MILTON, WALTER
WALTER prenant une résolution soudaine.
Écoute-moi. Je n’y puis plus tenir :
J’aime depuis longtemps Marie !
MILTOiV, surpris.
Une servante !
WALTER
Cœur d’or ! ce qui vàut mieux qu’une femme savante ! MILTON.
D’accord...
Walter.
Enfin, j’attends un service de toi !
Avant que de partir deinande-la pour moi !
MILTON, avec surprise,
T U l'aimes ’
WALTER
D’autant mieux qu’elle n’a plus personne,
Que toi l’abandonnant, ici tout l’abandonne !
Est-ce amour, amitié? Je ne le sais trop... mais
LE PARADIS TROL'Viî
Je sens qu’à son bonlieiir, moi, je me dévoùrais,
Même aux dépens du micnl
MILTON
Quelle âme généreuse ! • WALTER.
C’est que je ne veux pas qu’elle soit malheureuse !
Si tu pouvais savoir ce que vaut ce trésor 1 Ah ! je n’ai pas osé te l’avouer encor !...
C’est l’esprit qui se Lait, voilé par la décence ;
C’est la même candeur, c’est la môme innocence Que prit, pour s’cmhellir, la fée Alicia,
Quand ton Cornus nivi, sous son joug s’oublia.
J’ai deviné sa vie enfermée et discrète,
Au parfum de vertu qu’autour d’elle elle jette.
Comme, sous le gazon, la violette en fleur :
Et j’en viens à penser qu’un ange l’a pour sœur 1 Que le dire? le cœur m’est monté dans la tête,
Enfin, je l’aime tant que j’en deviens poète !
MILTON
Oui, l’amour parle ainsi...
WALTER
Ma foi ! c’est mon premier.
Aussi, suis-je timide autant qu’un écolier !
Mais cette passion qui me semble si vraie.
Crois-tu qu’elle pourra la bien comprendre ?
WALTER
Essaie.
MILTON, à part.
En CO moment 1 (Haut à waiter). Allons! puis-je refuser rien A mon ami?
WALTER
Sois bon, elle est timide...
LE rAUADlS THOUVÉ
(Appelant.)
Marie!...
MILTON
Bien!