‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 147 sur 229 · HÉSIONE · texte numérisé non relu

HÉSIONE

Les saisons habitaient en moi, reine Hésione;

Elles faisaient mon front plus beau que pas un front, J'avais l'été dans mes cheveux, j'avais l'automne Dans l’or de mes habits que nul autan ne rompt.

Or pâle, étui vivant où mes sens se drapèrent.

Mon corps semblait un feu qui brillait au travers. Et la beauté de Dieu par qui les cieux prospèrent N’était que ma servante aux bras toujours ouverts.’

CHRYSOTHEMIS.

Je suis Chrysothemis reine de Samothrace.

Dieu créa mon visage en faisant les rosiers.

Du rouge de la fleur mon front garda la trace.

O mes vaisseaux aigus, aux flots vous vous posiez,

Tels que de grands oiseaux, du Pont en Chersonèse.

Mes cheveux coulaient doux comme un parfum aux bords De mes lèvres d'amour dont le souffle de braise

S'en allait embraser jusqu'aux lèvres des morts.

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