‹ Le paratonnerre comedievaudeville en deux actesChapitre 5 sur 104 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

chose que deux chaises... Nous avons un petit vin bien gentil qui se laisse boire avec plaisir.

LA PIGEONNIÉRE, en regardant Uarielle.

Merci, mes bons amis... Chaque fois que je passe devant votre forge, je suisi tenté de m’y arrêter.

MARIELLE.

C’est que, voyez-vous, tout ce que nous vous offrons, c’est d’tin hon cœur.

LA PlGEOTtMÈRE, avec intention marquée.

. Je le sais, Marielle.

MARIELLE.

A votre arrivée dans ce pays, qu’est-c’ qui nous a fait construire cette forge, avec la petite maison qui en dépend?

LA PIGEONNIÉRE, de même.

Tais-toi, Marielle. (a part.) J’avais plus d’un projet.

GUILLAUME

Et qu’est-c’ qui nous a mariés ?

MARIELLE.

Le même jour que vous, encore... notre noce marchait deiTière la votre; et le soir, tandis que vous dansiez de votre côté, nous sautions joliment du nôtre. (Elle fait quelque» pas de danse.)

GUILLAUME, sautant aussi, et allongeant sans le vouloir son pied dans les jambes du marquis.

M’en suis-je donné, ce jour-là! Ah! pardon, excuse!

MARIELLE.

Enfin nous vous devons notre bonheur. Est-ce qu’on peut jamais oublier ça?

GUILLAUME

Tout ce qu’on peut faire pour vous être agréable, on le fait chez nous... à preuve... j’avais un garçon forgeron qui ferrait mal vos chevaux...

LA PIGEONNIÉRE.

Eh bien ? •

Eh bien, j’ l’avons changé contre celui-là. (il désigne Raoul.) C’est bête, c’est Iqprdaud, mais ça vous tient assez bien le sabot d’un cheval, (a Raoul.) Avance donc, toi, qu’on te voie un peu.

LA PIGEOintlÉRE, regardant Raoul qui s'avance avec crainte.

Tiens, tiens, mais il n’est pas trop mal, cet homme de peine; il est mieux que toi, Guillaume.

MARIELLE.

Ah ! par exemple!... (eIIc tape sur les joues de son mari.) Il n’y a pas de plus bel homme que le mien à dix lieues d’ioi.

GUILLAUME, à sa femme, et lui serrant la taiile.

Elle me trouve joli homme... Amour, va ; amour des amours !

HÉLRNE, i |>art.

Elle est heureuse, elle aime son mari.

LA PIGEONMÉRE, à (uirt, pn regardant Raoul.

C'est égal, ce garcon-là l'erait peur à plus d’tin mari... Cotte forgeruuno est si appétissante ! (a iui-m£nie.| Allons, allons, marcpiis, n’oubliez pas que votre épouse a les yeux sur

vous. (En ce moment Hélène tourne involontairement la tète du côté de Raoul et jette un cri. Raoul laisse tomber les tenailles qu’il tient à la main.)

HÉLÉRE.

.Ah!

RAOUL, à )>art.

Elle m'a reconnu !

LA PIGEORMIÉRE.

Qu’avez-vous, madame la marquise?

HÉLÈNE

Je ne sais... 11 vient du me prendre un éhluuissemont; je crois que c’est la fatigue de notre promenade.

GUILLAUME

Le pied de Madame aura peut-être pris un clou. Dans une forçe, ça se voit tous les jours.. .«on prend un clou sans y penser.

LA PIGEORRIÉRE.

Acceptez la proposition de Marielle, reposez-vous un peu ici... Mot je vais retourner vers la maison du poste... j'ai dans l’idée que je vous ramènerai votre belle-sœur.

MARIELLE, en regardant eu dehors. ^

Tiens, v’ià d’ l'ouvrage qui nous arrive. Deux chev.iux que l’on amène pour les ferrer...

GUILLAUME

Ils entrent dans notre petite cour, (a Raoul.) Allons, Gaspard, en avant, à la besogne !

RAOUL, à |jart, à Marielle.

Dis à madame la marquise que je vais revenir.

MARIELLE, surprise, à part.

.Ah bah I

LA PIGORRRIÉRE.

Je reviens tout de suite, ma chère H^ne... (A pari, à Marielle.) Marielle, tu es gentille à croquer. (En sortant.) Les femmes me feront tourner la tête ! (Hélène ne quitte pas des jeux Raoul, qui sort par la gauche avec Guillaume. Marielle regarde Raoul et Hélène en exprimant de nouveau sa surprise.)

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