TOURBE
La tourbe que l’on peut employer dans l’industrie de la papeterie est celle qui existe immédiatement au-dessous de la surface de la terre dans les lieux bas et marécageux. Elle consiste en feuilles et en tiges de diverses mousses, fibres et racines d’un grand nombre de petites plantes aquatiques.
Ces fibres sont dures et conservent parfaitement dans la plupart des cas leur forme primitive; elles sont disposées plus ou moins régulièrement en strates parallèles ; leur couleur est brun rouge.
Les échantillons de tourbe que l’on destine au blanchiment pour en faire du papier sont ramollis dans l’eau froide, jusqu’à ce que par l’agitation les fibres se séparent. Celles-ci sont mises en digestion dans une solution froide très étendue de potasse ou soude caustique, puis, après avoir été séparées par la pression, plongées pendant quelque temps dans une solution étendue d’acide sulfurique.
La fibre est de nouveau séparée de la dissolution acide par la pression, puis mise à digérer dans une solution de chlorure de chaux. Après l’avoir retirée de la liqueur et bien lavée, elle est propre à la fabrication.
TYPIIA
La massette ou typha estime plante excessivement commune et très abondante dans les terrains marécageux. 11 y en a trois espèces, qui sont les typha latifolia , anguslifolia et minima.
Ces végétaux croissent en quantités énormes sur les bords de plusieurs rivières, comme le bas Danube, le Dniester et le Bug, et dans ces contrées ils sont employés comme combustible ou simplement abandonnés à la putréfaction.
Les tiges de ces plantes se composent de feuilles superposées formant des cônes de lm,50 à 2m,50 de hauteur. Ces feuilles molles, très peu siliceuses, mais très riches en filaments, dépourvues de nœuds, étant traitées à chaud par les alcalis, donnent une pulpe très pure que l’on peut livrer à la machine à papier, sans être obligé de la faire passer par les piles raffineuses.
On opère très facilement et très promptement de la façon suivante :
. Après avoir trié les tiges une à une, et avoir séparé celles qui en fleurissant sont devenues dures et ligneuses, on coupe avec un hache-paille celles qui restent, de façon à les réduire en fragments de 10 millimètres environ. Ces petits morceaux sont placés dans une grande pile à cylindre, que l’on remplit à moitié avec une lessive de soude à 15 degrés Baumé; l’action se prolonge pendant trois heures sous une pression de 3 atmosphères. On fait alors passer la lessive dans
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
un réservoir, on ouvre la pile et la pâte descend sur un tamis en elle s’égoutte. Elle est reprise ensuite afin d’en extraire le plus possible de liquide par une forte pression, puis après l’avoir placée dans des paniers en toile métallique, on la plonge dans une rivière, d’où elle sort parfaitement pure au bout d’une heure. Cette pâte ainsi préparée est séchée puis emballée.
On peut très bien employer cette matière à la fabrication du papier d’emballage, sans la blanchir, parce qu’elle sort de la pile dans un état de finesse suffi sant, et possédant alors une belle couleur d’agréable aspect.