‹ Le paradis retrouvéChapitre 17 sur 43 · LE VOYAGE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE

Il est, au fond mouvant des plaines de l'Ukraine, Des couchants enflammés dans des bras coléreux, Et des levers de lune, où le firmament traîne Gomme un manteau tombé sur des pieds amoureux.

Gomme il est, à Pœstum, des soirs où l'on oublie Tout autre enchantement qui ne vient pas des morts. Quand les temples, dorés par la mélancolie, Ferment leurs yeux trop lourds devant nos vains remords.

0 mon Eve, c'est là, mon âme est ainsi faite, Que je voudrais, devant ce vieux monde qui meurt, Presser ton jeune corps sous ta robe défaite, A la fin du voyage, au soir de mon bonheur.

Et tandis que partout sur l'Europe expirante Des couples comme nous pleureraient dans la nuit Nous verrions lentement s'arrêter l'aube errante Et du fond du passé monter Demain qui luit.

La Gloire de Marseille

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