COUPAGE DU PAPIER
Il arrive souvent., comme nous venons de le voir dans une des précédentes machines, que le papier est calandré avant d’être coupé, mais comme cette opération du calandrage rentre à proprement parler dans celle du satinage, nous parlerons des calandres en même temps que des machines à satiner.
Dans les anciennes machines on découpait le papier pendant sa fabrication en deux ou plusieurs largeurs, puis on l’enroulait ainsi sur des dévidoirs.
Lorsque l'on n’emploie pas de coupeuse mécanique pour le découpage transversal, la feuille de papier, dès qu’elle a quitté le dernier sécheur, arrive entre deux axes portant des couteaux circulaires qui tranchent le papier en long, puis elle se rend sur un dévidoir; mais le plus souvent on fait usage de coupeuses mécaniques qui font les deux opérations ensemble, le coupage longitudinal et le co u page transversal .
Eig. 83.
Si nous nous reportons à l’une des machines que nous avons précédemment décrites, nous voyons que le nombre des dévidoirs peut être variable ; supposons en huit comme dans la machine belge. Nous voyons que la vitesse de la machine, c’est-à-dire du papier étant constante, la vitesse angulaire du dévidoir sur lequel s’enroule le papier doit être variable pour que la tension soit toujours la même, puisque le diamètre augmente au tur et à mesure de l'enroulement du papier. La transmission doit donc être disposée en conséquence, mais on peut facilement atteindre le résultat cherché au moyen d’un rouleau-bascule placé entre le dernier cylindre sécheur et le premier dévidoir.
ENCYCLOP. CH1.U. 12
162 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Sur Taxe des dévidoirs se trouve à l’une des extrémités une poulie M munie de rebords (fig. 83). Une lanière N est fixée, d’une part, à un point fixe X, de l’autre bout elle est chargée d'un poids L qui la tend fortement.
La résistance opposée par cette lanière au mouvement des dévidoirs alimentant la coupeuse, produit une tension assez forte des feuilles de papier appelées par les cylindres alimentaires O O.
Au sortir de ces rouleaux alimentaires O O, la feuille de papier est coupée en long par les couteaux circulaires P P. Deux autres rouleaux R S dirigent ensuite la feuille sur le couteau transversal T dont la lame supérieure reste fixe, tandis que la lame inférieure est animée d’un mouvement de va-et-vient que lui communique un excentrique.
Le papier coupé est ensuite disposé sur la table Y. Ce sont les cylindres alimentaires O O qui règlent la longueur du format.
La coupeuse Verny est représentée figures 84 et 85.
Le porte-dévidoirs À est placé en tête de la machine; c’est de ce côté que le papier arrive. La feuille passe ensuite entre les couteaux circulaires O O fixés sur le bâtis de la machine au moyen de supports.
Un arbre P commande la machine. Il porte d’abord une poulie S menant les couteaux circulaires, en second lieu un cône T menant la poulie D.
La feuille de papier, après avoir quitté les couteaux circulaires est conduite par la toile sms fin U, guidée par deux rouleaux V W, sur le cylindre de tension X. Ces trois rouleaux sont en bois. La position du dernier rouleau se règle au moyen de deux vis de rappel.
Un chariot mobile composé de deux presses en fonte a a' met en mouvement le feutre sans lin U ainsi que le papier qu’il supporte.
Une pièce en fonte d est boulonnée à chaque extrémité de la presse a. Dans cette pièce est fixé l’ensemble du système qui produit un mouvement d’oscillation qui est transmis à la presse supérieure a.
Les bielles f attachées à deux manivelles en fonte i calées aux extrémités de l’arbre j mettent en mouvement le chariot que forment les presses a et a'.
La course de ce chariot est variable à volonté, suivant la longueur du format que l’on veut obtenir.
Lorsque le chariot est arrivé au bout de sa course, du côté du rouleau de départ Y, les manivelles i sont au point mort. Alors la presse supérieure a est descendue sur la presse inférieure a'; les deux presses serrent entre elles le papier et le feutre sans tin. Le papier et le feutre sont alors menés parle chariot vers l’extrémité de la machine, ët la presse supérieure a commence à se soulever seulement au moment où le chariot est arrivé à la fin de sa course du côté du rouleau W. A ce moment le chariot retourne vers la tête de la machine en abandonnant le papier et le feutre.
Lorsque la came l agit sous le levier w, le couteau mobile nn bascule, en même temps la came l fait descendre la partie supérieure q de la presse fixe sur la feuille de papier qui se trouve pressée quand le couteau mobile commence son action. La table inférieure q' de la presse fixe portant un couteau fixe sur sa face inclinée, et les deux bras n du couteau mobile n’étant pas dans le même
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ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
plan, les couteaux tranchent le papier en agissant comme une paire de ciseaux.
La came l agit sous le levier m pendant un quart de tour; son action ayant cessé, le couteau mobile est relevé par les contrepoids O ainsi que la partie supérieure q de la presse fixe.
GC
Les parties de papier coupé tombent sur le feutre conducteur s passant sur deux rouleaux en bois t et a. C’est la rotation du rouleau t qui détermine le mouvement de ce feutre s.
Afin que la machine puisse couper les grands formats sans nécessiter un long bâti et un grand rayon pour les manivelles i , on emploie dans cette machine une disposition qui consiste à établir un arbre v relié à l’arbre j par trois roues d’en-
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grenages, celle du milieu étant calée sur un arbre intermédiaire w. De cette façon le couteau n'agit qu’une fois pendant que l’arbre j fait deux tours, c’est-àdire pendant que le chariot mobile accomplit deux courses doubles.
La coiipeuse Sîmitreîmucle est représentée par les figures 86 et 87, en élévation et en plan.
Le papier arrive en A venant des dévidoirs par plusieurs feuilles à la fois. Deux rouleaux guident les feuilles avant leur entrée sous les couteaux B qui sont en nombre variable.
Un feutre sans fin C passant sur des rouleaux D E F G, forme la table de la coupeuse sur laquelle le papier s’engage.
La tension du feutre et sa marche sont guidés par le rouleau E qui peut descendre ou monter à volonté.
Un mécanisme spécial donne au feutre un mouvement intermittent de progression suivant le sens de la flèche x.
Une presse mobile composée de deux parties principales parcourtla longueur de la table dans les deux sens.- Les parties de cette presse sont, une traverse H terminée par deux patins, puis une traverse I pouvant, par rapport à la première, s’élever ou s’abaisser à volonté.
Deux leviers M fous sur un arbre J sont fixés à la traverse supérieure I de la presse mobile, et l'arbre J est animé d’un mouvement rectiligne alternatif que lui donne une bielle K, dans le sens des flèches x, x’.
Les traverses I et H participent à ce mouvement rectiligne alternatif.
Un manchon en fonte N oscille avec l’arbre J sur lequel il est calé, et vient faire mouvoir l’un des leviers M au moment où la presse mobile entreprend sa course dans le sens de la flèche x'. On voit en M' J' la position de la presse mobile à l’instant où elle retourne dans le sens x'. La traverse I est maintenue soulevée par le manchon N qui appuie sur le levier M, en sorte que le feutre G et le papier ne sont plus pincés par la presse mobile qui peut alors reculer du côté des dévidoirs en laissant en place le feutre et la feuille de papier.
Au moment où la presse mobile parvient à l’extrémité de sa course x', le manchon N abandonne les leviers M par suite de l’oscillation de la bielle R.
Il s’ensuit que la traverse supérieure 1 de la presse mobile vient en s’abaissant comprimer énergiquement le papier et le feutre G. La feuille et le feutre se trouvant saisis entre les deux parties I et II de la presse mobile, sont entraînés et la longueur du format est déterminée par la longueur de la course x. On peut régler comme l’on veift cette longueur en déplaçant le manchon de la manivelle L dans sa coulisse.
La presse mobile amène le papier entre les traverses O et P de la presse fixe qui se trouve placée devant le rouleau D. La contre-lame du couteau transversal est alors à la partie inférieure P de cette presse.
Lorsque la presse mobile parvient près du rouleau D, une came Q laisse s’abaisser sur le papier la traverse supérieure O de la presse fixe. Le papier se trouve alors saisi entre les deux traverses O et II de la presse. La came Q laisse en même temps descendre le couteau R qui tranche le papier. Enfin, le feutre C et le papier sont abandonnés par la presse mobile qui recommence sa course
ans le sens x'. Le papier et le feutre resteront comprimés par la presse fixe
tant que la presse mobile ne recommencera pas une nouvelle course dans le
sens x.
Afin de bien faire comprendre l’aspect de ces diverses machines coupenses, nous donnons, figure 88, la perspective d’une coupeuse pour papier filigrane exposée a Paris en 1889 par M. l’IIuillier.
Cette machine destinée à couper le papier filigrané ne débite qu’une feuille à la fois; elle obéit instantanément à toutes les différences de retrait provenant de la machine à papier.
Une seule ouvrière suffit à conduire la machine. Cette ouvrière placée à la sortie de la feuille, contrôle à chaque instant la position du filigrane et diminue ou augmente le format au moyen d’une manivelle qu’elle a toujours sous la main.
Le type de cette machine est celui de la coupeuse Verny, représentée figures 84 et 85, mais elle n’a qu’une seule bielle et une seule manivelle commandant deux leviers calés sur un arbre inférieur.
L’attache de la bielle sur l'un des grands leviers de commande est mobile; cette variation du point d’oscillation est obtenue par l’intermédiaire d’un levier d'équerre actionné par une tringle filetée dans une roue à vis sans fin. On voit que la rectification de la coupe peut se faire par ce mouvement qui peut être obtenu à chaque instant et en marche.
La coupeuse que nous représentons figure 89 sert à la fois à fendre et à enrouler le papier. Elle peut le découper en bandes étroites pour les usages télégraphiques, les billets de tramways, les rouleaux de toilette, les papiersrubans etc... Nous ne nous appesantirons pas sur sa description, après ce que nous avons dit, le dessin montre bien son fonctionnement.
Enfin nous donnerons, pour terminer ce que nous avons adiré des coupenses, plusieurs exemples de petites machines spéciales pour couper ou rogner les papiers et cartons et les billets de chemins de fer.
La petite machine représentée figure 90 peut servir à rogner les papiers ou les cartons. Son couteau, qui descend dans un plan vertical, est mu par une commande circulaire placée sous le plateau qui reçoit les papiers à rogner.
Sur l’un des côtés de la table un mètre formé par un ruban en métal, s’étend quand le butoir sur lequel s’appuie le papier à rogner est repoussé plus ou moins loin. Ce mètre s’enroule de lui-même si l’on rapproche le butoir du couteau.
Un ressort en spirale que renferme un barillet produit ce mouvement d’enroulement automatique. Quand la mesure se déroule pour accompagner le butoir le ressort est bandé.
Le couteau A est bien guidé par les flasques du bâti M; son porte-lame N se trouve relié à la traverse inférieure m au moyen de deux bielles. Au centre de cette traverse se trouve une douille taraudée n sur laquelle se meut une lige filetée o à la partie inférieure de laquelle se trouvent montées deux bielles pp'.
On peut régler exactement la hauteur du point de suspension des bielles au moyen d’un petit volant-manivelle q que fixent des vis à la douille n.
Un axe-entretoise formant bouton de manivelle relie deux roues rr' que commandent les deux pignons qq’. Ces deux pignons sont calés sur le même axe que la roue v engrenant avec le pignon u. Les bielles pp' sont fixées à cet axeentretoise.