MEN RUE
muscles pharyngés; il ne s'agissait donc pas de signe de Chvosteck. La recherche du signe de Trousseau fut toujours négative. Mais surtout, l'examen électrique du Docteur Bourguignon permet d'éliminer à coup sûr ce diagnostic de tétanie, car les chromaxies des muscles de la face sont normales. De plus, le taux élevé du calcium sanguin est contre le diagnostic de tétanie.
Ces mouvements anormaux de la face méritent donc bien une dénomination spéciale et le nom de « paraspasme » donné par Sicard, mouvement ressemblant au spasme, mais en différant cependant, paraît devoir être conservé.
Meige compare ces mouvements anormaux au torticolis spasmodique, à l’ancien torticolis mental. I semble cependant exister entre les deux une différence importante : la localisation à peu près unilatérale des contractions musculaires du torticolis (dont les mouvements de sens contraire ne sont que des mouvements correcteurs ou compensateurs).
Cliniquement, ce qui frappe chez ces malades, c'est la localisation prédominante du spasme aux muscles faciaux à action habituellement synergique, aux orbiculaires des deux yeux, qui ont l'habitude de se contracter en même temps, à l'orbiculaire des lèvres, qui nécessite l'intervention synchrone des muscles et nerfs de deux côtés de la face. On serait même tenté de les appeler spasmes d'occlusion palpébrale ou buccale, ou encore spasme des sphincters palpébraux et buccaux, tant la fermeture des yeux
et de la bouche est leur principale résultante. Ainsi ces paraspasmes s’apparenteraient par certains côtés à certains spasmes faciaux dits spasmes de fonction : tels ces curieux spasmes oculaires, spasmes des ocu- Jogyres, spasmes des yeux au plafond, que l’on voit fréquemment chez les parkinsoniens post-encéphalitiques. Ils en diffèrent cependant du tout au tout. Le spasme de fonction oculaire est caractérisé par des hypertonies qui, durant un quart d'heure, une ou plusieurs heures, dirigent les yeux en haut ou en bas, sans secousses, ramenant l’œil à sa position initiale (sauf parfois dans les premières minutes du spasme). Le spasme d’occlusion palpébrale, que nous envisageons, est constitué par des mouvements cloniques incessants, renforçant, il est vrai, une légère hypertonie momentanée de l'orbiculaire des paupières. Une autre caractéristique du paraspasme facial bilatéral, c’est sa permanence. Une fois installé, il dure toute la journée, sauf quelques accalmies, et ne rétrocède que pendant le sommeil. Il est accentué par la fatigue, l'émotion, diminué par le repos et en particulier par la position horizontale. La volonté n’a sur lui aucune action provocatrice ni inhibitrice.
Il évolue seul et on ne remarque aucun autre symptôme facial, en particulier aucun signe permanent d’hypotonie ou de parésie faciale, quand on peut examiner le malade dans une accalmie. On ne constate en général pas de mouvement anormal d’au-
cune autre partie du corps, ni aucun signe neurolo-