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PAPIERS SENSIBLES ET PHOTOGRAPHIQUES

En général, la préparation des papiers "photographiques est une opération délicate et difficile.

Les bonnes qualités du produit dépendent tout d’abord de la fabrication même du papier. Le premier soin du fabricant doit être d’éviter dans la pâte les parcelles microscopiques de bronze ou de laiton qui résultent soit du frottement des appareils broyeurs, soit de l’oubli dans les chiffons de quelques parcelles métalliques.

Les taches dites de fer , en réalité causées par le bronze et par le laiton, n’ont pas d’autres causes et ne sont plus maintenant que de rares accidents pour les papiers bien fabriqués.

Une seconde condition d’une importance aussi grande et dont dépendent le ton et la richesse des épreuves est la bonne qualité de l’encollage de la pâte.

Nous n’avons pas à entrer ici dans les détails si variés de la préparation des papiers sensibles usités en photographie et nous nous bornerons à dire quelques mots d’un papier tout spécial, très important au point de vue de ses applications industrielles, nous voulons parler du papier au cyanoferrure de potassium.

On sait que certaines substances, comme les sels d’argent, de fer, de chrome, etc..., ont la propriété de prendre une teinte plus ou moins foncée lorsqu’elles sont exposées à la lumière, particulièrement lorsqu’elles sont en contact avec les matières organiques. Depuis longtemps, cette propriété est utilisée pour les reproductions photographiques. Du papier est imprégné d’une dissolution de l’un des sels en question, puis exposé à la lumière sous le dessin à reproduire, ce dessin ayant été préalablement rendu transparent par un procédé convenable.

La lumière en se tamisant au travers des parties du dessin où il n’existe ni trait, ni teinte, agit sur la couche sensible non protégée et dans un temps plus ou moins long, la modifie en laissant inaltérées, ou à peu près, les parties protégées.

On a substitué aux sels d’argent, dont l’emploi exige des précautions longues

et minutieuses, des papiers préparés au cyanoferrure de potassium qui iront qu’un défaut souvent sans importance, qui est de donner des dessins bleus.

Ce papier se présente recouvert d’un côté d’une couche sensible soluble dans l’eau, ayant une couleur d’un jaune olive sale; exposé à la lumière, il prend successivement les teintes suivantes :

Jaune verdâtre.

Vert bleuâtre.

Bleu gris.

Gris olive.

Olive gris à reflets métalliques.

En même temps, la couche qui était soluble dans l’eau devient progressivement insoluble. Dans l’eau, les teintes que nous venons d’indiquer passent toutes à un ton brillant de bleu de Prusse.

Sous un papier transparent les mêmes modifications de teinte se produisent, mais plus lentement. Si donc, on applique sur ce papier photographique un dessin tracé sur un papier transparent, tel que du papier calque, du papier pelure ou de la toile à calquer, et qu’on l’expose à la lumière, les parties protégées par le dessin contre l’action de la lumière conserveront à peu près leur teinte primitive, tandis que les autres se modifieront.

Il convient d’arrêter l’action lumineuse au moment où les parties opaques du dessin, après être restées très visibles sur le reste du papier, commencent à ne plus s’en distinguer.

Si le dessin est un simple trait, il faut qu’il se détache en hleu gris sur le fond olive bronzé.

Ce résultat, une fois obtenu, si la feuille est plongée dans de l’eau ordinaire, les parties attaquées par la lumière, celles qui se sont bronzées prennent une teinte bleue brillante, tandis que celles qui ont été protégées par le trait du dessin se dépouillent complètement et apparaissent en blanc.

La netteté de la reproduction dépend : 1° de la différence d’opacité entre le fond et le dessin; 2° de la manière dont le dessin original aura pu être appliquée sur le papier sensible.

La reproduction la plus nette s’obtient lorsque l'on peut 'mettre en contact la face du dessin et la couche sensible. Mais alors la reproduction est inverse de l’original. Les écritures sont retournées.

Avec des papiers transparents très minces, on obtient encore une très grande netteté en appliquant l’envers du dessin sur la couche sensible et la reproduction est tout à fait exacte et dans le même sens.

On voit donc que l’on doit chercher à obtenir juxtaposition aussi complète que possible de l’original et du papier sensible. On y arrive par l’emploi de ' châssis ou presses à reproduction.

Enfin, une reproduction d’un dessin par ce' procédé exige, en résumé, les opérations suivantes :

1° Découper le papier photographique ou sensible à la grandeur du dessin et au plus à celle du châssis dont on dispose.

2° Placer le dessin sur la glace du châssis qui a été ouvert à l’avance.

Au dessin, superposer le papier photographique, la couche sensible contre

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le dessin. Les appliquer aussi exactement que possible l’un contre l’autre en se servant d’un coussin de papier brouillard et de la planchette.

Tous ces préparatifs doivent être faits à l’abri de la lumière du jour.

3° Exposer à la lumière pendant tout le temps nécessaire pour arriver au point convenable de coloration du papier, c’est-à-dire, si l’on a un dessin noir sur papier blanc transparent, jusqu’à ce que le trait se dessine faiblement en bleu sur fond bronzé, ou si l’on a un dessin transparent sur fond opaque, jusqu’au moment où le dessin apparaît en olive gris à reflet métallique sur fond vert bleuâtre.

Souvent quelques minutes suffisent pour atteindre le résultat; lorsque la lumière est faible il faut plusieurs heures.

4° Laver dans plusieurs eaux, jusqu’à ce que les blancs soient biens purs. Le lavage permet quelquefois de faire revenir des épreuves trop posées, c’est-àdire celles dans lesquelles les parties qui devaient être blanches seraient légèrement teintées en bleu.

5° Sortir l’épreuve de l’eau, l’égoutter et la sécher entre des feuilles de papier buvard.

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