SUITE DES DÉLITS
On lit colonne iv, ligne 1, du manuscrit judiciaire, une première rubrique relative à ce même Paï-baka-kamen et à tous ses complices, tous fonctionnaires du harem, ta l'exception cependant des deux derniers ; elle nous apprend seulement qu'ils sont amenés devant le tribunal pour « les grandes abominations qu'ils ont faites ».
En effet, le majordome Paï-baka-kamen comparaît (iv, 2) pour le délit dont il se rendit coupable h cause de Taïï, avec les femmes du harem, pour nwoir fait un avec elles, c'est-à-dire pour s'être uni à leur cause ; puis il lui arriva de porter leurs paroles au dehors k leurs mères et à leurs sœurs, afin d'exciter certaines gens et de pousser les malfaiteurs à faire tort à leur seigneur.
Voici encore les paroles dont le roi a eu connaissance ; elles avaient donc pour but de lui faire tort et d'exciter d'autres individus à lui nuire.
Nous retrouvons ici Paï-baka-kamen, fonctionnaire du palais et agent de Pen-houï-ban, conspirant avec les femmes du roi, ou tout au moins avec les femmes de sa maison, dans leur intérieur; nous observons de plus que ce personnage devient complice de la femme Taïï, déjà gagnée peut-
être par Pen-liouï-ban, et que les premiers germes de la conspiration apportés du dehors, à l'instigation de Pen-houïban, sont maintenant reportés par Paï-baka-kainen aux parentes des femmes, à l'extérieur. C'est peut-être par cette voie aussi, et au moyen d'une dénonciation, que les paroles en question arrivèrent aux oreilles du roi.
L'(officier?) Mesdi-sou-rà (iv, 3), l'intendant du gynécée royal Pa-anaouic (iv, 4), et le grammate du gynécée royal Pen-douaou, ces deux derniers étant en service dans la demeure des femmes au harem, s'unissent ensuite à leur cause, toujours dans le but de nuire, ou d'exciter les malfaiteurs à nuire à leur seigneur.
Les dix accusés suivants (iv, 6-15), occupant divers emplois dans le harem, ou simplement (officiers?), comparaissent successivement devant le tribunal, pour avoir entendu, sans les dénoncer, les paroles échangées entre les précédents personnages et les femmes du gynécée.
Après eux, viennent six femmes des gens de la porte du harem (v. 1), qui sont coupables de s'être entretenues aussi avec les quatre premiers accusés.
Puis, un intendant du Trésor (v, 2), complice de Pen-houïban [Papyi'us Lee, n° 1), qui s'unit à ce personnage également pour faire tort à leur seigneur.
Enfin, un (capitaine?) d'Ethiopie (v, 3), personnage assez important, auquel sa propre sœur, qui avait des fonctions dans le harem, envoya un message pour lui dire : « Excite les hommes à commettre des méfaits, et toi-même, viens pour faire tort à ton Seigneur. » D'après la signification de son nom (Mal dans Thèbes), ce personnage devait être Éthiopien'; c'est en Ethiopie qu'il exerçait ses fonctions et tout porte à croire que c'est aussi en Ethiopie que le message lui fut envoyé. Le complot, comme on le voit, pouvait étendre ses ramifications au delà des frontières de