BLANCHIMENT ELECTRIQUE
Enfin, disons quelques mots de l’application de l’électricité au blanchiment des pâtes. Ces tentatives sont déjà anciennes. Les appareils imaginés récemment par M. Hermite reposent sur le principe suivant :
Du chlorure de calcium ou de magnésium est décomposé par un courant électrique, et le liquide ainsi obtenu jouit d’un pouvoir décolorant très énergique.
Soumis à l’action du courant électrique, deux équivalents de chlorure de magnésium sont décomposés en même temps que l’eau.
Le magnésium se porte au pôle négatif, décompose l’eau et forme de la magnésie, tandis qu’une nouvelle quantité d’hydrogène se joint à la première produite.
Le chlore se porte au pôle positif, où il se combine avec l’oxygène produit par la décomposition de l’eau, pour donner naissance à de l’acide hvpochlorique. Mais ce dernier acide, en présence de la magnésie, se dédouble en acide chloreux et en acide chlorique, qui, se combinant à la magnésie, forment du chlorite et du chlorate de magnésie. Ces derniers sont décomposés ensuite par le courant. Le magnésium se porte de nouveau au pôle négatif et s’oxyde en
décomposant l’eau, tandis que les acides chloreux et clilorique sont mis en liberté.
Si ces derniers sont en présence d’une matière organique, ils lui céderont leur oxygène pour former de l'acide chlorhydrique qui se combinera^. la magnésie libre dans la liqueur pour régénérer finalement le chorure de magnésium.
On voit que l’on peut obtenir ainsi un cycle complet dans lequel le chlore sert simplement de véhicule pour fixer l’oxygène emprunté à l’eau.
En résumé, dans cette opération l’agent décolorant est l’oxygène à l’état naissant. C’est là un excellent point de départ qui pourra être la cause de la réussite du procédé, si le prix de revient n’en est pas trop élevé.