‹ Le papyrus judiciaire de Turin et les papyrus Lee et RollinChapitre 28 sur 87 · Voyez Notes philologiques, u · texte numérisé non relu

Voyez Notes philologiques, u

la légende de ce personnage occupant la dernicro ligne du manuscrit.

Pour résumer en quelques mots les faits que nous venons d'examiner, nous les récapitulerons dans l'ordre suivant :

1° La mise en accusation des principaux coupables est motivée sur des paroles criminelles prononcées par eux, et connues du roi.

2'' Ces paroles criminelles ont été introduites dans le harem royal par Pen-houï-ban, ou plutôt par son agent, le majordome Paï-baka-kamen, qui obtint la complicité de plusieurs personnes attachées au harem.

3° Elles avaient pour but de faire tort et d'exciter certaines gens à faire tort à la personne ou à l'autorité du roi.

4° La femme appelée Tail a des intelligences avec Paibaka-kamen et ses complices; elle est elle-même instigatrice à l'intérieur du harem.

5° Ces mêmes paroles sont portées par Pal-baka-kamen aux mères et aux sœurs de ces femmes, au dehors du harem, et c'est probablement par cette voie que le roi en eut connaissance.

6° Toutes les personnes qui avaient entendu ces paroles sont condamnées pour le seul fait de ne les avoir pas dénoncées ; c'est donc bien d'un complot ou d'une conspiration qu'il s'agit.

7'^ Les gens de service, et jusqu'aux femmes des gardiens de la porte du harem se mêlent de la conspiration.

8° Le fils de la femme appelée Taïï, appartenant probablement à la famille royale, et à cause de cela sans doute désigné sous le pseudonyme de Pen-ta-our, sans titre ou qualité, ni épithète flétrissante, est coupable comme sa mère, et, devenu l'un des chefs de la conspiration, il est du nombre de ceux qui furent condamnés à mort et exécutés.

9° On remarque, parmi les complices de ce dernier et de deux autres meneurs, un capitaine d'archers, c'est-à-dire un

personnage qui pouvait avoir à sa disposition des forces militaires.

10° Quelques-uns des magistrats et officiers de justice chargés de rendre ou d'exécuter les sentences contre les coupables sont à leur tour accusés d'indulgence et condamnés par le roi lui-même.

11° Tout individu s'unissant à la cause des coupables et s'opposant à l'application la plus rigoureuse des lois est également poursuivi et condamné.

Ces faits nous permettent de conclure : 1° que tous les jugements que nous trouvons enregistrés dans le manuscrit judiciaire de Turin et dans les papyrus Lee et RoUin, sont relatifs à une véritable conspiration contre la personne ou l'autorité souveraine de Ramessès III; 2° que cette conspiration, dans laquelle plusieurs des femmes et probablement même un proche parent du roi furent compromis, eut son siège principal dans le harem de ce pharaon, bien que ses premiers germes soient venus en dehors; 3° que cette conspiration entassez d'importance pour motiver de nombreuses condamnations à mort, ainsi que le châtiment de certains magistrats et officiers de justice, supposés coupables d'indulgence.

Voilà tout ce que nous pouvons déduire^ au point de vue historique^ de ce curieux document. Quel était le but précis des conjurés ? — Était-ce d'enlever la couronne à Ramessès III, pour la donner au personnage désigné^ par les raisons que nous avons indiquées, sous le simple pseudonyme de Penta-our, et qui semble avoir appartenu à la famille royale ? — Ce serait, je l'avoue, une conjecture bien hardie^, et nous ne pouvons constater qu'un seul fait, c^est que ce personnage mystérieux subit la peine de mort comme plusieurs autres coupables.

Quoi qu'il en soit donc du but véritable des conjurés, on doit reconnaître seulement que le papyrus judiciaire de Turin nous met sous les yeux le plus ancien exemple connu de ces conspirations de harem, auxquelles se mêlent ^i

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