‹ Le paradis retrouvéChapitre 41 sur 43 · DANS LES JARDINS · texte numérisé non relu

DANS LES JARDINS

Et, pour noter la symphonie Qui sourd partout des halliers roux.

Du temple, empli de son génie, Sort un esprit intime et doux.

Le vieux Gliick, au bruit monotone De l'eau qui court sur les graviers, Vient voir pleurer le tendre automne Au vert miroir des grands viviers.

Peuple, partout, pour toi qui rêves, T'attend ainsi quelqu'un d'ancien Et pour charmer tes heures brèves Revient comme le musicien.

Dans les palais Rubens rayonne, Et sur la Bible de Luther Durer touffu songe et crayonne, Newton t'emporte dans l'éther.

Comme Goya, Zola ramasse Le drame épars de ta douleur, Molière en fixe la grimace, Taddeo Gaddi la couleur.

Les chœurs dansants d'Aristophane, Qui pour ton bien te dénigra.

Jetaient leur voile diaphane Aux vieux potiers de Tanagra.

Et si, pour mieux aimer tes frères, Tu veux les voir transfigurés, Michel-Ange, dans ses colères.

Dans le marbre, les a murés.

Il a voûté leur forte échine Sous rinvisible poids du sort Et bandé Tare de leur poitrine D'où le cri de la pierre sort.

Page 1