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CHAPITRE IV

ÉTIOLOGIE ET FRÉQUENCE !

Nous reconnaissons, dans la capsule surrénale, deux types de tumeurs épithéliales; l’une provenant des éléments chromaffines de la substance médullaire, le paragangliome, l’autre d'origine corticale, le cortico-surrénalome (1). ®

D'une façon générale, la fréquence des tumeurs épithéliales par rapport aux sarcomes est beaucoup plus grande que ne l’indiquent les statistiques classiques.

Lecène, sur 43 tumeurs qu'il avait pu grouper, trouvait 27 sarcomes et 16 carcinomes:; Rolleston et Marks, sur 24 observations réunies en 1898, comptaient 15 sarcomes.

Cette statistique est à reviser si nous en jJugeons d’après les nombreuses tumeurs surrénales que nous avons pu recueillir ou dont les pièces histologiques nous ont été communiquées : la proportion des sarcomes n’atteindrait pas un cinquième de celle des épithéliomes malins de la surrénale. Rappelons, à ce propos, la remarque formulée avec M. Alezais, dans les conclusions de notre travail sur les sympathomes embryonnaires : le groupe des sarcomes congénitaux surrénaux et péri-surrénaux est destiné à disparaître presque complètement en passant dans celui des sympathomes embryonnaires. Nous sommes donc

(1) Postérieurement à notre note préliminaire sur les paragangliomes, el à propos d'une tumeur du cortex surrénal, Ciaccio a proposé, pour notre groupe, le nom de chromaffinome. Cette dénomination nous paraît devoir être écartée comme dépourvue de valeur morphologique, la chromaffinite ne représentant qu'un caractère transitoire.

amené à formuler de nouveau, comme pour les tumeurs du paraganglion carotidien, une restriction du groupe des sarcomes.

Le paragangliome surrénal est infiniment plus rare que le eortico-surrénalome, surtout dans son type malin, dont nous décrirons plus loin le seul exemple rencontré. Nous ne croyons pas à l'existence d’un type mixte de néoplasie intéressant à la fois les deux substances : la tumeur surrénale appartient à un seul type, soit par localisation primitive, soit par prédominance rapide au niveau de l’une d'elles.

Cette rareté du paragangliome surrénal et surtout de sa malignité peut être rapprochée de la longue évolution embryonnaire de la cellule médullaire qui provient du neuro-ectoderme et passe, avant de devenir adulte et chromaffine, par les divers stades de neurocyte, sympathogonie, ete.

Quoi qu'il en soit, le stade d’adénome, d’après nos recherches, ne doit plus être limilé comme on l'admettait avec Virchow, au cortex surrénal. L’adénome surrénal, /e goitre surrénal, de Virchow, était une tumeur d'origine et de structure exclusivement corticale. C'est d'après cette notion classique que Letulle disait, dans son travail sur les surrénalites modulaires et l’adénome surrénal, que les processus de cette nature « respectent toujours les éléments de la substance médullaire ». =

Nous avons, au contraire, mis en évidence, dans notre mémoire de 4912, l'existence de l’adénome pur, en faisant remarquer que cette tendance à la bénignité est beaucoup plus marquée-encore que dans les tumeurs du cortex. Cette tendance du paragangliome surrénal à rester à l'état d’hyperplasie bénigne mérite d'autant plus d'être soulignée, qu’elle ne paraît nullement liée à l'existence simultanée d’une sclérose. Elle semble, au contraire, émancipée de ce lien étiologique, que les recherches classiques sur les cirrhoses du foie (Sabourin), la surrénalite modulaire (Letulle, Pilliet) sur certaines scléroses du rein et du corps thyroïde semblaient avoir imposé aux

adénomes glandulaires.

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