EN C Y C LO PÉ D 1E G 11 IM 1 Q U E
Sur l’axe du pignon u se trouve fixée une roue d’engrenage que fait mouvoir une autre roue calée sur un axe w qui porte un volant O et une manivelle motrice P.
On voit facilement qu’en faisant mouvoir à la main cette manivelle, on communiquera au couteau un mouvement alternatif de montée et de descente. Le papier est pressé sur la table par un platenu R que l’on peut faire monter ou descendre à volonté à l’aide d’une vis et d’un volant D.
Sur la tablette S se trouve placé le buttoir x que la vis y peut faire mouvoir longitudinalement. A l’extrémité de ce buttoir se trouve fixée l’extrémité de la mesure B dont nous avons parlé.
Lorsque le buttoir x s’éloigne du couteau A, la mesure B se déroule; Je contraire se produit si le buttoir se rapproche.
L’appareil que nous venons de décrire possède un mouvement rectiligne vertical; on peut employer un autre système dans lequel le mouvement est oblique, c’est-à-dire que le couteau est animé dans ce cas d’un mouvement double à la fois dans un plan vertical et suivant des lignes horizontales; il agit alors comme pourrait le faire une scie.
Lette machine à rogner est représentée figure 91. Dans cet appareil la traction sur le porte-couteau se fait directement par des bielles assemblées aux boutons de
manivelle de plateaux calés aux extrémités d’un arbre portant un volant régulateur. Le porte-couteau A se déplace dans des coulisses verticales disposées dans les montants des bâtis M.
Ce porte-couteaux a deux bras B qui font saillie à l’extérieur des bâtis et reçoivent le mouvement que leur communiquent les bielles CC' commandées par les plateaux-manivelles DD' calés sur l’arbre moteur a.
Le porte-couteau A, au fur et à mesure qu’il descend, est déplacé latéralement parle levier E qui a son centre d’oscillation en e. Il s’ensuit que, pendant ce temps, le couteau agit suivant une ligne oblique.
Chaque bielle comprend une forte tige dont la partie supérieure taraudée est fixée à un étrier o assemblé avec la chape N. Dans cette chape se trouve monté
un galet n qui transforme le frottement en roulement lorsque la traction des bielles C s’exerce de haut en bas pour faire descendre le couteau x sur le papier à rogner.
Les bielles, en descendant, entraînent donc le porte-couteau A et le font descendre également, mais ce dernier descend obliquement, car il est entraîné par le déplacement du levier E.
La feuille que l'on veut rogner est maintenue en place pendant l’opération par un plateau S qu’une vis T fait mouvoir.
Le papier s’appuie sur un buttoir V qui est ajusté sur la tablette G.
Enfin la figure 92 représente une machine à rogner les billets de papier ou de carton pour chemins de fer.
17 ï> ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Cet appareil est basé sur l’emploi de couteaux circulaires ou disques superposés qui tournent avec la même vitesse et entre lesquels passent les bandes de cartons à découper.
Des guides tubulaires reçoivent les bandes de carton. Des chaînes sans fin munies de maillons preneurs sont placées au-dessous de ces guides tubulaires. Les bandes amenées entre les couteaux sont immédiatement découpées en une dizaine de morceaux. Ces derniers tombent sur un plan incliné et s’empilent les uns sur les autres le long d'un tablier incliné également.
Les axes N N' sont montés à la partie supérieure des bâtis n. Sur ces axes sont fixés les couteaux-disques O O' que séparent des rondelles PP'. Des écrous servent à serrer ces couteaux qui tranchent comme des cisailles circulaires.
Sur l’axe N se trouve fixé le volant-manivelle A qui donne le mouvement au moyen d’une transmission par engrenages QQ'.
Une surface inclinée en bronze B est munie de dents qui pénètrent dans les espaces situés entre les rondelles P P'.
Les billets découpés sont conduits par cette surface inclinée sur un tablier C occupant toute la largeur de la machine.
Les deux colonnes DD' à section rectangulaire reçoivent les bandes de carton. Une chaîne sans fin F est disposée sous chacune de ces colonnes; elle est munie de pousse-cartes placés sur quelques-uns de scs maillons.
Ces chaînes sont commandées ensemble par un petit arbre mis en mouvement par la manivelle G. Lorsque cet arbre tourne, les bandes de carton sont prises parallèlement parles pousse-cartes, une à une, et successivement amenées entre des disques O O' qui les partagent en 10 parties égales.
Chaque fragment ou billet tombe sur la surface inclinée B et vient se classer verticalement dans les cases du tablier C ; les billets y sont retenus par des petils blocs t qui sont abaissés à volonté lorsque le nombre des billets devient trop grand.
Lorsque le tablier C est rempli de billets, on le fait basculer et on le transporte rempli de billets à la machine à imprimer.
Un appareil de ce genre, conduit par deux hommes, peut couper par jour un demi-million de billets.
L’apprêtage proprement dit commence après le coupage du papier.
Cet apprêt varie suivant les usages auxquels sont destinés les papiers, également aussi suivant leur qualité.
En général les papiers ordinaires, après avoir été coupés en long et en travers, sont inspectés assez rapidement, puis mis en rames et empaquetés.
11 n’en est pas de même des papiers fins, qui sont soumis, au contraire, à de nombreuses manipulations prenant les noms de revoyage, épluchage, salinage , glaçage.
Le revoyage consiste à examiner attentivement chaque feuille sur ses deux faces. Les impuretés, graviers, boutons, etc., sont enlevés à l’aide d’un grattoir, les taches disparaissent sous l’action de la gomme.
Le revoyage amène le chef de fabrication à faire quatre lots du papier fin fabriqué, ce sont :
1° Les bonnes feuilles;
2° Les feuilles présentant quelques petits défauts;
3° Les feuilles déchirées devant subir un recoupage ;
4° Les rebuts.
GL.AÇAG E , S ATI A AG E
Le revoyage est suivi de l’opération du satinage, lissage ou glaçage.
On dit que le papier est satiné, quand il est doux au toucher, un peu brillant, mais non transparent.
Le papier est lissé, lorsqu’il est plus uni et plus apprêté que celui sortant directement de la presse.
Enfin on dit qu’il est glacé lorsque, devenu glissant sous les doigts, il est très brillant et plus ou moins transparent.
Les diverses machines employées pour apprêter le papier sont les presses, les lisses et les calandres.
On emploie encore pour les papiers fabriqués à la cuve les presses à vis et à bras; puis certaines presses hydrauliques destinées à lisser certains papiers spéciaux, comme les papiers dits de sûreté.
Mais les machines le plus souvent utilisées sont les lisses satineuses ou glaceuses formées de laminoirs de divers genres et les calandres.
Les lisses satineuses ou machines à glacer sont à contrepoids ou à engrenages. Lorsqu'elles sont formées par des laminoirs, si elles n’ont qu’un cylindre, elles portent plus spécialement le nom de machines à glacer et s’emploient alors plus spécialement pour les petits formats.
Lorsque les lisses ont plusieurs cylindres, elles prennent le nom de calandres, qui peuvent avoir depuis trois jusqu’à dix rouleaux et plus.
La machine la plus ancienne et le plus souvent employée encore est unesorte de laminoir à deux cylindres en fonte dure dont la forme est immuable. L’un des cylindres reçoit le mouvement qui se communique à l’autre par frottement.
Pour lisser le papier, on l’intercale entre des feuilles de carton ou de métal, de façon que chacune d’elles touche par ses deux faces aux surfaces de deux cartons.
Un certain nombre de feuilles étant ainsi disposées sont engagées d'un côté de la lisse entre les deux cylindres qui les rendent de l’autre, après leur avoir fait subir une pression considérable.
Les cartons spécialement destinés à cet usage doivent être lissés d’égale épaisseur dans toute leur étendue, souples, inextensibles, minces et très résistants.
•Les feuilles métalliques employées sont en acier, en zinc ou en cuivre. Elles doivent être exemptes de gerçures, de soufflures et d’ondulations qui détruiraient la netteté de leurs surfaces. Le lissage et le satinage s’obtiennent avec les cartons, mais le glaçage ne peut s’opérer qu’avec des cuivres.
Le nombre des passages du papier sous les cylindres détermine le fini de son apprêt. Deux ou quatre passages suffisent pour les papiers ordinaires.
Le papier qui doit être glacé est, après les quatre premiers passages, remis entre de nouvelles plaques métalliques, puis laminé dans l’ordre inverse.
La pression ne doit pas être trop forte à la première passe, parce que les filaments étant brusquement écrasés perdraient une grande partie de leur résistance.
Les papiers de luxe doivent donc subir une pression ménagée. En outre, on doit, dans la mise en paquets, les empiler avec beaucoup de soin pour empêcher la formation de marques sur les feuilles.
On a cherché à opérer le lustrage ou le glaçage des deux côtés de la feuille de papier en même temps.
Différentes dispositions de machines ont été employées pour effectuer ce lustrage perfectionné en une seule opération.
Ainsi, par exemple, le papier sortant de la machine à papier peut être introduit entre des rouleaux de pression devant d’abord aplanir sa surface, puis passer sous un rouleau glaceur ou de friction, sur plusieurs rouleaux-guides pour de là retourner sur la partie supérieure du même rouleau de friction.
Cette opération lustre ou glace le dessous du papier. En quittant le jeu de rouleaux dont il vient d’être question, le papier passe sous un autre rouleau de friction comme précédemment; après quoi, sur l’autre face, il prend le glaçage le plus beau lorsqu’il est ensuite soumis à l’action de plusieurs jeux de rouleaux glaceurs.
Au lieu de faire marcher le papier comme nous venons de l’indiquer, on peut le faire mouvoir en sens inverse, et dans ce cas le dessus du papier est lustré par le premier jeu de rouleaux et le dessous par le second jeu. Lorsque la feuille, après avoir passé dans le second jeu de rouleaux est conduite entre de nouveaux cylindres lustreurs dont chaque paire peut se mouvoir avec une plus grande vitesse que celle du papier, un lustrage ou glaçage se produit des deux côtés à la fois.
Si Cependant on veut finir le papier sans le lustrer, on peut y arriver en munissant les rouleaux lustreurs et l’arbre de commande, de poulies extensibles, de façon que leurs diamètres puissent être modifiés à n’importe quel instant, pour commander le rouleau glaceur à la même vitesse circonférencielle que le rouleau presseur. L’emploi des poulies extensibles est également applicable dans le but de faire varier la vitesse des rouleaux lustreurs.
Au lieu de modifier la vitesse des rouleaux lustreurs par des poulies extensibles, on peut faire usage de combinaisons de roues et de pignons qui donnent le même résultat.
Les rouleaux lustreurs sont creux et peuvent être chauffés par de l’air ou du gaz. Dans ce cas, pour maintenir les tourillons et leurs supports à une température relativement basse, les coussinets qui reçoivent ces tourillons sont fendus de façon à présenter des espaces creux communiquant avec une alimentation d'eau quelconque. L’eau froide rafraîchît constamment les coussinets et les empêchent de s’échauffer.
Avant d’entrer dans la description des diverses machines à satiner, glacer et calandrer employées aujourd’hui, disons quelques mots d’une opération qui précède souvent le satinage ou le calandrage; nous voulons parler de l’humec-
PAUL CHARPENTIER
tage de la feuille. Cet humectage se fait avec de l’eau pure ou souvent aussi avec un liquide colorant.
Les figures 93 et 94 représentent une disposition qui a pour but de distribuer sur le papier à calandrer un liquide quelconque.
La figure 93 montre l’appareil en détail.
La figure 94 fait voir quelle position l’appareil peut occuper auprès d’un rouleau calandreur.
a, b, c, est un réservoir dans lequel se trouve le liquide à distribuer, le fond de ' ce réservoir se prolonge en avant jusqu’en d.
f, est une planchette transversale fixée au-dessous du réservoir parallèlement
aux rouleaux calandreurs.
g, est un feutre fixé par ses deux extrémités à la planchette f et au fond du ré¬
servoir d.
h, second feutre recouvrant le premier. Mais l’une de ses extrémités est fixée au
bas de la planchette f et l’autre plonge dans le réservoir.