I. Ordonnances des rois de France, t. VIII, p
Les commerçants moyens se virent donc obliges de redemander deux foires, dont l’une leur fut accordée par Louis XII en avril 1510 (elle devait se tenir du 8 mai au 22 du même mois), l’autre concédée par François L' en mars 1531 (elle avait lieu du 14 octobre au 7 novembre). Elles furent confirmées par les rois Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV.
Il en résulta un renouveau de jirospérité auquel l’industrie papetière participa pour une large part.
Nos rois eux-mêmes étaient si persuadés de la richesse des Troyens qu’ils s'adressèrent quelquelois à eux pour obtenir l’argent dont ils avaient besoin. De 1536 a 1559' François 1", Henri II et François II leur empruntèrent à constitution de rente plus de 100.000 livres '.
Plus tard, en avril 1568, Charles IX, en signant la pai.x de Longjumeau avec le prince de Condé et les Protestants, s’étant obligé à payer au duc Casimir, fils de 1 Électeur palatin et chef des troupes allemandes au service des Protestants, une somme de 1.720.000 livres, le duc ne voulut jioint évacuer la France qu’il ne fût payé ou qu’il n’eût au moins des cautions solvables. Ne se contentant pas de celles du duc de Lorraine et des banquiers allemands, il exigea, en outre, celle des habitants de Troyes f
Cest surtout vers la fin du .xv' siècle et la première partie du .xvû qu’à Troves la Jirospérité du commerce du papier fut à son apogée; mais il arriva que les maîtres papetiers, absorbés par la multiplicité de leur trafic, négligèrent la bonne préfiaration de leurs produits à un tel point que l’Université dut formuler des plaintes contre eux et les rappeler à l’ordre, comme nous l'avons dit en parlant des Papetiers jurés (jiage 32).
Puis, les guerres de Religion et la Ligue, ruinant la meilleure partie des pro- \-inces du royaume, interrompirent tellement les foires que le commerce troyen fut réduit atix seuls produits de la région et à ce qui venait des deux Bourgognes, de la Lorraine et de l’Alsace, Cela lui porta un coup terrible, car il ne se soutenait que par ces loircs.
Celles-ci, au surplus, ne turent jamais révoquées, mais seulement discontinuées.
Le 27 août 1697, lettres patentes confirmèrent un arrêt du Conseil d’État établissant deux foires franches de huit jours, commençant, l’une le deuxième lundi de carême, et l’autre le i" septembre f
Ces loires ont persisté jusqu’à nos jours ; elles se tiennent en mars et en
1. Arch.niun., AA, carton, i’''-'!.; BB, 2'' carton, i'^'et3'l. — Boutiot, Hist.de Troses, t. III, p. 369, 427.