A. D., 31 H 14 bis, fol
4. Voy. M. l’abbé Pétel, Les Templiers de Sancey, froyes, 1902, et Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, seigneurs de Sancey, Troyes, 1903. M. l’abbé Pétel, dans ces ouvrages, a traité amplement l’histoire des moulins de Sancey, aussi lui avons-nous fait de nombreux emprunts pour la rédaction de cette notice, sa documentation étant aussi sûre qu’abondante.
fiches du vannage et le surot (seuil ou couronnement du vannage), lorsqu’en 1476, Jean Le Ber, marchand papetier à Troyes, loua à perpétuité de Jacques Sarpe (ou Serpe), commandeur de Troyes, « une place ou siège en laquelle souloit avoir d'ancienneté molins, avec les droits, aisances et appartenances d iceulx, appartenant a la dite commanderie de Troyes, près et à 1 endroit de 1 église du dit Sancey, pour \ faire construire et édiffier, par le dit reteneur, molins, à tenir la dite place et posséder et en prandre et parcevoir les fruits, proffits, )'ssues, émolumens et revenues, par le dit reteneur, ses hoirs et ayans cause, dès maintenant à toujours perpétuellement, pour et parmy le pris de x livres tournois de rente annuelle et perpétuelle et cinq solz tournois de censive portans los, ventes et amendes quand le cas y eschera, que le dit reteneur, ses diz hoirs et ayans cause sont tenus d’en rendre et payer pour chacun an à toujours perpétuellement, au jour et terme de feste saint Remy chef d’octobre, dont le premier terme et payement sera et escherra au dit jour de feste saint Remy, qui sera l’an m.cccc et quatre vingt pour le premier an, et ainsi d’an en an. Et sera tenu le dit reteneur, doit et a promis de construire, fonder et édiffier ung molin à papier et autres telz que bon lui semblera en la dite place »
En juillet 1477, eut lieu une expertise de l’emplacement loué en octobre 1476 à Jean Le Ber, pour y construire une papeterie
Le I" août suivant, Jean Le Ber obtint du bailli de Troyes, Jean de Soissons, une sentence l’autorisant à reconstruire les moulins de Sancey et réglant les conditions dans lesquelles cette permission lui est accordée. Il y est dit que les moulins ayant été démolis auparavant les guerres, parce qu’on disait qu’ils seraient préjudiciables à la ville de Troyes, ces moulins devraient être démolis s’il était trouvé qu’ils fussent dommageables. Le vannage doit être de cent pieds de long au travers de la dite rivière pour mieux décharger les eaux et, à chaque rive du vannage, il doit y avoir cinq vannes chacune de cinq pieds, entre deux esguilles, et deux grandes vannes chacune de dix pieds de large, tant pour monter et avaler les bateaux, que pour y faire passer les glaces et pour mieux les décharger des grandes eaux. Avec ce un coulis, au milieu, contenant vingt-quatre ou vingt-cinq pieds, pour passer les butins (ou épaves) et glaces par les grandes eaux ’.
Le 23 avril 1480 (n. st.), Jean Le Ber, en présence d’innocent Corrard, marchand à Troyes, gouverneur de la maladrerie des Deux-Eaux, et de Jacques Sarpe,
1. A. D., 31 \l bis, fol. 125 r". M. labbé Pctcl, dans L/s Hospitaliers seigneurs de Sancey, p. 153-154, a public in extenso le contrat dont nous ne donnons ici qu’un extrait.
2, A. D., Cartulairc de la commanderie de Troyes, fol. 127. Le procès-verbal de cette expertise a été
publié par M. Henri Stein dans le Bibliographe moderne, année 1901, p. 415-419.
3. A. M., Q; AA, 29' cart., et A. D., AI 157, 1. Publiée par Deniel dans ses Recherches sur le régime ancien des eaux de la rivière de Seine dans rétendue du territoire de la ville de Troyes, 1841, p. 39.
MOULINS DE SANCEY 237
commandeur de Troyes, reconnut le droit de mouture dont ses moulins étaient grevés en faveur de la maladrerie
Les moulins, au nombre de sept, occupaient alors le vannage jeté sur la Seine, dans l’ordre suivant: deux gros moulins à papier, un petit moulin lombard, un foulon, deux moulins à blé et, à l’extrémité du vannage, du côté de l’église, un moulin à foulon 7
En 1488-1489, les moulins de Sancey appartiennent aux héritiers de Jean Le Ber*. Ce sont: Jacques Luillier, Nicolas Ludot et la veuve Philippe Le Mercier, qui, par sentence du bailliage en date du 13 novembre 1494, furent condamnés à rétablir incessamment l’écluse, ou décharge des eaux, près les dits moulins''.
Par sentence des requêtes du palais, datée du 24 mars 1503 (n. st.). Girard Baretel, Perrin Aubert et autres, mariniers, demeurant aux environs de la ville de Troyes, sont maintenus et gardés en possession et jouissance de naviguer sur la rivière de Seine depuis Bar-sur-Seine jusqu’à Troyes, franchement et sans être tenus de payer aucuns péages et autres droits ; Philippe Mercier, Nicolas Ludot et autres, héritiers de feu Jean Le Bé et propriétaires des moulins de Sancey, qui prétendaient leur être dû dix deniers « par chaque vaisseau », sont condamnés aux dépens h
Le 15 juin 1507, Pierre Boucherat, marchand drapier, et sa femme Marguerite Ludot ; Jean Mauroy le jeune, marchand mercier, et Catherine Ludot. sa femme ; Nicolas Hennequin, le plus jeune, fils de François Hennequin, en son vivant gouverneur d’Arcis, et Jehannette Ludot, sa femme, accordent le partage ci-après écrit. « En présence de Pierre Le Bé, marchand mercier, et Nicolas Hutin, marchand drapier, demeurant à Troyes, tuteurs et curateurs de Perette, Nicolas, Denis et Roline
1. A. D., 41 H I, fol. 112. Reproduit par M. Harmand dans sa Notice historique sur la Léproserie de la ville de Troyes, 1849, p. 229-231.
2. Le ynoulin lombard, qui dès l’origine dut être un moulin à papier et, plus tard, servit à cet usage, comme on le verra plus loin, aurait été bâti vers 1480 et démoli en 1505, si l’on s’en rapporte à une note que nous avons rencontrée aux archives de la ville de Troyes (A. M., fonds Delion, lay. 28). Cette date de démolition doit être modifiée, puisque le moulin lombard figure dans le partage de 1507, dans l’acte de vente de 1621 et dans la visite qui fut faite du dit moulin en 1664.
Voici ce que M. Chaumonnot dit de cette usine (op. cil., p. 55);
« Le moulin lombard fut édifié après le 23 avril 1479; la roue qui le faisait mouvoir, de 20 pieds de hauteur, avait été placée dans un des coursiers voisins des vannes destinées au passage des bateaux. Il en
résultait une assez grande gêne pour la navigation et les mariniers réclamèrent contre cette innovation. Une information avec enquête s’en suivit. La démolition du moulin lombard fut ordonnée et la sentence du bailliage notifiée au meunier, le 4 janvier 1502 (v. st.), par Jean Bonjour, sergent à cheval, qui dut procéder à cette opération et « brider » la roue pour l’empêcher de tourner. L’arrêt qu’avait posé cet agent fut bientôt enlevé, sans doute, car il fallut recommencer le 23 avril suivant. Le moulin fut ensuite démoli. » Comme on le voit, M. Chaumonnot ne précise rien au sujet de cette démolition. Il est probable que ce moulin avait une disposition particulière analogue à celle des moulins à papier d’Italie, de là viendrait son nom de moulin lombard, à moins qu’il ne rappelle tout simplement la patrie de son créateur.
A. M., B 42, reg.