I. Arch. dtp. M 12 bd, an VIII-1812 ; Arch. mun., I
des usages anciens et tellement organisée qu'ils étaient à même de faire la loi aux patrons. En frappant un atelier de damnation, ils mettaient, encore à cette époque, le chef de l’établissement dans l’impossibilité de trouver un ouvrier et la ruine était certaine
Dans une lettre adressée au maire de Felletin, ce même préfet signale aussi l’usage où étaient les ouvriers de la manufacture de M. de Myomandre de faire payer aux apprentis ou compagnons des rentes ou diinages, des bienvenues, et d’ouvrir des délibérations ayant pour objet de censurer des camarades
Plus tard, le 28 juin 1811, le préfet de l’Aube avisait le maire de Troyes d’une communication de la Police générale d’après laquelle des ouvriers papetiers de Troyes se seraient rendus coupables de coalition contre la fabrique de papeterie de Fontenay, conjointement ax'ec des ouvriers de Châtillon et de Poncey. La Police l’avait constaté à l’aide d’une lettre écrite le 10 mai par des ouvriers de Châtillon à un ouvrier de Poncey, par laquelle il était détendu de travailler à ceux de Fontena}', la dite défense émanant de compagnons de Troyes, ce qui constituait une interdiction prononcée contre cette papeterie f
A la suite d’une enquête faite par le maire de Troyes, il fut établi, par un rapport de M. Gérard-Sirot, que, malgré leur dénégation, plusieurs ouvriers papetiers de cette ville s’étaient réunis le 18 mai chez le sieur Oudin, aux Faux-Fossés, avec trois ou quatre ouvriers étrangers, qu’ils s’y étaient tous régalés abondamment, et que l’on y avait mangé l’amende prononcée contre les ouvriers de la papeterie de Fontenay. Du reste, des ouvriers de Troyes étaient renvoyés de l’usine où ils travaillaient, leur maître venant de les mettre en six-semaines''.
Nous avons rencontré aux Archives municipales de Troyes ’ un rapport adressé le 28 juin 1812, par MM. Fléchey et Moreau, directeurs de la papeterie du moulin Le Roi, à M. le Prélet de l’Aube, qui leur en avait fait la demande. Il retrace d’une manière si claire et si intéressante les relations existant entre les patrons papetiers et leurs ouvriers, que nous croyons devoir le faire connaître.
Relativement aux divers genres d’abus qui se commettent parmi les ouvriers de leur fabrique, en contravention de l’arrêté du Directoire exécutif du 16 fructidor an IV, ces Messieurs déclarent « qu’ils tolèrent beaucoup de ces abus, tout en s’efforçant de faire respecter les lois que rappelle cet arrêté.
« Il faudrait, disent-ils, qu’il y eût entre les maîtres un concert égal à celui qui existe entre les ouvriers. Si un maître veut établir une règle qui s’éloigne