SCÈNE XVI
Les Même.*!, MARIE.
MARIE, à pan.
11 est plus calme... Ali! me suis-jc trompée ? Il sourit.. .Toule crainte est-elle dissipée?
MILTON
Venez, mon enfant.
MARIE
• Moi!
(Walter sc retire lentement au deuxième plan.) MILTON.
Quelqu'un que je connais Vous demande pour femme.
MARIE
Alt ! son nom?
MILTON
Je le tais
Encor.
WALTER, qui piête l’oreille, à part.
Comprcndra-t-elle ? Espérons.
MILTON
Il VOUS aime,
Et je réponds de lui.
.WALTER, à part.
Bien!
MILTON
Comme de raoi-méme!
MARIE
Dans cette solitude, h moi qui peut penser,
Et m’estimer assez pour vouloir m’épouser?
MILTON
Un brave cœur...
MARIE
A moins que l’on ne me renvoie, Rester à vous senir, voilà ma seule joie !
MILTON
Songez qu’il peut avoir pour vous beaucoup d’amour ! ÜIARIE.
Il me connaît donc bien?
MILTON
Il vous voit chaque jour ; N'avez-vous pas compris son éloquent silence ?
MARIE, à part, dans an éclair de joie.
Ah!
WALTER, qui l’observe, bas à Millon.
Vois-tu! dis-lui tout!
MILTON, bas, le modérant.
Attends.
MARIE, à part.
Quelle espérance!
MILTOiV, à lui-mî-mo, tout surpris.
Oui, son front a rougi, son œil s'est éclairé,
Tout son être s’anime et s'est transfiguré !
(Haut à Marie, avec la pins grande douceur.)
Vous savez sa pensée. Eh bien ! quelle est la vôtre ?
WALTER, à mi-voix, pressant Millon.
Va, val
MILTON
Mais un instant...
MARIE, à part.
Ils s’entendent... C’est l’autre !
MILTON
Qui vous fait hésiter?... Qu’attendez-vous ? son nom Peut-être? Eh bienl je puis vous le dire.
MARIE, d’un ton suppliant.
Non 1 non !
MILTON
C’est...
MARIE
Ne le nommez pas.
WALTER, à part.
Mon bonheu^et ma vie
Se décident I& bas.
MILTON
N’ôtes-vous pas ravie
De ce que?..
MARIE
C’est pour moi, sir John, beaucoup d’honneur ; Mais si j’avais déjà disposé de mon cœur?...
MILTON.'
Vous?
MARIE
Oui. Si, le in d’ici, vers quelqu’un entraînée, J’avais, depuis longtemps, lié ma destinée...
Un autre !
MILTON
MARIE
En qui je crois, pour qui j’existe... mais Qui ne l’a jamais su, ne le saura jamais I
HILTON
S’il ne vous aimait pas?
MARIE
Qu’importe ! si je l’aime !
MILTON
S’il n’était plus libre ?
MARIE, cloulTant, à part, nnc doalear.
Ah!
MILTON
L’aimeriez-vous de mé.xe ?
MARIE
. Mon cœur, pour cet amour, est prêt à tout souffrir Et je serais heureuse et Gère d’en mourir !
MILTON, à part.
Qu’entends-je ? chaque mot jaillit comme une larme ; Quels nobles sentiments !
■ Te voilà sous le charme.
MILTON, à Ini-môrac,
Et je méconnaissais tant d’âme... de beauté.
Comment ! Et sans la voir, je passais à côté !
(a Marie, dont il sc rapproche; a nii-voiv.)
Ainsi donc, résignée...
LR PAHADIS TROUVÉ
MARIE
Et gardant le silence,
.le me tiens au-dessus de son indilTérence !
Cette ombre est mon refuge... En amour, igmrer, Quand un mot perdrait tout , c'est encor espérer !
MILTON, à part, en proie à l'émolinn la plus rive.
Est-ce étrange ! on dirait !... Non, cela ne peut être ! Jusqu’au son de sa voix qui m’émeut, me pénètre !
(Faisant un pas vers Marie.)
Je saurai...
(Trois heures sonnent.)
MARIE, à part.
C’est l’heure 1
Ail I
MARIE, à paît,.
Je ne le verrai plus !
MILTON
Ses sec:ets, je mourrai sans les avoir connus !
Non, là... tout près... Toby !
MARIE, à part.
Cette épreuve est mortelle !
WALTER, l’arrêtant au second plan.
Tu pars? mais qui va donc ici me répondre?
MILTON, lui montrant Marie.
Elle !
WALTER
On peut bien un instant encor te retenir...
MILTON
Adieu I
WALTER
Non !