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LES APPRENTIS PAPETIERS

N verra plus loin que les compagnons papetiers avaient réussi à faire accepter comme loi, dans la corporation, que les apprentis seraient pris dans leurs familles mêmes, afin d’éviter la vulgarisation du métier dont ils entendaient se constituer comme une sorte de monopole.

Les pouvoirs publics ratifièrent tout d’abord ce principe dans l’arrêt du 12 décembre 17 30, portant règlement pour les fabriques de papiers de l’Angoumois et du Limousin ’ :

Art. XVI. — Veut pareillement Sa Majesté que les dits maîtres fabricants ne puissent prendre aucuns étrangers pour apprentis, qu’au défaut des fils de compagnons.

Mais, par l’article 53 du règlement général de 1739, les fabricants sont autorisés à prendre tel nombre d’apprentis qu’ils jugeront à propos, soit fils de compagnons ou autres...

Et les prescriptions suivantes sont édictées à leur sujet:

Art. XXXIV. — Nul ne pourra être admis à faire apprentissage qu’il n’ait au moins douze ans accomplis, et il sera passé brevet du dit apprentissage pardevant notaires ’ entre le maître fabricant

1. Encyclopédie méthodique, t. V, p. 543. que nous a^’ons rencontré: Le 8 mars 1756, Jacques

2. Voici le seul contrat d’apprentissage de papetier Masse, blanchisseur de toiles aux Trévois, met son fils

et celui qui se présentera pour être apprenti, lequel brevet sera enregistré dans le registre qui sera tenu à cet effet par les gardes en exercice dans chaque communauté, en payant, par le dit apprenti, la somme de 3 livres pour le dit enregistrement.

Art. XXXV. — Le temps de l’apprentissage sera de quatre années consécutives, pendant lesquelles l’apprenti sera tenu de demeurer chez son maître et de le servir fidèlement.

Ceux des dits apprentis qui quitteront leur maître avant le temps des dites quatre années accompli, n’acquerront aucun droit pour parvenir à la maîtrise et leurs brevets seront et demeureront nuis et rayés du registre dans lequel ils auront été enregistrés.

Art. XXXVI. — Dans le cas où le maître chez lequel l’apprenti aurait commencé son apprentissage cesserait de fabriquer ou de faire fabriquer du papier avant le terme de l’apprentissage accompli, les gardes en charge placeront le dit apprenti chez un autre maître pour y taire le temps qui restera à expirer de son apprentissage, ce qui sera pareillement observé par les dits gardes si le maître vient à décéder et que sa veuve ou ses entants ne continuent pas à faire fabriquer du papier.

Art. XXXVIl. — Les quatre années d’apprentissage expirées, l’apprenti sera tenu de servir pendant quatre années chez les maîtres en qualité de compagnon.

Art. XXXVIIl. — Les fils de maîtres sont tenus aux mêmes obligations, avec cette exception que, lorsqu’ils auront demeuré jusqu’à l’âge de seize ans accomplis chez leur père ou leur mère veuve, faisant fabriquer du papier, ils seront réputés avoir tait leur apprentissage.

Un Mémoire des fabricants de papier d’Angouléme, daté du 7 août 1788, par lequel ils demandent au gouvernement de remédier au refus que font les ouvriers papetiers d’admettre pour élèves quiconque n’est pas sorti de famille « papetière », montre que sur ce point déjà la loi n’avait rien pu modifier dans les usages corporatifs b

La Révolution légiféra à son tour dans le meme sens que la Royauté. Par décret de la Convention nationale, du 23 nivôse an II, article 9, les entrepreneurs de papeteries sont invités à former des élèves ou apprentis qui seront pris indistinctement parmi les enfants de tous les citoyens. Les ouvriers ne pourront, sous aucun prétexte, se dispenser de leur montrer leur métier. Les dépenses d'apprentissage seront aux frais des parents des dits élèves ou apprentis, au profit des ouvriers, et ne pourront excéder 30 livres par an. (Ce décret est la reproduction du règlement du 27 janvier 1739, article 53.)

lacqucs, âgé de 22 ans, en apprentissage chez Claude- choix. (Minutes de I-auveau, notaire a Iroyes.) Edme Debure, marchand papetier à Troyes, pour la i . Archives nationales. Conseil de connuerce et Bureau de

période de quatre années pre.scrite par les règlements; commerce, l'joo-i'/ÿi. Inventaire analytique des procis-

mais au lieu de paver quoi que ce soit à leur expi- verbaux, par .M. Pierre Bonna.ssieux, Paris, 190O7

ration, c’est l’apprenti qui devra recevoir un habit p. 460 a. — Ce Conseil avait été institué, par arrêt du

neuf de 50 livres ou cette somme en argent, à son 29 juin 1700, près du Contrôleur général des Finances.

LE PERSONNEL OUVRIER

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