‹ Le papyrus judiciaire de Turin et les papyrus Lee et RollinChapitre 77 sur 87 · II, 3.) I |\ pgA Sûten ûJimû{'^) a royal rap · texte numérisé non relu

II, 3.) I |\ pgA Sûten ûJimû{'^) a royal rap

porteur, interprète ou répétiteur ». Cette fonction semble avoir eu pour attribution de rendre compte au roi de tout acte officiel, ou de le représenter, de transmettre ses ordres, de veiller à leurs exécutions, et peut-être même de défendre au besoin ses intérêts, comme dans les temps modernes le procureur du roi. Un personnage portant ce

titre figure également dans la commission d'enquête sur rétat des sépultures royales, dont le Papyrus Abbott nous a conservé les procès-verbaux. C'était aussi l'une des charges principales d'un grand personnage appelé Antuw (Louvre, stèle C 26).

La lecture ûhmû proposée par i\l. Brugsch, d'après des transcriptions démotiques, n'a pas été généralement adoptée, parce que des variantes assez rares, il est vrai, mais tout à fait incontestables, donnent l'écjuation suivante : = ( = nem, et que le complément final m, dont le signe \ est ordinairement affecté, semble se prêter toujours à cette valeur nem. C'est ainsi que M. Cliabas a établi^ que le mot |s |s

W^^^\{Todtenhuch, CXXV, 6), ou££|^^^î|

{Papyrus Sallier III, 6/1), s'écrivait aussi (fcs. § y^^ (Greene, Fouilles, etc., pi. XI-1, /. ult.), et que M. Bircli a trouvé le groupe ^""^ ^. ^^^ [Todtenbuch, CXXV, 20) écrit I m. V" ''^'^^ également rencontré quelques variantes

A/vVW.

semblables^ et M. E. de Rougé m'a assuré qu'il avait vu dans les inscriptions des rochers de la route d'Assouân à Philse le nom du dieu iVoum, forme primitive du nom de Chnouphis, écrit par le signe ; il m'a signalé aussi le nom d'une offrande exprimé par le groupe ! ^ (Lepsius, Denkmâler, IV, 3), qui confirme encore la valeur nem ou num pour le signe . Cette valeur est donc certaine; mais les exemples en sont, somme toute, si peu nombreux, que je crois qu'elle n'est qu'exceptionnelle et que la valeur ordinaire du signe est différente. Il faut observer, en effet, que les groupes dans lesquels le signe | se présente toujours contiennent bien ordinairement la finale m comme complément de ce carac-

1. Inscription hiéroglyphique d'Ibsamboul, p. 732, dans la Reçue archéologique, t. XV, 1859.

tère, mais jamais l'initiale n, et que ce signe [ y est souvent précédé, ou, pour mieux dire, surmonté d'une croix oblique X, laquelle n'apparaît pas dans les mots où la lecture iiem est certaine. Cette croix oblique est bien connue pour l'un des signes de la voyelle û; mais elle a aussi la Taleur idéographique du croisement ou de la complication dans plusieurs mots où elle est employée comme déterminatif. Aussi la lecture = nem semblant être établie par suite de la constance du complément m pour tous les cas de l'emploi du signe , on a dû chercher à expliquer cette croix oblique X initiale, en lui supposant une valeur idéographique, bien quQ jamais, à ma connaissance, un idéographe ou un déterminatif ne se présente en variante placé avant l'expression phonétique. S'il n'y a pas là une exception que rien ne nous autorise à supposer, la croix oblique, étant initiale, doit conserver sa valeur phonétique «^ et voilà notre signe accompagné d'un û initial; sa lecture ne peut donc plus être nenij malgré la finale m.

Si l'on ouvre maintenant le dictionnaire de Peyron au radical nxx, on n'y trouve rien qui puisse dériver des mots

1 l\. ' ' ï fes. "v ^ *^M ^v ^*— ^ ^^"^^ ^^ ^^^^ général est « réitérer, répéter^ interpréter, renouveler, recommencer ». Ces mots n'auraient donc laissé aucune trace dans le copte? Bien peu de radicaux égyptiens sont dans ce cas. Or, ne perdons pas de vue que ce sont précisément ceux dans lesquels le signe figure toujours, sans n initiale, mais où il est souvent précédé de la croix oblique x = û, et cherchons dans le copte à la voyelle û (ot) un mot qui finisse par Al. Nous trouvons de suite le radical o-ytog^ju. T. ovto^exx AI. oTô^g^Ai T. AI. B. « Iterare, interpreiari, respondere, contradicere, adversari, etc., » et quelques-unes des applications les plus ordinaires de cette racine sont identiques à celles du signe hiéroglyphique . En voici deux exemples frap-

pants : oTô.g^exi-ju.ici M. m « regeneratio )) -=z \\^y'='\> {ûàh'emmis-tu) « regenevatus )); oTô^g^eAi-cong^ il/, « iterum vivere » = rr {ûàh' em-ânx') « iterum vivere, etc. » On en trouvera d'autres dans l'Essai sur l'inscription dédicatoire du temple d'Abydos, par M. Maspero (p. 10, note 3).

Comment se ferait-il, enfin, que le radical hiéroglyphique supposé nem « iterare, etc. », n'aurait laissé aucune trace dans le copte, et que le radical copte oTô^g^ju. n'aurait pas de correspondant hiéroglyphique connu?

J'arrive à conclure de ces observations : 1° qu'il doit y avoir là un cas de polyphonie^ c'est-à-dire les valeurs nem et ûàh'em. pour le même caractère; 2° que la valeur 7iem est rare et en quelque sorte exceptionnelle, bien qu'elle soit la seule dont nous possédions des variantes absolues; 3° que la valeur ûàh'eni doit être également admise pour le même signe |, et de plus, qu'elle doit être sa lecture ordinaire; 4P que la croix oblique x = û, placée souvent comme initiale au-dessus de ce caractère, n'a d'autre fonction que d'aider le lecteur en lui indiquant la voyelle initiale z<(àh''èm) et en lui faisant éviter toute confusion avec la valeur nem.

Cette lecture ûàlvem suppose nécessairement une articulation médiale, h' ou h, qui n'est jamais exprimée par les variantes connues, puisqu'elles ne donnent que les compléments initiaux et finaux; mais ce fait n'est pas sans exemple. Ainsi, il a lieu pour le signe \J , dont les compléments sont toujours a et/», (1 ^ (avec divers déterminatifs), d'où on a conclu la valeur a/), et qui ne peut répondre qu'au copte oTtopn M. mittere, etc. Ce radical copte n'a en effet pas d'autre correspondant hiéroglyphique, et il faut supposer^ dans la valeur phonétique du signe \/, un r médial que les variantes complémentaires ne montrent presque jamais'.

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