RÉQUISITION DES OUVRIERS PAPETIERS POUR LE SERVICE DE LA RÉPUBLIQUE
L’utilité de la fabrication du papier était telle, au début de la Révolution, qu’elle primait chez les gouvernants le souci de la défense nationale, cependant bien pressante. Les 7-9 septembre 1792 et 8 septembre 1793, il fut défendu aux ouvriers des fabriques de papier de Courtalin, du Marais, d’Essonnes et de Buges, de quitter leurs ateliers, même pour s’enrôler.
Un décret de la Convention, du 23 nivôse an II (12 janvier 1794), autorise leur réquisition pour le service de la République.
Art. III. La Commission des subsistances et approvisionnements, sur la demande des entrepreneurs des manufactures dans lesquelles se fabrique le papier assignat, sera tenue de requérir dans les autres papeteries le nombre d’ouvriers suffisant pour le service des dites manufactures.
^ Art. IV. — La même réquisition aura lieu en faveur de la manufacture dans laquelle se fabrique le papier qui doit servir au bulletin de la promulgation des lois.
On sait que de semblables mesures étaient prises pour les ouvriers imprimeurs occupés, tant à Paris qu’en province, à l’impression du Bulletin des Lois, des assignats et des actes émanés du pouvoir central. Les événements exigeaient des décisions incessantes qu il fallait porter rapidement à la connaissance des intéressés.
CHAPITRE VII : DES IMPOSITIONS MISES SUR LE PAPIER. LES CONTROLEURS, VISITEURS ET MARQUEURS DU PAPIER. LE PAPIER DE FORMULE. LE PAPIER TIMBRÉ, APPELÉ AUSSI PAPIER MARQUÉ.
LE PAPIER ÉCHAPPA LONGTEMPS, EN FRANCE, A TOUT IMPOT, GRACE A LA SOLLICITUDE DES ROIS ET A LA VIGILANCE DE L’UNI¬ VERSITÉ POUR UNE MATIÈRE AUSSI UTILE AUX ÉTUDES. IL NE SUIVIT LA LOI COMMUNE QUE LORSQUE SA FABRICATION FUT ASSEZ DÉVE¬ LOPPÉE POUR RÉSISTER A DES CHARGES FISCALES. LES PREMIÈRES TENTATIVES ÉMURENT LES TROYENS, ON CRÉA ENSUITE LE PAPIER TIMBRÉ, GAGE DE SINCÉRITÉ DES CONTRATS ET DES ACTES PUBLICS.
ES qu’ils se furent rendus maîtres de l’Égypte, les Romains apprécièrent l’importance, à tous les points de vue, du papier qu’on fabriquait en ce pays avec le papyrus et qui remplaçait si avantageusement la tablette de bois enduite de cire dont ils s’étaient servis jusqu’alors.
Possesseurs des lieux de production et de l’entrepôt général du papier égyptien, qui devint rapidement d’usage universel, ils purent facilement le soumettre à un droit qui, augmenté à chaque nouveau règne, devint excessif.
C’est, dit-on, au commencement du v' siècle que l’Italie fut dégrevée de ces lourds impôts par Théodoric, roi des Goths.
Cassiodore, qui écrivait vers la même époque, rapporte que cet acte de munificence fut accueilli avec la plus vive gratitude, comme étant un service rendu à l’univers, dans lequel pourrait désormais circuler en toute liberté une matière « qui, selon Pline, améliore l’homme et le fait vivre dans tous les siècles ».
Malheureusement, les bouleversements qui eurent lieu quelque temps après dans le monde, surtout en Asie et en Afrique, amenèrent la décadence du commerce et des arts. L’Égypte cessa de fournir du papier et l’Europe dut écrire sur du parchemin '.