‹ Le Paradis trouvé, comédie en 1 acte, en versChapitre 4 sur 27 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARIE, puis REYNOLDS.

MAItlE, au fond, l’air pensif, semblant suivre quelqu’un dans le jardin.

Il sort, et toujours seul; il s’en va toujours sombre !

Et l'ennui jusqu'au soir marcliera dans son ombre.

L'ennui ! d'oi'i lui vient-il ? 11 n'en a pas parlé,

On dirait qu'il a peur d'en être consolé

(Allant à la table.)

Il est plus triste encor depuis une semaine Sa Bible est Ht fermée, il la regarde à peine.

(Elle la prend.)

Pauvre sir John! pour lui tout remède est donc vain.

LE PARADIS TROUVli

Puisqu’il ne croit plus môme en ce livre divin ;

Puisque, pour apaiser son üme et ses orages,

Il ne va plus chercher ce qu’à travers ces pages L’Esprit consolateur, l’Esprit saint lui soufflait.

(Elle feuillette ta Itible, un papier en tombe.)

Mais quel est cet écrit? Ciel !... son dernier pamphlet I Dont la cour s’est émue... et qui me désespère.

Dans le livre de paix, cette œuvre de colère I Ainsi dans son cœur pur le malheur mit du fiel Le trait envenimé dans la coupe du miel.

Il lisait la Genèse... il rêvait au poème Qu’il interrompt toujours... Moi, l’histoire que j’aime C’est, je ne sais pourquoi, cello de Noémi Et de Ruth, s’en allant vers Dooz endormi...

(Elle se met à lire.)

REYNOLDS, sc montrant en dehors.

Personne dans l’enclos... A la fin je me lasse...

* Entrons I

MARIE, avec surprise.

Un inconnu l (Se levant.)

Que demande Sa Grâce ?

REYNOLDS, du fond.

Sir John Milton?...

MARIE

Mon maître !... on ne peut pas le voir.

REYNOLDS, qui est entri.

Bah ! suis-je un créancier?., fais-moi donc recevoir...

Voilà ce que Ma Grâce exige de la tienne...

MARIE

Mais...

RÉYNOLDS, lui montrant une bourse.

Il faut à tout prix qu’ici je l’entretienne !

MARIE, avec une révérence respeetneuse.

Impossible !...

REYNOLDS, étonne.

Ah !

MARIE

Milord a donc pu pénétrer

Dans le jardin...

REYNOLDS

Tu vois...

MARIÉ

Comment ! sans rencdnfrer

Même Tobjj mon oncle...

REYNOLDS

Une porte est ouverte,

J’entre, sans me douter que je donne l’alerte.

MARIE

C’est que jamais, ici, l’on ne voit d’étranger.

REYNOLDS

Je suis un accident ?...

MARIE

Oui, pour nous un danger Si le maître aperçoit seulement votre trace...

REYNOLDS, i part.

Je tiens 1a sienne, moi I...

M.ARIE

Je crains qu’il ne nous chasse !..

REYNOLDS

Laisse-toi renvoyer...’ tu n’iras pas bien loin ;

Cliitz moi, d’une fcmnte on a, je crois, besoin.

(En rcmonlant.)

Ail çà! votre désert admet des privilèges.

(walu-r paraît.)

Vois donc!., je ne suis pas de ceux que tu protèges...

MARIE

. Lui! c’est son seul ami !

' REYNOLDS, rcfonnaissant Waller.

Mais c'est un peu le mien t...

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