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FONCTIONNEMENT DES PILES

On peut charger la pile défilcuse de deux façons différentes :

Des aides ouvriers amènent tous les chiffons à la fois et les projettent dans la pile, le maître ouvrier, ou gouverneur, pousse alors avec une spatule les chiffons et les engage sous le cylindre, en ayant soin de modérer l’arrivée de ta matière de façon à ne pas causer d’accident.

Lorsque tous les chiffons sont ainsi mis en suspension dans l’eau, le gouverneur abaisse le cylindre pour que la matière subisse un frottement intense qui a pour résultat d’enlever la crasse et les matières étrangères.

os ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

On peut aussi ne charger les chiffons que peu à peu, par poignées; dans ce cas, on rapproche immédiatement le cylindre de la platine, et les précautions à prendre sont beaucoup moins nécessaires. Le travail est moins rapide, mais plus sûr.

Au fur et à mesure que l’eau sale s’écoule, le gouverneur rapproche graduellement le cylindre de la platine de façon à obtenir le défilage complet du chiffon, qui se transforme peu à peu en une sorte de charpie très longue, très fine et très chargée d’eau.

On fait dur.er le défilage plus on moins longtemps, suivant la nature des chiffons traités, les dimensions de la pile, son état d’entretien, et suivant aussi la quantité d’eau employée.

En général le travail dure de deux à trois heures.

Si l’on doit blanchir au chlore gazeux, il sera bon de faire durer le défilage pendant quatre heures au moins, afin de mieux préparer la matière à l’action blanchissante du chlore.

Dans une papeterie bien installée, on doit avoir des défileuses doubles, étagées. Les défileuses supérieures sont employées pour les premiers lavages; les châssis ont des toiles dont les mailles sont plus larges, l’écoulement de l'eau peut être ainsi très abondant.

Les défileuses inférieures reçoivent alors une matière presque complètement préparée, et ne font que terminer définitivement cette préparation.

On peut objecter que cette manière de faire augmente la main-d’œuvre et la durée de la fabrication, mais ces inconvénients sont largement compensés par la plus grande beauté des papiers ainsi obtenus.

Le spatulage doit se faire avec soin et avec énergie pendant tout le temps que dure l’opération. On doit vérifier de temps en temps l’homogénéité de la pâte.

La capacité des piles défileuses est très variable; en France, elle ne dépasse guère celle nécessaire à la production de 150 kilogrammes de papier sec; en Amérique au contraire, on va souvent jusqu’à 500 kilogrammes. Les piles américaines ont donc la plupart du temps de très grandes dimensions qui peuvent aller jusqu’à 7 mètres de longueur avec 3 mètres de largeur.

Une fois le défilage terminé, la soupape de décharge est ouverte, le défilé se rend alors dans les caisses d’égouttage, ou bien immédiatement aux piles blanchisseuses lorsque le blanchiment doit se faire au chlore liquide.

Il arrive souvent que l’on blanchit dans la pile défileuse elle-même, mais cette pratique est condamnable. La pile en effet, qui est le plus souvent complètement métallique, se trouve détériorée par l’action des réactifs employés au • blanchiment.

Les eaux de lavage sont ordinairement recueillies dans de grands réservoirs où se déposent les matières filamenteuses entraînées, qui sont ensuite utilisées pour fabriquer des cartons ou des papiers d’emballage.

Nous signalerons ici, au sujet des pertes de pâte qui peuvent se produire dans les diverses manipulations de la papeterie, l’emploi d’un appareil récent qui donne de bons résultats; c’est le ramasse-pâtes Wandel représenté figure 19.

Ce ramasse-pâtes sert à recueillir les parcelles de pâte qui s’écoulent avec

CP

beau venant du papier ou de la pile et qui ont une valeur assez grande, surtout lorsqu’il s’agit de pâte de chiffon.

L’appareil, connue on le voit, consiste en une boite dans laquelle tourne lentement un tambour ou un cylindre monté sur un axe horizontal. L’eau perdue des diverses machines de la papeterie qui est recueillie dans la boîte, passe dans le cylindre et s’écoule par des tuyaux de décharge dont la boîte est munie, tandis que la pâte renfermée dans l’eau est arrêtée par la paroi du cylindre, dont un petit rouleau la détache facilement.

Fig. 19.

Le tambour tourne lentement, à raison de dix tours par minute en moyenne ; par suite de ce mouvement très lent, la toile fine de la couverture ainsi que les diverses parties de l’appareil s’usent fort peu, ce qui est une garantie d’économie et de bon fonctionnement.

Quoiqu’il en soit, les opérations précédentes que nous venons d’étudier produisent nécessairement des déchets de pâte assez variables, mais qui dans une bonne fabrication ne doivent pas dépasser les nombres suivants relatifs aux

diverses qualités de chiffons traités :

Blancs fins et mi-fins . ...

Blancs gros .

Cotons blancs .

Cotons colorés ....

Bulles, emballages .

Cordes .

Cordes goudronnées, très pailleuses .

Avant de nous occuper des opérations qui suivent le délissage, nous dirons un mot des appareils triturateurs ou broyeurs souvent nécessaires soit pour la

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préparation de la pâte elle-même, soit pour broyer les divers produits chimiques employés dans sa préparation, son blanchiment ou sa coloration.

Un bon meuleton à broyeurs coniques du système Kastter est représenté figure 20. Cet appareil se comprend de lui-même; son action est très énergique. On voit qu il consiste essentiellement en deux meules coniques inclinées, mises en mouvement par un axe vertical au bas duquel se trouve une roue d’angle commandée par un petit pignon calé sur un arbre horizontal qui doit son mouvement à la poulie calée sur son extrémité.

La figure 21 représente un autre broyeur dont le fonctionnement est également bon et qui est le système Hanctin.

Il diffère des autres broyeurs à meules par la forme de ces dernières, qui sont creusées de profonds sillons avec arêtes saillantes.

Fig. 20.

Les meules sont établies sur l’arbre, de telle façon qu’en tournant, les sillons

formes dans la matière par l’une, sont immédiatement divisés par l’autre; elles

se meuvent sur des manchons en fonte clavetés sur l'arbre horizontal pour en éviter l’usure.

Des ramasseurs fixés à l’arbre vertical ramènent constamment la matière de

la cuve sous les meules, et des sabots articulés régularisent la répartition sur le fond.

Le fond de la cuve est plein ou percé de trous coniques. On voit que les saillies pénétrant dans la matière à broyer, il n’y a jamais qu’une mince épaisseur comprise entre elles et le fond, tandis qu’avec une surface unie l’écrasement n a lieu qu a la partie supérieure de la couche, la partie inférieure formant comme un matelas qui amortit l’action de la meule.

On voit en outre qu’avec ce système on n’a pas à craindre de soulèvement brusque de l’arbre horizontal, ni les chocs qui en résultent lorsque la matière se trouve inégalement répartie dans la cuve. Il en résulte aussi que la force prise par cet appareil n’est pas considérable; elle varie entre 1 et 3 chevaux-vapeur.

Enfin nous donnons, figure 22, un autre broyeur tout différent, dans lequel les meules sont supprimées et remplacées par des boulets.

Cet appaieil est très simple, il produit un broyage plus fin; les arrêts et les réparations sont fort rares.

Il se compose essentiellement d’un cylindre creux sur le pourtour duquel sont disposés des trous à parois sphériques qui reçoivent des boulets pleins entièrement lisses, et dont les centres sont disposés suivant les spires d’une hélice.

Ce cylindre monté sur un axe en fer, portant, suivant les dimensions de l’appareil une poulie de commande ou une manivelle, tourne avec jeu dans un autre cylindre enveloppe fermé à ses extrémités par deux plateaux sur lesquels sont venus de fonte deux croisillons formant coussinets.

Le jeu entre l’arbre et les trous de passage des plateaux est fermé hermétiquement par des presse-étoupes.

Avec les conditions de jeu latéral des boulets qui existe entre eux et l’enveloppe, ainsi qu’avec leur disposition en spirale, il n’y a aucun point de la partie inférieure de l’enveloppe qui ne soit successivement frappé ou pressé par les boulets, et par suite, aucune partie de la matière engagée ne peut échapper à leur action.

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