MACÉRATION
On place ordinairement le hache-paille au-dessus de grandes fosses en maçonnerie ou de cuviers en bois d’une contenance d’environ 10 mètres cubes, dans lesquels on fait macérer la paille qui, grâce à cette disposition, tombe immédiatement dans les fosses une fois qu’elle est coupée.
La durée de la macération est variable : en été elle est de un à deux jours, en hiver elle demande au moins une semaine. On active quelquefois au moyen d’un jet de vapeur.
Cette opération remplace le pourrissage autrefois pratiqué; elle a pour base l’action d’un lait de chaux qui, agissant sur les parties incrustantes de la matière, la transforme en une pâte épaisse et gluante.
Pour 100 kilogrammes de papier fabriqué, on emploie environ 25 kilogrammes de chaux dissoute dans 100 fois son poids d’eau. La cellulose n’est pas attaquée, elle conserve toutes ses propriétés.
On retire ensuite la paille des fosses, puis on l’égoutte avec soin pendant plusieurs jours. Cet égouttage achève la macération; c’est un commencement de pourrissage que l’on ne doit pas trop prolonger pour ne pas altérer la solidité des fibres.
Nous venons de dire que la macération est quelquefois accélérée par un jet de vapeur; dans ce cas, on doit employer un lait de chaux plus faible, sinon on pourrait altérer la couleur du papier.
RROYACiE. — RAFFINAGE
On emploie souvent pour le broyage, des meules ou moulins broyeurs analogues à ceux que nous avons déjà décrits précédemment. Mais la matière qu’il s’agit ici de broyer est telle, que les meules ordinaires présentent certains inconvénients que l’on a cherché à pallier par l’emploi d’autres appareils.
C’est ainsi que la paille renferme des nœuds dont la résistance est plus grande que celle du fétu. 11 s’ensuit que pour désagréger complètement ces nœuds, faction de la meule doit être prolongée au delà du temps largement
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nécessaire; l’ensemble de la pâte perd alors une partie de sa résistance, elle n’est plus homogène; certains nœuds même persistent encore et paraissent dans le papier.
Le fonctionnement du moulin broyeur, que nous représentons figure 119, repose sur le principe suivant :
A l’action de frottement et de scission de la paire de meules a été substituée celle de percussions réitérées. Des batteurs en fer forgé, armés de pointes d’acier, tournent rapidement dans une cage et, par leur force centrifuge, chassent devant eux la substance à triturer et la broient contre des blocs en fer très durs, placés à la circonférence de la cage. Le degré de finesse est déterminé par la dimension des interstices du grillage qui occupe la demi-circonférence inférieure, par laquelle s’échappe la paille broyée et pour ainsi dire pulvérisée. Ces grillages peuvent être changés à volonté.
Une autre machine intéressante est la machine Labrousse, représentée figure 120; elle est destinée à remplacer les meules et les piles dans la fabrication du papier de paille.
La paille sortant des caisse de macération est chargée dans l’alimentafeur M, dont la fonction est d’éliminer tout corps plus dense que l’eau, de laver la paille et d’alimenter sans interruption le broyeur R.
Une cuve à deux compartiments constitue l’alimentateur. Un tambour à jour, enveloppé par une toile mécanique sans fin, se trouve logé dans le premier compartiment. Le deuxième est en communication avec ce tambour et renferme une roue à tympan N, dont la fonction est d’enlever le liquide. La communication entre les deux compartiments est établie au travers du tambour et de la toile métallique.
Le délayage automatique de la matière dans le liquide et l’alimentation continue, provenant d’un courant liquide traversant la toile mécanique, opèrent dans le compartiment du tambour le triage des corps durs. La roue à tympan entretient ce courant et fait adhérer la paille à la toile métallique qui la verse dans le broyeur R.
Cet appareil comprend un cylindre creux R dans lequel tourne, avec une
1 Courtier
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vitesse de deux tours par seconde, un arbre garni de lames non coupantes, échelonnées en hélices, et de peignes fixes composés également de lames ayant môme section que les ailes des lames de l’arbre.
Les lames de l’arbre passent en tournant dans les vides qui régnent entre les dents de peignes. Les pleins et les vides ont la môme section. Le jeu à laisser entre les lames de l’arbre et celles des peignes dépend du degré de finesse qu’aura la pâte; pour faire varier cette finesse, on rend mobiles les peignes par rapport à l’axe du cylindre.
Une fois étirée, transformée en filaments par l’action des lames et des dents, la paille tombe additionnée d’eau dans le troisième appareil, qui est un véritable raffmeur. Cette partie U de la machine a reçu le nom de défibreur centripète, et se compose d’un tambour renfermant, d’une part, un plateau fixe garni de cinq rangées de lames formant cinq peignes et, d’autre part, un plateau mobile faisant 500 tours à la minute, garni de six rangées de mômes lames échelonnées de façon à ramener la matière au centre. Les lames du plateau mobile passent en tournant dans les vides qui régnent entre les lames du plateau fixe.
En outre, le plateau tournant est mobile dans un plan horizontal pour pouvoir obtenir un jeu plus ou moins grand entre les lames qui s’entre-croisent.
Une machine de ce système pouvant fabriquer 2.500 kilogrammes de pâte par jour occupe un emplacement beaucoup moindre que les douze paires de meules et les trois piles qu’elle remplacerait; son prix d’acquisition est moindre également; un seul ouvrier sutfit à la conduire.
Lorsque l'on n’emploie pas cette machine, la pâte de paille est traitée comme celle de chiffons par les piles à papier décrites précédemment.
Ces piles ont, dans le Limousin, une longueur atteignant 3m, 500, sur lm,500 de large et 0m,500 de profondeur. Les cylindres ont une longueur de 0m,700, un diamètre de 0m,600. La charge de pâte au sortir des meules est de 150 kilogrammes au moins, correspondant à une production de 50 kilogrammes de papier. Les cylindres font 250 tours par minute et la pile absorbe 5 chevauxvapeur de force motrice.