‹ Le paradoxe de l'égalitéChapitre 9 sur 10 · L OH G AM S ATI ON DE LA DÉMOCKATIE · texte numérisé non relu

L OH G AM S ATI ON DE LA DÉMOCKATIE

Il faut conciliLT des points de vue opposés: ce qui suppose un procédé plus complexe qu'une opération d'aritlimétiqiie. Un problème analogue s'est posé dans le monde des affaires, quand les capitaux se sont groupés sous la forme de sociétés anonymes. Ici. comme en politique, on laisse le dernier mot à la majorité: mais, par certaines dispositions statutaires, on se défend des hasards ou des caprices d'un jour. Si Ton eût fondé les sociétés industrielles sur le principe du sutfrage universel pur et simple, de deux choses Tune : ou les votes eussent été comptés [)ar actions, et quelques individus, possesseurs des gros capitaux. auraient pu faire la loi et sacrifier l'intérêt général à des intérêts particuliers ; ou les votes eussent été comptés par tètes, et la majorité, composée de petits actionnaires, tantôt indifférents, tantùt peu éclairés, auraient pu réduire au silence les plus intéressés dans l'affaire et les plus capables. La raison pratique a donné une solution qui concilie les deux points de vue. Le nombre de voix, dans les assemblées

générales, est proportionnel au nombre d'actions; mais les statuts fixent un maximum de voix, que nul actionnaire ne peut dépasser. Ainsi, le capital, a sa part d'influence, et le nombre a la sienne ; de ces deux forces, nombre et capital, chacune trouve son contre-poids dans l'autre. D'autres dispositions, non moins prudentes, mettent les sociétés industrielles à l'abri d'un vote de surprise : par exemple, les délibérations qui ont pour objet une modification du pacte social ne peuvent être prises qu'à une majorité des deux tiers ou des trois quarts des voix. On cherche à établir, non les règles les plus simples, mais celles qui paraissent les plus propres à garantir l'ensemble des intérêts en jeu. Nos législateurs pourraient trouver plus d'un exemple à imiter dans les statuts des sociétés privées.

L'importance du citoyen dépend de sa fonction, comme celle de l'actionnaire de sa mise sociale. La difficulté d'organiser le droit de suffrage est la même dans le monde politique que dans le monde industriel. Yeut-on, par le suf-

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frage restreint, donner la direction aux plus capables, on risque que les intérêts des masses soient méconnus ; veut-on, par lesuffrage universel tel qu'il a été prati(|ué jusqu'ici, assurer le g-ouvernement du peuple par le peuple, on s'expose à voir un jour la minorité opprimée. Dans un cas, la majorité représente les capacités ; dans l'autre cas, le nombre : le problème est (ju'elle représente à la fois le nombre et les capacités. Il semble (on l'a dit plus iiautj que la question serait facile à résoudre avec le système des deux Chambres. Le nombre a ses droits légitimes; mais les capacités, les forces sociales, les groupes sociaux ont aussi leurs droits dont il faut tenir compte. Des deux Chambres, il est juste, il. est nécessaire que l'une soit nommée par le sutYrage de tous; mais la seconde Chambre doit représenter autre chose que la majorité des individus. Dans les monarchies, les membres de la Chambn,' haute sont désignés, ou par la naissance, ou par la volont»'- rovale: dans une démocratie, les uKMnbrc^s du sénat pourraient

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èti'o nommés par les groupes sociaux et les corps constitués, armée, clergé, université, magistrature, sociétés savantes, corporations industrielles, etc. Ainsi composé, le parlement serait vraiment l'image du pays, puisqu'il représenterait les forces sociales en même temps que le nombre.

Est-ce sous cette forme que la question sera résolue? Je me garde de l'affirmer, n'étant pas prophète. Ce que je vois, c'est que les dangers du suffrage universel sans contre-poids nous frappent de plus en plus. Il ne s agit pas de toucher au principe, nul républicain ne le voudrait : il s'agit de régler l'application du principe, de manière à donner à la démocratie la stabilité dont elle a besoin. Aujourd'hui plus d'un républicain , parmi les plus décidés , est persuadé de la nécessité d'organiser le suffrage universel. C'était un premier signe à noter.

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Un second signe est le réveil de l'esprit d'association. La loi du 17 juin 1791 avait produit l'isolement des individus, réparpillement des forces. On s'était habitué à regarder l'association comme le contraire de la liberté, tandis qu'elle n'est qu'une des formes de la liberté. Quand Saint-Simon et Fourier prêchèrent l'association, toute l'école libérale leur jeta la pierre. Ils se trompaient sans doute en prétendant régler l'activité humaine d'après des vues systématiques, mais ils étaient dans la vérité quand ils opposaient l'association à l'individualisme : nous reconnaissons plus d'une idée qui leur appartient dans les tentatives qui sont faites, sous nos yeux, pour grouper les forces sociales.

Le développement des intérêts matériels, les progrès de l'industrie ont produit les premiers essais d'association. Pour exploiter les chemins

de fer, les compagnies d'assurances, les mines, les usines métallurgiques, il a fallu constituer des sociétés anonymes. La grande industrie avait gardé un caractère aristocratique tant qu'elle avait été entre les mains de quelques individus ou de quelques familles ; elle est devenue démocratique en faisant appel aux petites bourses, à l'épargne du grand nombre. De toutes les formes deFassociation, la société anonyme est la plus élémentaire : elle groupe les capitaux, non les individus.

Les associations ouvrières, soit de production, soit de consommation, groupent les individus en même temps que les capitaux. Ces sociétés ont échoué plus souvent qu'elles n'ont réussi : peut-on en tirer un argument contre lidée d'association? lime semble, au contraire, que la persévérance des intéressés, leur obstination à tenter de nouvelles expériences sans se laisser décourager par des insuccès répétés, montrent bien que l'association répond à des besoins réels. Depuis la loi de 1884 sur les syndicats professionnels, les associations ou-

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vrières peuvent se constituer librement et fonctionner au grand jour: elles n'ont pas donné, il faut le reconnaître, les résultats qu'on en espérait, elles sont encore un instrument de combat plus souvent qu'un instrument de travail; mais qu'est-ce que cela prouve? Que de nouvelles mœurs ne s'improvisent pas du jour au lendemain, et qu'une loi libérale sert de peu à ceux qui n'ont pas l'habitude de la liberté. Il n'en est pas moins vrai que partout, chez les patrons comme chez les ouvriers, on commence à douter que le principe de l'offre et de la demande suffise à établir l'harmonie dans le monde du travail. On essaye de réunir les forces divisées, de ranimer l'esprit corporatif : écoles d'apprentissage, sociétés de secours mutuels, caisses de retraites, participation aux bénéfices, associations coopératives, cbanibrcs syndicales, autaid do formes diverses (riiiic même idée.

Nous assistons aune transfoiMuation du commerce. Un des représentants les plus francs de l'individualisme, le petit marcliand, isoté der-

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rière son comptoir, va disparaître. De vastes magasins, organisés comme des administrations publiques, s'élèvent dans les grandes villes : ils fondent des succursales, ils expédient leurs marchandises dans les départements j les plus éloignés. Les affaires tendent à se centraliser, comme de petits cours d'eau qui isolés étaient perdus, et réunis alimentent un canal. La banque se transforme en même temps que le commerce. Les anciennes maisons de banque, avec leur clientèle restreinte, avec leurs .i opérations spéciales, ne tiennent plus la première place. De puissantes sociétés de crédit, ouvrant de tous côtés des comptoirs, font le drainage des capitaux. La richesse mobilière, circulant sous forme d'actions et d'obligations industrielles, passant de mains en mains, rapproche les individus par la communauté des intérêts. On trouve des essais d'association jusque dans l'agriculture : des syndicats se forment, des cultivateurs se réunissent pour louer ou pour acheter en commun des ma- I chines agricoles.

L ÛR(tAN[SA1 ION DE F.A D KM 0 C P. A T I F. l!^l

Le l'éveil de l'esprit d'association est surtout remarquable depuis quinze ans. Il semble qu'au lendemain de la guerre nous ayons senti le besoin de nous rapprocher les uns des autres. Des sociétés de toute sorte se sont fondées: sociétés de iir et de gymnastique: orphéons; sociétés provinciales, créées à Paris par les habitants originaires d'un même département ou de plusieurs départements voisins: associations scientifiques, économiques, artistiques, littéraires; cercles de toute sorte, cercle historique, cercle militaire; œuvres de charité, de refuge, de protection aux enfants abandonnés, de secours aux soldats blessés ou malades. De tous côtés, l'esprit d'organisation entre en lutte avec l'esprit individualiste.

Et ces faits sont d'autant plus dignes d'attention qu'ils sont spontanés. 11 n'y a rien, dans le spectacle dont nous sommes témoins^ d'un courant d'idées créé par les politiques on !<•> philosophes. Ceux qui s'associent ont senti le besoin de s'associer: ils n'obéissent pas à une Ibéorie, à un système; ils se rencoidrcnl >«aii?^

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s'être donné le mot. Parkrnt, dans la société française, l'individualisme domine; mais partout aussi, il se fait des tentatives pour réagir contre l'individualisme. On essaye, on hésite», on cherche, on tâtonne, on se trompe, on recommence : le mouvement qui nous porte vers l'association est encore confus, mais il existe. C'était un second signe à noter.

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Un troisième signe est l'autorité croissante de l'opinion. Il faut un pouvoir moral à C(Mé du pouvoir politique. Aux époques de foi, quand tous les esprits sont unis dans un même dogme et tous les cœurs dans une même espérance, un corps constitué peut avoir la direction morale. Dans une époque divisée de croyances comme la nôtre, il n'est plus possihle qu'un même idéal soit accepté par tous : dès lors, le pouvoir moral appartient à l'opinion, ou, plus exactement, à la l'ésultante des opinions. Ou

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demande à la vérité de se laisser discuter, on veut des croyances démontrables. Les religions, les philosophies, les écoles, les partis, ne peuvent plus recourir à l'autorité; ils doivent supporter l'examen, résister à la critique. De nouvelles mœurs s'imposent à nous : il s'agit de nous habituer à la liberté de la presse, • à la liberté de réunion. A ce point de vue^ nous avons beaucoup gagné depuis quinze ans : les écarts de la parole ou de la plume ne nous troublent plus comme ils troublaient nos aînés ; nous commençons à comprendre qu'un peuple qui veut jouir des bienfaits de la liberté doit être capable d'en supporter les excès. Qu'importent quelques violences de langage? On s'en effraye un jour, on en rit le lendemain. Les erreurs qui semblaient les plus dangereuses s'évanouissent comme de vains fantômes, dès qu'elles sont exposées dans un journal ou à la tribune; la discussion publique, en lin de compte, profite à la vérité : l'opinion éclairée lentement, mais sûrement, établit son empire.

ini LE PARADOXE DE L EGALITE.

C'est dans Tospril corporatif, opposé à l'esprit individualiste, que nous trouverons le principe du nouveau pouvoir moral. Chez des individus sans lien, sans rapport entre eux, instituer une autorité morale est difficile : chacun estime que son opinion vaut celle du voisin. Encadrez ces mêmes individus dans une association, et aussitôt le point de vue change : (jui dit association, dit solidarité et discipline. La vie corporative développe rapidement le côté impersonnel de la nature humaine; elle enseigne à l'homme à subordonner l'intérêt privé à l'intérêt collectif. Dans un groupe social, quel qu'il soit, une hiérarchie est nécessaire ; elle s'établit par la force des choses. On s'habitue peu à peu à suivre l'avis de ceux qui ont le plus de lumières, le plus d'expériences : c'est proprement le pouvoir moral.

On trouve ce pouvoir, plus ou moins fortement constitué, dans les professions qui ont le caractère corporatif, telles que l'armée, les ponts et chaussées, les mines, l'université, la magistrature. Déjà, dans l'industrie, certaines

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corporations peuvent servir de type au point de vue moral. On a cité souvent l'exemple de la société ouvrière fondée par un grand homme de bien, Jean Leclaire : là, celui, qui a commis une faute est traduit devant une sorte de tribunal et jugé par ses camarades; les peines prononcées sont le blâme, puis l'exclusion: il est arrivé que des ivrognes, ne pouvant ni se corriger, ni supporter la réprobation de leurs compagnons de travail, se sont suicidés. C'est un cas extrême, mais qui montre bien l'action morale du principe corporatif. Partout, l'association produit l'ordre, la hiérarchie, le sentiment de la dignité, le respect de l'opinion.

Quand tout homme fera partie d'une corporation, les écarts individuels deviendront de moins en moins nombreux. Le rang de chacun dans la société dépendra delà place qu'il occupera, soit dans une corporation, soit dans phisieurs corporations à la fois. La nouvelle hi.'rarchie ne sera pas une comme l'ancienne II y aura des séries parallèles : tel pourra être à un ranir infériour dans une série, à un rani'

li»6 TJ-: i'ai;ai)Oxj: i>i: l K(.a[-itk.

supérieur clans une autre. Le cas se présente déjà : voici deux ingénieurs ou deux employés de l'industrie qui appartiennent à la réserve ou à l'armée territoriale ; celui qui est le chef dans la série civile peut être le subordonné dans la série militaire, et réciproquement. Généralisez ce cas : supposez le même individu occupant une place plus ou moins élevée dans trois ou quatre séries ; il aura, dans chacune, une valeur difTérente, et sa valeur sociale sera une moyenne.

La démocratie, en rendant l'instruction primaire obligatoire, en augmentant sans cesse le nombre des bourses dans l'enseignement secondaire et même dans l'enseignement supérieur, en instituant des concours à l'entrée des carrières publiques, tend à créer une hiérarchie 011 chacun sera classé suivant son mérite. L'écueil serait d'organiser un mandarinat, où ceux qui se seraient élevés par leur savoir seraient portés à mépriser les autres; le danger serait que les plus capables, les plus forts, s'emparnnt ou tout de la direction, arrivassent

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à opprimer rignorant et le faible. C'est Topinion, représentée par les membres de la société les plus étrangers aux intérêts matériels, par les magistrats, par les prêtres des différents cultes, par les savants, par les publicistes, par les femmes, qui seule pourra s'opposer aux empiétements de l'intelligence sur le sentiment. 11 est permis, à côté des séries pratiques, de rêver une série morale, où le rang sera marqué par le caractère et les vertus. La série morale sera celle de la famille, dont les membres pourront occuper les emplois les plus divers. Dans une société démocratique, le cboix de la profession devrait être déterminé, non d'après des préjugés de classe, mais d'après les aptitudes de chacun : nous n'aurons vi'aiment les mœurs républicaines que le jour où un commerçant, un artiste, un ouvi'ier, un savant pourront s'asseoir au même foyer, (le jour-là, nous finirons peut-être par comprendre ({ue la première place appartient à celui qui est le plus élevé par le caractère aussi bien que par rinLelligence.

lî»8 LE PAHAbuXK i> K J. Éci ALITÉ.

Ainsi, on (Mitrovoit déjà ce que sera Je in^niveau pouvoir moral. Devant être librement accepté, il ne pourra s'établir et se maintenir que par la discussion. Dans les corporations comme dans la famille, il sera représenté par ceux dont la supériorité intellectuelle et morale aura été reconnue. Dans la société, quelques personnalités éminentes pourront agir sur lopinion. la rectiJier dans ses erreurs, la diriger dans ses aspirations. L'exemple de certains hommes illustres de notre temps, le respect que les masses leur ont témoigné, suffirait à prouver que l'idée d'un gouvernement de l'opinion n'est pas une chimère : quand on voit l'autorité d'un Victor Hugo dans les lettres, d'un Gambetta dans la politique, d'un Lesseps dans l'industrie, d'un Pasteur dans la science, on serait tenté de dire que ce gouvernement est déjà une réalité.

L OJ; (tANISA rin.N IiK i.a J»ÉMUi;il a IIK. 10!»

En résumé, on trouve dans les faits contemporains les premiers signi?s dune organisation delà démocratie. Quelle en sera la forme délinitive? Xul ne pourrait le dire; car il ne s'agit (|ue de tendances encore confuses, quelquefois même contradictoires. Il est cependant permis d'espérer que la démocratie s'organisera, dans Tordre politique, en assurant la représentation des forces sociales en même temps que du nombre: dans l'ordre économique, en appliquant le pi'iiicipe d'association et en dév(doppant l'esprit coi'poi'atil"; dans l'ordre moral, en acceptant l'autorité de l'opinion, de plus eu plus éclairée, de plus en plus libre.

Aujourd'hui, l'égalitarisme apparaît à beaucoup d'esprits comme le princi[)e et la lin deN démocraties. Les masses populaires, remuées jusque dans leurs couches les plus profondes, se sont converties à la reliizion du nonilu-e. I^c

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droit absolu des majorités est le premier article du credo politique. Le souffle égalitaire a passé sur nous : il passera sur d'autres. Cette passion de l'égalité, dont les uns s'effrayent, dont d'autres se félicitent, n'est pas une nouveauté dans le monde : elle marque la première phase de Fétat démocratique et, pour ainsi dire, la phase négative. En s'y attardant trop longtemps, la démocratie moderne risquerait de s'affaiblir; elle ne sera vraiment forte que lorsqu'elle aura fait la part de Tégalité, dans ce qu'elle a de juste, et de la hiérarchie, dans ce qu'elle a de nécessaire. Je serais tenté de dire, en imitant une parole célèbre : La démocratie sera organisée, ou elle ne sera pas.

Voilà, en deux mots, lidée de ce livre. L'égalité, telle que nos pères l'ont comprise, n'est pas l'uniformité. En abolissant les privilèges, les hommes de 1789 ont entendu faire une œuvre de justice, mais non passer un niveau sur la société. Qu'ont-ils voulu? Que la loi fût impartiale, que chacun put déve-

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