TRAVAIL DU MONDE
Recueillez mon esprit, si mon espoir défaille. Que je sache avec vous, fauché dans la lueur, A quoi, chaque matin, notre terre travaille. Quand perle la rosée à son front en sueur.
La Caume
Dans les derniers rayons la haute Caume baigne, Nef de pierre échouée aux vagues des vallons. Une rousse caverne à ses flancs s'ouvre et saigne Sur les grands rocs cabrés comme des étalons.
Où courent-ils ainsi, généreux et sauvages^ Vers quelle ardente mer hennissent-ils? Le soir S'enfonce au port perdu d'impalpables rivages... Devant la haute Caume, Eve, allons nous asseoir.
LA CAUME 161
Tu me raconteras, dans ce croulant refuge, La guerre des Géants, la chute des démons, Les sceaux du ciel rompus sous les eaux du déluge, Et l'arche de Noë s'empierrant dans ces monts.
Tu mêleras pour moi la légende à l'histoire, Tandis que lentement, du fond de l'horizon. Viendra sur les cyprès de la plaine encor noire Le clair de lune bleu de Thumaine raison.
La Fresque
Au bord d'une rivière lente, Au cours de mon songe flottant, Je peindrai la joie opulente De Tavenir qui nous attend.
Comme aux fresques du cimetière Que Pise garde avec amour, Couronnés de sainte poussière Les maçons bâtiront la Tour.