C. — Cytologie du paragangliome au début
On est frappé, tout d'abord, par l'extrême difficulté de préciser les contours cellulaires. Il n’y a pas de membrane cellulaire nettement délimitée, pas même cet ectoplasme condensé qui pourrait la figurer. Seul le contenu hyaloplasmique (grains, enclaves et vacuoles) se révèle à l'observation; il est donc impossible de délimiter des éléments cellulaires contigus lorsqu'ils se trouvent à un même stade physiologique.
Il faudrait se garder de voir dans ce caractère une disposition spéciale à la A D néoplasique : il ne fait que reproduire, au contraire, en l’exagérant, une disposition normale:
Dans les points où s’observent avec netteté des limites cellulaires, elles appartiennent, soit à des cellules irrégulières, soit à des cellules cylindriques et prismatiques :
1° Les cellules irrégulières existent à l’état normal dans la médullaire de l'homme comme dans celle du cheval. Il convient de rappeler que c’est précisément cet aspect étoilé qui était invoqué par Kohn pour assimiler les cellules chromaffines isolées à des éléments nerveux plutôt que glandulaires.
Dans nos tumeurs, les dimensions de ces cellules irrégulières varient dans des limites encore plus étendues qu’à l'état normal : une des figures de notre mémoire de 1912 provenant d'un parag loue humain fixé au liquide de Muller montrait bien la D de de ces lames irrégulières intercalées entre les cellules et qui proviennent, en réalité, des prolongements de leurs voisines. Cette figure nous semble illustrer ce que dit excellemment Mulon (1) : « 17 semble que les corps cellulaires
(4) P. Murow, Les paraganglions. Revue générale, Paris médical, 1913.
Ra aient été semi-fluides sur le vivant et se soient imbriqués les uns dans les autres ».
Mais, malgré cet aspect irrégulier, ils ne cessent pas.-d’appar-
tenir à la série épithéliale ; on ne trouve entre eux ni substance fondamentale ni lames conjonctivo-vasculaires. Les fausses apparences de fibrillation seront rapportées plus loin à leur véritable cause, la rétraction à l’intérieur de la cellule des vacuoles d’excrétion vidées de leur contenu. . Notons, toutefois, la présence, dans certaines lacunes axiales, de bourgeons ou hernies de substance collagène qui paraissent se rattacher à l’axe endothélial auquel aboutit la ‘lacune, et peuvent se prolonger, d'autre part, jusqu'à la bordure des vacuoles intracellulaires ou même dans leur intérieur lorsque la vacuole est rompue ou vidée.
2 Les cellules cylindriques ou prismatiques se rencontrent de préférence autour des capillaires veineux sinusoïdaux; elles sont particulièrement nombreuses à l’état normal dans la surrénale du cheval. Ceci expliquerait pourquoi les dispositions périthéliales restent plus fréquentes dans le paragangliome du cheval que dans celui du bœuf, par exemple.
Les collerettes du paragangliome au début, comme celle du paragangliome normal, offrent un polymorphisme remarquable. Les causes de ces variations d'aspect peuvent être purement topographiques : un tassement localisé, un épaississement local du stroma, un élargissement du calibre d’un vaisseau ; mais elles sont surtout fonctionnelles : côte à côte, en effet, se voient des corps cellulaires, lés uns à cytoplasme chair, allongés ou -ovoïdes (cellules en turgor-Mulon), les autres foncés, nettement sidérophiles, étroits et allongés ; certains, enfin, criblés de vacuoles à contour ridé et déchiqueté.
Ces différences expriment, dans la tumeur comme à l'état normal, la diversité des cycles sécréloires et s'expliquent par la constitution des corps chromaffinés ; on peut, avec Mulon, la résumer ainsi que suit. La cellule chromaffine comprend :
40 Un chondriome sous forme de repos (chondrioconte) et d'activité (mitochondries).
20 Des plastes ou grains de sécrétion : ce sont les granulations chromaffines découvertes par Grynfeltt dans le corps suprarénal des Sélaciens : « Ge sont des mitochondries chargées de la substance sécrétée. Ils l’élaborent,
PCT ous
dit Mulon, en ce sens que c'est sur eux qu'apparaît d’abord, puis augmente d'intensité, la réaction chromaffine, »
30 « L'hyaloplasma, dans lequel s'accumulent les substances sécrétées, est lui-même parfois chromaffine ou sidérophile; il semble donc pouvoir être, à un moment donné, imprégné par la substance qu'élaborent les grains.
« La cellule à adrénaline reste claire et paraît turgescente, tant que l'hyaloplasma ne contient pas d'adrénaline; dès le moment qu'il en contient, la cellule devient très sombre et semble s’affaisser. Ces différences d'aspect tiennent, sans doute, à des différences dans la tension osmotique : la cellule en charge étant hypotonique et la cellule chargée étant hypertonique vis-à-vis du sérum sanguin ».
Au cours de nos premières recherches avec M. Alezais, nous faisions remarquer que, pas plus que Grynfeltt, nous n’étions en mesure de suivre le cycle sécrétoire de la cellule chromaffine. Néanmoins, les types histo-fonctionnels que nous avions pu dégager à cette époque correspondent bien à ceux de la description de Mulon, comme le montrent les diverses figures de notre Mémoire de 1912.
Les variations de ces trois éléments : granulations, vacuoles, enclaves, donnent, disions-nous, à la cellule chromaffine des aspects différents, qui sont nécessairement liés aux phases de la sécrétion :
« &) Corps cellulaire régulier, mince, cytoplasme dense, granulations foncées; cellule ayant élaboré sa sécrétion; l'excrétion n’est pas commencée;
« b) Même corps cellulaire à granulations foncées, mais petites vacuoles très visibles en raison du fond sombre du protoplasma. Excrétion commencante ;
« c) Granulations chromaffines moins foncées; vacuoles plus grandes et plus nombreuses. Cellule en cours d’excrétion;
« d) Cellules à contours irréguliers, flétrie, plurivacuolée, sans granulations. Cellule vidée de son contenu et souvent refoulée par ses voisines;
« e) Cellule à cytoplasme dense sans granulations; atténuation de la chromaffinité qui trouve son expression la plus nette dans les bandes syncytiales », forme de rénovation cellulaire.
Les vacuoles des cellules chromaffines continuent à avoir pour nous une valeur morphologique et physiologique plus grande que ne le pensent beaucoup d'auteurs. Il va de soi que nous ne retenons pas ici les diverses vacuoles de cytolyse ou
A. PEYRON PLANcue VII
ny Doi D C.CONSTANTIN.:
F16. 9. — Paragangliome surrénal malin. Cheval. Capsule surrénale. Disposition du carcinome alvéolaire. Grossissement 1/150.
À, PEYRON PLaxene VIII
à e * SH
& ‘ CESSE Tate parsts ere , FR 6 LC CEST Etre à ARE Re me tés, LS = + Een Ne À LR Re {y P —< — ns NET LEE RE nn + RE 1e LT SN i #7, BE De a \ £ SA (BE D
EU Le A9 0, WE
CT
3 enr?e .. s
* Es aps RNCS
C-CONSTANTIN-
Fi. 10. — Paragangliôme malin. Cheval.
Surrénale. Massifs épithéliaux. Stroma fibreux. Artériole.
Le ] C.CONSTANTIN-
Fi. 11. — Môme tumeur. Alvéoles avec gaine conjonelive pseudo-endothéliale.
fe : } Ni eut:
5 Sr
we a Dar
C.-CONSTANTIN
FiG. 13, — ème lumeur. Module d'envahissement dans le cortex.