II, 4.) '^â^ûflc^ ^ ta âûùï-t ou ta ûûcd-t-u
Ji^ ûll'^ 01 II
mot collectif, accompagné de l'article féminin singulier et des
signes grammaticaux du pluriel. Il parait désigner la compagnie ou le corps des exécuteurs ou des satellites, ainsi que peut le faire penser la comparaison avec le verbe '%:^ ~ , ûû « couper (le cou), décapiter » ( Todtenbuch , LXXI, 11-12), le même, sans doute, que v\ ^=55^ (et ~ ?), ûûà
« immoler » (Chabas, Inscription d'Ibsamboià, p. 733), et !s \ ^ ûâûâ (( frapper du glaive, sabrer, immoler » (Chabas, Glossaire du Papyrus magique Harris, n° 138). Ce corps est plusieurs fois mentionné dans les Select Papyri, 1. 1,
statuette du Louvre (A 84, côté gauche); mais je reconnais que cet exemple n'est pas concluant, parce qu'on peut y voir la particule a'r. La phrase est : « Toute mission dans laquelle m'envoya S. M. je l'ai faite exactement. »
L La valeur précise du signe initial de ce mot est fort difficile à déterminer (Voyez E. de Rougé, Clircstomathic, t. I, p. 56 et 57).
pi. VII, 4; pi. LXXVIII verso et pi. LXXIX verso, etc.); il était organisé militairement, et il avait des officiers comme un corps de troupes. Nous voyons en effet ici le Jlabellifère de ce corps, Har, qui fait partie de la commission judiciaire; plus loin (vi, 4), nous trouvons un ûâû (capitaine?) du même corps, et sur un ostracon du Musée de Florence, dont la copie m'a été communiquée par M. Alphonse Mallet, on lit la mention du supérieur ou du chef (Pà-h'er) des ûûâï. Dans les Select Papyri, enfin, pi. LXXVIII verso, nous voyons les noms des deux mour (officiers) du même corps. Uun de ces titres pouvait répondre à celui de Putiphar^ qui était prince ou chef des satellites a^naton -it?, c'est-à-dire, littéralement : « prince des tueurs \ n {Genèse, xxxix, 1). Le seul exemple que je connaisse de ce mot employé dans un texte hiératique, autrement que dans le titre d'un fonctionnaire ou d'un officier, se rencontre dans le Papyrus Sallier n° 1, pi. VII, 1. 4; M. Goodwin, dans son excellent travail sur les manuscrits hiératiques du Musée de Londres, n'a pas traduit ce passage, parce qu'il semble avoir méconnu alors la signification exacte du mot x'^àâ, qui veut dire « poser, laisser, quitter, abandonner, négliger, etc. » (voir note 38). C'est une lettre dans laquelle le scribe Amenemân décrit à l'auteur d'un poème célèbre les avantages de la profession d'homme de lettres, comparativement à toutes les autres. Voici ce que je lis relativement aux peines de l'état de h'er-a'h' , titre que M. Goodwin traduit « intendant » {steward) :
hn w
a'ù pà h'er-a'-h^ h^â m pà bàk,
L' intendant reste au travail;
1. Les satellites commandés par Putiphar, proprement des tueurs, soit pour la cuisine {Samuel, ix, 23, 24), soit comme exécuteurs [Genèse, XL, 3, 4; xu, 10, 12). — (Note de M. Aug. Harlé.)
pà-i-w son
au jrua
le sraiii
li'-ctra cheval
bcd (?)
œ^aa quitte
7/1 pa le
tàï-ic Ji'-lm-t-u
champ,
tàï-rc
de
s'^cra'^-ti
enfants quitte
/l'^etra^-u chevaux
ses femmes et de ses
\iZ \\ MU
m pu le
denû, sillon ;
cru si
pjai-w ses
œàû-w, le quittent,
Slt
il est
[her] à
rad, pied,
su
rt^5'' ta est pris
r ta par r
ùûâï-t.
Dans ce texte, on voit queVûûâï-t ne j^eut désigner qu'une sorte de police; car elle seule pouvait avoir à poursuivre un intendant qui négligeait la surveillance des travaux qui lui étaient confiés, ou qui laissait échapper les chevaux de son maitre. Or, en Egypte et dans tout l'Orient, même de nos jours, l'agent de police est chargé des châtiments judiciaires, et souvent il n'y a pas d'autre bourreau que lui. Les ûûât peuvent donc être à la fois les agents de police et les exécuteurs. Il y avait aussi un lieu appelé "^^ â;;^^ "v H i ta ûûï; mais ce mot semble avoir une signification dilierente de celle de lieu d'exécution ; on le trouve pourtant en parallélisme avec M , arï, qui veut dire, dans certains cas,
« prison ». Cependant ces acceptions ne paraissent pas toujours convenir (cf. Select Papy ri, t. \, pi. LXXVII, 2-3). Je pense que ce mot {Select Papyri, 1. 1, pi. XIV, 9; pi. XIX, 2; pi. XCIII, 3, etc.) appartient à un autre radical qui n'a pas d'« médial. J'ai démontré depuis longtemps que la valeur s' ne pouvait pas convenir aux signes S;2\ et /^; j'avais proposé la lecture âù pour l'un^ et icû pour l'autre, sans pouvoir expliquer leur permutation \ L'étude de nouvelles variantes est venue modifier mes vues sur le premier de ces deux caractères, et me fait préférer aujourd'hui la lecture âû, ou la valeur ûû proposée par M. E. de Rougé, et dont la permutation avec le syllabique loû s'explique par l'analogie de la voyelle û as^ec la semi-voyelle w.
9. (II, 5-) J^'^=]^P|Ï^. ^" rex'-a' s-t-u « n'en ai-je pas connaissance? )) litt. : « ne sais- je pas elles? » Le sens interrogatif parait être indiqué pour ce membre de phrase par la particule 0'===', (^i'J\ qui se trouve en tête de la proposition, et, dans tous les autres, il l'est par le groupe initial i\\>^ ^'^^- C'est faute d'avoir observé cette nuance grammaticale que deux savants distingués ont pu se tromper sur le sens général du Papyrus Anastasi I.
\V^ J , a'û ben, au commencement d'une phrase, a le même sens conditionnel ou interrogatif que a'û bû; la première forme s'est conservée dans le copte e^nA T. M. B. (( iiisi )).
On remarquera la forme exceptionnelle des deux pronoms; l'un est celui de la première personne pour un dieu ou un roi; il répond aux figures hiéroglyphiques jj et r^n. Ce caractère n'est ordinairement employé dans les textes hiératiques que comme déterminatif de majesté, en sorte qu'il peut se joindre à l'expression des pronoms, seulement pour indiquer qu'ils se rapportent à un dieu ou à un roi.
1. [Cf. Devéria, Mémoires et fragments, t. I, p. 47, note 2. — G. M].
Ainsi, l'affixe de la première personne est souvent exprimé dans ce cas par les signes hiératiques répondant à ^, jj, si c'est un dieu ou un roi qui parle. Le caractère employé isolément dans notre manuscrit, comme les hiéroglyphes .Jj et r^fj qu'il remplace toujours, ne peut pas avoir une autre valeur (cf. note 30).
L'autre pronom, celui de la troisième personne plurielle, est exprimé sous une forme qui n'est pas rare, surtout dans des textes hiératiques, à partir de la XIX" dynastie, et qui paraît appartenir au langage vulgaire : 1 au lieu de I Je crois qu'on doit lire simplement se, comme le copte ce, au lieu de sen et sans tenir compte du signe ^, qui ne sert peut-être qu'à carrer le groupe. Je ne transcris donc les derniers signes -t-u que pour me conformer au système général que j'ai adopté. M. E. de Rougé a été le premier à constater l'oblitération de l'iv dans un grand nombre de mots égyptiens; c'est un fait philologique des mieux établis.
10. (II, 5.) 8 , h'^enï « bouger, mouvoir, changer de place », copte g^e»; avec les pronoms réfléchis « movere se, se mouvoir, changer de place^ aller ou venir d'un lieu à un autre », suivant les prépositions avec lesquelles le mot est construit. M. E. de Rougé a traduit cette expression par « départ » dans le Conte des deux frères^ et il me semble qu'ici le sens ne peut être que « partez, allez, marchez^ mettez-vous à l'œuvre ». Le même mot, précédé d'un s causatif, veut dire « faire mouvoir, mettre en œuvre, faire partir » ; s-h'eri hàb a faire partir un message, envoyer un message ». Avec un autre déterminatif (le bras armé), il exprime l'idée « disposer » et se prend aussi dans le sens du copte g^coïi jubere, imperare. Il ne faut pas confondre ce verbe avec le radical ra vv A, hàn, qui correspond au copte g^con, accedere, appropinquare.