Iarguerite-Suzannc Denoor, et à M“' Sophie Cohendet, veuve de M. Michel Durand, maréchal de camp, demeurant à Paris.

Chenié (Pierre-P.vul) et veuve Durand, 1826-1829. — Les nouveaux propriétaires des moulins de la Papeterie agrandirent leur domaine par l’acquisition qu’ils firent en 1S27, moyennant une somme de 10 500 francs, de la maison dite de la Papeterie, occupée depuis jrar le directeur de l’usine. Cet immeuble appartenait à M”' veuve Louis Oudan, née Louise Desjardins (fille de Louis-Marie Desjardins et

r. . D., M 12 b d. — M. Louis Fléchey, né en 1800, mort le 26 mars 1S79, un des fils de M. Fléchey-Sirot, a publié dans le Bulletin de la Société indttsirielU et commerciale de Troyes (année 1873, partie.

p. 100) une intéressante notice : La Papeterie à Troyes.

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