Cf. p. 138 du présent volume. — G. M
plurielj sert à les désigner collectivement, tandis que, quand la commission est au complet et qu'elle renferme des fonctionnaires de différents ordres, pour la plupart supérieurs, ce sont les mots nà ûr-ii âàïu a les grands magistrats » qui sont employés. On trouve les ûbû (?) de sa majesté {Select Papijri, t. \, pi. XCVII, 1. 2-3, et pi. CXVIII, 1. 4) ou du Pharaon {Papyrus Abbott, pi. I, 1. 8), après les grands ou magistrats {ûr-u). Ces personnages appartenaient donc à une classe inférieure à ceux qu'on appelait « les grands ou magistrats ». Leur titre pouvait être joint à celui « degrammate de la double demeure de vie (collège des scribes) », ainsi qu'on le voit dans notre manuscrit (iv, 14), et à celui de « grand de maison ou majordome », comme le montre un autre Papyrus de Turin (cité pi. XI, n° 14 (A) de la deuxième lettre de Cham-
Pollion) : K V ^ " ^^ ^1 ^ ^ J) ^ I P- C'est probablement une variante du titre J -. , que j'ai relevé sur la figurine funéraire d'un personnage nommé Pà-rcL-mh'eb, comme l'un des deux greffiers de notre tribunal^ et que je retrouve joint au titre de « basilicogrammate » sur une stèle de la collection Belmore (pi. XIII). Le personnage qui y est représenté avec ces titres est appelé Ha'r ou Hora' ; vêtu d'une longue tunique, la tête rasée et portant les insignes des princes, il vient s'acquitter d'une mission auprès du roi, qui lui accorde de nombreuses récompenses; il est figuré une seconde fois sur le même monument, dans le même costume, mais la tête couverte d'une perruque. Les personnages qui portaient ce titre pouvaient donc avoir d'importantes missions à remplir; aussi voyons-nous, dans le Conte des deux frères, que c'est un 1 =^ vr /i ^ K' KI"T A ' « premier officier (?) royal de sa majesté Vie! Santé! Force! » que le roi envoie tuer le taureau divin (16, 1. 7), et nous les trouvons dans notre Papyrus chargés de juger une partie des accusés, quoique plusieurs des leurs figurent aussi parmi ces derniers. Mais deux faits importants
sont à noter, c'est 1° que ceux d'entre eux qui sont accusés approchaient d'assez près les femmes du gynécée pour entendre leurs paroles, sans cependant qu'on ait cru devoir indiquer spécialement pour eux comme pour les rûdû « employés? » qu'ils étaient en fonction dans le harem; 2° que sur onze personnages de ce titre qui sont mentionnés, six, au moins, sont étrangers. Ces considérations m'avaient fait penser que c'étaient les eunuques royaux^ et que les fonctions diverses de ces personnages présentaient la plus grande analogie avec celles des saris, û-'onc « eunuques, officiers de cour », dans la BilDle. Mais il est important de remarquer que cette dernière expression n'implique pas toujours la privation de la virilité.
Voici une note dont je dois la communication à M. Auguste Harlé.
« On lit au livre de la Genèse, xxxvii, 36, que les Madia- » nites vendirent Joseph en Egypte à Putiphar, saris de » Pharaon, chef des satellites. » Par le fait que Putiphar avait une femme (chap. xxxix, 1 et suiv.), on voit que le mot saris n'implique pas qu'il fût eunuque dans le sens que ce mot présente cependant ailleurs, par exemple : Isaïe^ Lvi, 3, 4. Deux autres officiers de la cour de Pharaon, « le chef des échansons et le chef des boulangers », sont appelés aussi ses saris, vono », chap. xl, 2 (voir d'autres passages, I Samuel, viii, 15; I Rois, xxii, 9; II Rois, ix, 32; xx, 18; XXI, 12; XXV, 19, où le saris commande^ comme Putiphar, des gens de guerre. Jérémie, xxxiv, 19, xli^ 16). Le syrien emploie partout une expression qui se dit des eunuques, mais qui signifie proprement « dévoué, fidèle ».
M. Renan est également de l'avis que le mot d-'-id saris ne désigne pas toujours un eunuque.
Ces diverses observations ont attiré de nouveau mon attention sur le titre égyptien, qui me paraît maintenant être l'équi valent de l'hébreu saris; car la stèle du Louvre (C 45) nous le montre employé dans les expressions qui désignent,
comme dans la Bible, un chef des ëcliansons et un chef des boulangers.
Ce titre se présente sous les formes =0= p-, "0"^ et S'v^ (Louvre, stèle E 3469).
Dans le texte de la stèle C 45, on trouve, après un ') ^)Ç^
^ \\^ un Uà M. « grammate de (l intérieur?) », un d |
ppp « inspecteur de la boucherie », et un V^ '^^^
(( gardien du lieu de surveillance », quatre personnages, intitulés =0=^ on o « le scais de la boucherie », =0= v\
/WSAAA Q A 2r — û \ \ \ -Il
- — 0 (^3) (( le saris de la paneterie (ou le chef des boulangers », =0= v\ o 9 0 i « le saris du cellier, litt. de la demeure des boissons (le chef des ëchansons »). Après eux viennent un ^1 jt\ « intendant de la cave », un 'l^r' o
(( gardien des (harnais?; », et enfin un yj n Q
« portier du temple de Ptah », où tous ces personnages exerçaient probablement leurs fonctions.
J'ai dit que la lecture ûbû n'était donnée que par une seule variante. Cette variante se trouve malheureusement dans un passage fruste d'une inscription monumentale (Brugsch, Recueil de monuments, t. I, pi. XXXI, col. 34 = Papyrus Sallier III, 8/9), et il n'est pas impossible de supposer une faute dans l'un ou Tautre des deux textes. Rien n'est donc moins certain que cette leçon. La grande inscription historique que j'ai copiée à Abydos depuis que ceci est sous presse fournit une nouvelle expression qui se rapproche par ses déterminatifs de celle qui désigne les officiers (?) en question. C'est le mot 'k^ \\ \\\>f V^i màd'iû dans le discours qu'adresse Ramessès 11 à son père mort en consacrant le temple à sa mémoire : « Je t'attribue des màdïû pour apporter à ton essence et pour te répandre sur la terre (en offrande) des pains et des libations » (INIaspero, Essai sur
la grande Inscription d'Abi/clos, p. 52). Cela constitue la fondation d'offrandes funéraires, c'est incontestable; et pourtant, on pourrait traduire plus littéralement : « t'apporter du pain et te verser de la boisson. » Or, ces mots rappellent aussi bien les fonctions du grand panetier et du grand échanson du Pharaon que celles des agents préposés à la boulangerie et au cellier dans le temple de Ptah, d'après la stèle du Louvre.
Ce mot pourrait être rapproché du radical copte ju*.'^ M. xxiKic T. (( obtinere, tenere », à peu près comme notre mot tenancier, mais dans une acception plus étendue, pour désigner toute espèce d'intendant.
D'autre part, le signe =0=, qui, d'après ce rapprochement, répondrait à l'expression phonétique màdïû, figure fréquemment sous sa forme hiératique dans un groupe que M. Chabas transcrit , lit ne. et rapproche du copte kôoiot « bonus »
{Mélanges égyptologiques, 2® série, p. 309 et 315; Voyage d'un Égyptien, p. 84 et 272). Mais ce groupe, dont la véritable transcription hiéroglyphique doit être , peut également se lire màdïû ou niàdï et se rapprocher du copte juL*.-^ M. juô^Te T. « prosper successus ».
J'arrive à conclure de ces dernières observations, sans pouvoir pourtant en donner la preuve absolue, que le mot que j'ai lu provisoirement ûbû et traduit « officier? » doit plutôt être lu màdïû, comme l'a proposé M. Maspero, et qu'il doit désigner des « intendants » de différents grades dans les palais comme dans les temples.