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MOULINS DE VANNES APPARTENANT A EDMOND DENISE

Lors du partage des moulins fait en 1601 avec Jacques Le Bé, Edmond Denise laine, papetier juré en l’Université de Paris, eut pour sa part, comme on l’a vu plus haut, deux moulins à papier situés dans le pré du Rez, sur la rive gauche de la rivière, du côté du Davau, et dut payer au chapitre 20 écus de rente foncière

En 1627, pour faciliter le mariage de son fils Jacques Denise, marchand papetier a Troyes, il lui fit don entre vifs des deux moulins à papier et du pré du Rez, contenant 7 arpents, chargés de rentes au profit du chapitre

Jacques Denise fit de mauvaises affaires et se trouva dans l’impossibilité de payer la rente foncière due au chapitre; il en résulta que, le 15 juillet 1653, les chanoines obtinrent du bailliage de Troyes une sentence condamnant les héritiers d’Edmond Denise (solidairement responsables) à payer 200 livres pour les lods et ventes des moulins appartenant à Jacques Denise, dont ils s’étaient rendus adjudicataires à la suite de la vente faite à la requête du chapitre, et aussi à titre de dommages-intérêts à cause du mauvais état dans lequel se trouvaient ces moulins.

Pour mettre fin aux difficultés sans cesse renaissantes, il fut procédé en 1659 à une transaction entre le chapitre et les héritiers Denise. Ces derniers étaient : Edmond Denise, marchand ; Nicolas Denise l’aîné, marchand et conseiller en l’élection de Troyes; François Denise, avocat en Parlement, demeurant à Paris; Nicolas Sorel, conseiller en l’échevinage, époux d’Edmée Denise ; Simonne Denise, veuve d'Edmond Gouault, avocat en Parlement, et tutrice de sa fille Odette Gouault. S’étant fait adjuger les moulins, ils transigèrent avec leur frère Edmond Denise, qui avait refusé de s’associer à eux, et ils s’engagèrent à verser au chapitre une somme de I 200 livres tournois et à payer annuellement, solidairement avec les héritiers, la rente de 20 écus due au chapitre, de telle sorte que les héritages appartenant à celui-ci demeurent censuels et qu’il ne soit pas dérogé à l’accensement. En échange, les chanoines leur donnèrent l’autorisation de démolir les moulins, tombant alors en ruines, et d’en enlever les matériaux'.

Les héritiers firent immédiatement disparaître les moulins, mais ils omirent dans la suite de payer exactement la rente due au chapitre. Ce dernier les assigna, en 1688, pour être condamnés à verser 180 livres, montant de trois années de la rente due par eux. Ces héritiers étaient alors représentés par Edmée Denise, veuve de Nicolas Sorel, fille et héritière d’Edmond Denise l’aîné; Louis Denise, marchand à

I et 3. A. D., G 3693, I. 2. A. D., G 4116. 1.

Troyes. héritier de Jacques Denise, et Edmée Denise, épouse d’Henri Langlois. Désireux de se débarrasser d’une propriété onéreuse et cause de nombreux ennuis, ils cédèrent à M. Pierre Guillaume de Chavaudon, chevalier, lieutenant général au bailliage de Troyes, seigneur de Sainte-Maure, Charley, etc., le 21 mai 1694, la place où étaient les moulins et tous les autres héritages compris dans le lot échu à Edmond Denise en 1601. En échange, M. de Chavaudon leur versa une somme de 100 livres et prit l’engagement de continuer au chapitre la rente de 20 écus payable annuellement, qui grevait le terrain dont les Denise lui abandonnaient la propriété ‘. Dans cette affaire, M. de Chavaudon n’était que le représentant de son frère, l’Abbé de Chavaudon, grand archidiacre et chanoine de Troyes.

Par acte passé devant Péan, notaire à Paris, le 15 mars 1721, M. l’Abbé de Chavaudon céda tous ses droits sur l’emplacement des anciens moulins de Vannes et sur le pré du Rez à son neveu Pierre-Nicolas Guillaume de Chavaudon, conseiller en la Cour des Aides, auquel le chapitre les céda, de son côté, à titre d’accensement perpétuel, moyennant une rente annuelle et perpétuelle, non rachetable, de 75 livres et 2 sous 6 deniers de censé

Cette propriété passa par héritage à M. Pierre Guillaume de Chavaudon de Sainte-Maure, conseiller du roi au Parlement de Paris, demeurant en cette ville, rue Saint-Avoye, au Marais. Avant acheté, en 1758, la part des moulins de ÔGnnes appartenant aux Le Bé, ce seigneur devint ainsi propriétaire de l’emplacement et des dépendances de tous les anciens moulins de Vannes, qu’il enterma dans l’enceinte du parc de son beau château de Sainte-Maure.

Le dernier possesseur de cet ensemble fut Madame la Princesse Henri de Faucigny-Lucinge, née Noémie-Antoinette-Charlotte-Gabrielle Guillaume de Chavaudon.

Les châtelains de Sainte-Maure se seraient-ils ravisés et auraient-ils lait rétablir l’un des moulins si dédaigneusement sacrifiés d’abord i Répondant à l’intendant de Champagne, qui le questionnait sur l’état des papeteries de l’élection de Troyes, le subdélégué Paillot signale, le 23 mars 1728. à la suite des moulins Le Roi et de la Moline : « Le troisième moulin appartient au sieur Denis (Denise ?). Il est situé sur la rivière de Seine, en descendant au village de Vannes, deux lieues de Troyes. Il n’y a qu’une cuve et on y laçonne de 3 à 4 sortes de gros papiers pour le service des marchands et pour de mauvaises impressions é » D'autre part, un plan des moulins de Vannes, daté de 1758, existe aux Archives de l’Aube é

Pas de doute: le moulin à papier de Vannes lut reconstitué. Nous ignorons

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