SCIURE
L’utilisation des sciures de bois dans la fabrication de la pâte à papier nécessite quelques précautions spéciales qui consistent particulièrement dans l’emploi de meules rayonnées marchant à la vitesse d’environ 150 tours à la minute ; la sciure y est introduite sous un courant d’eau pour y être broyée et réduite en pâte.
Au sortir des meules, l’eau mêlée à la pâte est déversée dans toute l’étendue d’un cylindre en toile métallique, marchant très lentement et permettant à la majeure partie de la pâte d’être introduite au centre du cylindre pour venir se déverser par un orifice circulaire, pratiqué au centre de l’une des extrémités dans un conduit destiné à la mener sur deux cylindres dont nous allons parler.
La partie de pâte qui ne traverse pas la toile est ramassée par un rouleau en bois et projetée dans une caisse où elle forme le numéro le plus grossier.
La partie de pâte qui a traversé la toile de ce premier cylindre se déverse,
entraînée par l’eau, sur un second cylindre animé d’une vitesse un peu moindre, entouré d’une toile métallique plus serrée. Le second cylindre est disposé comme le précédent, de sorte que la partie de pâte qui ne peut traverser la toile reste à la circonférence du cylindre pour être ensuite ramassée par de petits cylindres en bois, puis projetée dans une caisse, où elle forme le deuxième numéro.
Toute la partie de pâte qui a pu traverser le second cylindre s’échappe avec l’eau par l’orifice circulaire pratiqué à l’extrémité, puis est versée uniformément sur un troisième cylindre garni d’une toile métallique tellement fine qu’elle ne laisse pins passer que de l’eau blanchie qui s’écoule encore par une ouverture circulaire percée à une extrémité. A la circonférence de ce dernier cylindre tournent deux rouleaux en bois, entraînés comme le précédent, par le mouvement de rotation du cylindre et qui jettent dans des caisses la pâte que l’on n’a pu entraîner et qui forme le numéro le plus fin.
On voit donc que l’opération consiste à moudre la sciure sous un courant d’eau, puis à séparer les produits de cette mouture en trois numéros, suivant leur grosseur, qui enfin sont utilisés séparément dans la préparation de la pâte à papier.
TAXXÉE
Lorsque l’on veut transformer la tannée en matière fibreuse propre à la fabrication du papier, on l’introduit dans une chaudière à vapeur animée d’un mouvement de rotation, puis on la recouvre complètement d’eau bouillante.
La vapeur ensuite est introduite sous une pression de 3 atmosphères environ, pendant deux heures. On laisse alors écouler l’eau de la chaudière, puis on lave abondamment à l’eau bouillante.
Une solution alcaline est ensuite amenée dans la chaudière. On la prépare en formant une lessive de soude caustique renfermant 100 kilogrammes d’alcali par tonne de tannée à traiter, puis le tout est soumis à l’action de la vapeur pendant plusieurs heures.
A la suite de cette opération, les matières gommeuses et celles solubles sont éliminées, et la portion fibreuse qui reste est la plupart du temps propre à la fabrication de la pâte à papier.
Lorsque les fibres adhèrent très fortement les unes aux autres, on est obligé de recourir à un traitement mécanique, qui peut être le suivant :
Un tambour principal est à sa périphérie garni de pointes d’acier ou dents comme un tambour de carde; il se meut sur des coussinets qui reposent sur un bâti.
Au-dessous de ce tambour principal sont disposés deux cylindres qui sont aussi garnis de dents, et presque toujours on en établit un troisième à la suite d is premiers. La matière à traiter est amenée entre les cylindres par un appareil adducteur approprié, une toile sans fin par exemple. Cette toile conduit la matière entre les cylindres supérieurs et les tambours.
Deux de ces cylindres sont en contact intime; le troisième isolé et placé au sommet, appuie au moyen de poids sur le tambour, afin d’attaquer la matière plus ou moins énergiquement.
Ce cylindre supérieur a donc pour but d’arrêter la tannée assez longtemps pour que les dents du tambour aient le temps d’y pénétrer et de la déchirer; cela fait, cette matière est abandonnée aux deux autres cylindres qui sont également armés de dents plus fines, et par un passage entre ceux-ci et le tambour les fibres sont séparées les unes des autres et forment une masse propre à être envoyée à la pile à papier.