ACTE I
III^.LKNE, à pari.
Et personne h. qui je puisse me fier, que je puisse interroger.
MARIELLE.
Madame parait souffrante... EsUce que ce serait encore un éblouissement?
HÉLÈNE
Ah ! Marielle, je suis bien à plaindre !
MARIELLE.
A plaindre?.. Vous, si belle, si riche 1
HÉLÈNE
Tu es heureuse, toi, tu as un mari que tu aimes, que tu as choisi... Si un chagrin t’arrive, quelqu’un est là pour le partager, pour te consoler... mais, moi, je suis seule au milieu de ce luxe qui m’entoure, de ce monde qui m’envie et m'ol>serve... Que n’ai-je, pour lui ouvrir mou cœiir, une sœui-,une amie...
MARIELLE.
Vous avez au moins une servante bien dévouée?
HÉLÈNE
Ab! si j’osais me lier à toi.
MARIELLE.
Osez, osez. Madame... Qui sait?..
Air (ITelva.
Nous, pauvret geos, triste est notre existence.
Que serions-nous sans protecteurs puissants?
Pour leur donner le bonheur, l’espérance.
Les petits ont besoin des grands.
Mais, ici-bas, tout varie et tout change ;
Du faible, alors, le secours a son prix.
Et quelquefois, par un heureux échange.
Les grands ont besoin des petits.
HÉLÈNE
' Eh bien, oui, j’ai besoin de toi, j’ai besoin de quelqu’un qui m’écoute, qui me comprenne.
' MARIELLE, à part.
Je vais tout savoir; je gage qu’il y a de l’amour sous jeu I
HÉLÈNE
N’aS'tu rien remarqué d’extraordinaire dans ce jeune liomme qui aide ton mari à la forge?
' MARIELLE.
Il m’a toujours semblé que ça n’était pas là un ouvrier comme les autres.
, HÉLÈNE
Tu ne t’es pas trompée. (Elle va voir si oo écoute.) Depuis quand est-il ici?