PAPIER IVACRE. — CARTE PORCELAINE
Pendant longtemps les papiers nacrés, les cartes dites porcelaine ont été fabriqués avec des substances vénéneuses, notamment avec des sels de plomb.
On a cherché à remplacer ces matières par des produits inoffensifs et l’on est arrivé pour le papier nacré au procédé suivant :
On dissout 93 grammes de sulfate de magnésie dans une certaine quantité de mucilage de gomme auquel on ajoute 1 à 2 grammes de glycérine. On fait bouillir la liqueur et on laisse refroidir. Quand elle est tout à fait froide, on l’étend bien également avec une brosse à poil fin sur le papier sec préalablement couvert d’une légère solution de gélatine ou de glycérine.
Le papier ainsi enduit doit être placé dans une pièce chauffée. Au bout d’un quart d’heure environ il présente un aspect cristallin. La dimension des cristaux dépend de la quantité de liquide déposée par la brosse. La coloration s’obtient à l’aide des couleurs d’aniline.
Pour lustrer ce papier on peut employer une presse ordinaire. Il a l’avantage d'abord de n’être pas nuisible, en second lieu on peut le plier facilement sans altérer les cristaux.
On a également remplacé les sels de plomb dans la préparation des cartes porcelaine, par le blanc de zinc.
Cette fabrication exige un certain nombre d’opérations minutieuses que nous allons exposer.
Les papiers- sont vérifiés, épluchés, puis les papiers forts sont encollés à la colle de pâte, pressés pour chasser l’excès de colle et étendus sur des fils au moyen de pinces émaillées garnies en caoutchouc. Le séchage opéré, on presse de nouveau.
Le blanc de zinc qui doit être employé est broyé mécaniquement à l’eau et mêlé dans un pétrin à de la colle préparée à la vapeur. Le mélange étant opéré, le liquide est passé au tamis et maintenu à une certaine température.
Les papiers préparés sont portés dans un atelier chauffé à 40 degrés où ils reçoivent le couchage ou plutôt l’émaillage. Cette opération se fait au moyen d’un large pinceau et d’un blaireau. La grande difficulté de ce travail réside dans la régularité avec laquelle la couche suivant l’épaisseur désirée, doit être appliquée.
L’émaillage une fois terminé, on place les feuilles dans des casiers tournants. Le séchage s’opère seul, puis les feuilles sont portées à l’atelier de brossage.
Au moyen d’une brosse énergiquement promenée sur la feuille émaillée, on produit un brillant plus ou moins beau. Cette feuille est placée sur une pierre très lisse, et la brosse est supportée par une longue perche mobile à laquelle on imprime un mouvement de va-et-vient plus ou moins rapide suivant la nature du travail à effectuer. On peut remplacer ce système par une petite machine qui met en mouvement une douzaine de brosses à la fois.
Après le brossage, la carte est épluchée, c’est-à-dire qu’une ouvrière enlève de dessus les feuilles les points et les bavures qui peuvent s’y trouver. L’opération terminée, on essuie les feuilles, puis on les porte au laminage.
Les cartes une fois lustrées sont découpées à la machine suivant les dimensions demandées par le commerce.