‹ Le Paragangliome SurrénalChapitre 11 sur 26 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES TUMEURS SURRÉNALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES TUMEURS SURRÉNALES

L'étude des néoplasies surrénales est particulièrement favorable pour mettre en évidence la valeur décisive des données embryologiques dans l'histogénèse des cancers et le problème de leur origine.

C'est à la confusion, si longtemps maintenue dans l'embryologie des surrénales, qu'on doit attribuer l'incertitude dont les travaux récents sur les tumeurs de ces organes portaient encore la trace. l

Les auteurs les mieux avertis avaient reconnu ceite difficulté : |

« Le développement de la capsule surrénale, disait Lecène (1) en 1904, n'est pas encore connu d'une façon définitive et l'ancienne opinion de Balfour qui admettait une origine distincte pour la substance corticale (mésodérmique) et la substance médullaire (ectodermique) n’est plus admise par tous; aussi ne pouvons-nous en tirer aucune déduction pour la classification des tumeurs de cet organe. »

Pilliet, guidé par l'idée théorique de l’origine vasculaire du sarcome, admettaitque les tumeurs épithéliales se développaient plutôt aux dépens de la corticale et les sarcomes plutôt aux dépens de la médullaire qui est plus riche en vaisseaux (2).

(1) Lecène, Les tumeurs des capsules surrénales, in Travaux de chirurgie anatomo-clinique, de Hartmann, t. 11, 1904. (2) Prcurer, Bulletin de la Sociélé anatomique, 1888-89-92.

Wooley (1) décrivit, sous le nom de mésothéliome, un cas intéressant de tumeur surrénale épithéliale qui lui paraissait présenter simultanément une prolifération conjonctive et il chercha à rattacher celte double tendance évolutive à l'origine mésodermique de la glande surrénäle.

Dès le début de nos recherches sur les paraganglions, en 1906, il nous parut possible d'apporter sur ce point d'anatomo-pathologie une opinion dualiste et des descriptions plus précises elles s'appuyaient sur une série de recherches embryologiques concordantes effectuées par plusieurs auteurs, sur celles, plus récentes, de Soulier, et enfin, sur nos propres recherches de vérification limitées au point particulier de l'organe de Zuckerkandl.

Les faits suivants pouvaient être considérés comme acquis à cette date :

io Les deux substances corticale et médullaire se constituent aux dépens d’ébauches embryonnaires distinctes. 5

20 L'ébauche de la substance corticale provient de l'épaississement de l'épithélium cœlomique qui apparaît de très bonne heure peu après le pronephros. Une série de massifs épithéliaux d'aspect éosinophile se forment au voisinage de l’aorte et de la racine du mésentère, près de l’épithélium germinatif, mais toujours distincts de lui et parfois précédant son apparition.

3° Beaucoup plus tardive que la corticale dans son organisation, la substance médullaire se conslitue aux dépens d'éléments embryonnaires qui se rattachent au système grand sympathique et qui évoluent vers le type glandulaire. Cette ébauche, primitivement commune avec les paraganglions*lombaires, affecte dans son ensemble, comme nous l'avons indiqué, la forme d'un Y dont les branches supérieures atteignent le bord interne des capsules surrénales en passant entre l'artère et la veine rénale de chaque côté.

Simplement accolée au cortex, elle gagne ensuile progressivement le centre de la glande. Les tractus ou filets irrégulièrement anastomosés de l'ébauche sympathique dissocient les cordons primitifs du cortex. La pénétration des éléments parasympathiques vers le centre de la glande et la transformation en cellules de la médullaire continue bien après la nais-

sance, alors que la substance corticale a atteint depuis longtemps son organisalion définitive.

Ces diverses notions embryologiques peuvent ètre considérées aujourd’hui comme confirmées, en dépit de quelques :

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