PAPIER A FILTRER
Les papiers destinés à la confection des filtres doivent être facilement perméables aux liquides et renfermer le moins possible de corps étrangers à la fibre végétale.
Les chiffons employés à cette fabrication doivent être de premier choix. Ils sont lavés à fond sans le secours de matières savonneuses ou alcalines; débarrassés de toute impureté, ils sont battus dans une eau bien pure ne pouvant leur abandonner aucun sel, ni aucune matière terreuse.
On fabrique en Suède un papier à filtre supérieur à tous les autres. On le fait en hiver et on le sèche par un temps de gelée. L’eau qu’il renferme se congèle avant de s’évaporer et le rend très poreux. Cependant il conserve assez de résistance pour laisser passer les liquides et retenir les substances qui sont en suspension. Ce papier, qui porte le nom de Berzélius, ne renferme aucune matière soluble et laisse après combustion un résidu égal au millième de son poids;
On peut améliorer le papier à filtre de la façon suivante :
Le papier est plongé dans de l’acide azotique dont la densité est 1,42 (43 degrés Baumé) et lavé ensuite à grande eau. Le produit est tout différent du papier parcheminé ordinaire obtenu par le traitement à l’acide sulfurique; il peut être lavé et frotté. Les dimensions se contractent et son poids diminue; sa ténacité augmente.
Ce papier peut être employé avec une machine pneumatique dans des entonnoirs ordinaires et sans supports additionnels. Ils s’adapte suffisamment bien aux parois pour empêcher un trop grand accès d’air.
Pour employer ces filtres, on en trempe la pointe dans l’acide azotique puis on lave à grande eau; la partie faible qui se troue souvent, est ainsi renforcée.
Enfin on trouve aujourd’hui dans le commerce des filtres en papier fabriqués mécaniquement.
Dans cette fabrication; on emploie des papiers découpés en rondelles de différents diamètres, qui sont introduites à la main dans une trémie verticale où elles se centrent; elles sont ensuite conduites à des couteaux plisseurs.
Ces couteaux plisseurs horizontaux fonctionnent par paires de deux. Ils sont animés d’un mouvement oscillatoire dans le plan horizontal et d’un mouvement ascensionnel vertical. En se superposant et en se croisant alternativement en sens inverse, les lames plient le papier dans le sens voulu, et chaque pli formé est refoulé pendant le mouvement ascensionnel dans des guides où les filtres s’entassent.