COURRIERS
Vous qui rèviez un charriot
Que traineraient de grandes ourses, Ayant pour lanterne Allioth.…
Vous échouez Villa des Courses.
Icares, à primesautiers,
Vous ne trouvez pour Empyrées, Dans les éthers où vous sautiez, Que vos misères empirées.
Votre appétence de l’exquis
A cette solution vile
De vous échouer au mâkis
Qu’on nomme Trouville-Deauville.
KLÔC’HERS.
Et ruminant des paradis,
Vous tombez en cette géhenne Où vous guette, Je vous le dis, Une fièvre paludéenne.
Mais si votre santé, bon teint, Vous met à l'abri du miasme, Traversant ce marais Pontin, Vous aurez cet enthousiasme
D’entendre geindre un piano Sur une esltacade à banquette.
-Dérision... étant l’anneau
De Salomon, ouïr Planquette.
Il semble une arche de Noé En palissandre, lisse et nette, Ou le coffre de Danaë
Qu’on organise en épinette,
Ce piano, sur l’horizon
Profilant une silhouette
Qui fait choir dans ce bec, ce son Comme l’on dit d’une alouette.
Il déconcerte étrangement
Les habitations humides...
Et ces cent mille Océanides Dont Prométhée était l'amant
S’étonnent sur leur glauque empire D'entendre jouer par ce Tra
La la, des valses... — et le pire Elles sont souvent de Métra
CS
# Dont la Vague sentimentale Parmi le véritable flot, Étalage son onde étale Et flue et reflue à vau l’eau ;
Et parmi tant de glauques raies Qu'elle croit très bien copier Sur les fluctuations vraies Fleurit sa vague de papier.
Et n'est-ce pas une injustice Pour une coupe de Thulé D’entendre par un interstice Pleuvoir un air intitulé.
Cœur d'artichaut, Fraisé au champagne Valses inédites de Klein
Que, sans préjugés, accompagne L'Océan au sanglot enclin.
Et la néréide importune Dans le bleu de ses profondeurs La patience de Neptune, D'un flonflon des Ambassadeurs.
KLÔC'HERS. 39
X XIII
Ami, par val et par montagne, Je tiens que tu devrais venir Me rejoindre en cette Bretagne, Pays du dol-men, du men-hir.
Je veux que ton rêve s’assoiffe Ainsi que le mien, du désir, De voir palpiter la grand’coiffe, Aux ailerons blancs à plaisir.
Pour trouver les choses perdues...
— Plut à Dieu qu’il nous exaucàt!
Nous implorerons les statues
Du bienheureux Discalceat.
Ce cordelier que l’on vénère Ne voulait purger ses habits De la vermine octogénaire
Qui s’y fécondait sans répits.
Même il lui disait : « Sur ma cotte Croissez et vous multipliez. »
Aussi, jamais à la secotte,
Il ne suivait les cordeliers.
Et si quelque bestionne orde Chevauchait le califourchon
De sa manchette et de sa corde...
Il l’entrait en son capuchon.
Or, ceci vaudrait la battue,
S'il se pouvait que nous sûssions, Grâce à ce saint qui restitue...
Où gisent nos illusions!
Viens me joindre au pays où les vagues amères
Se frangent aux brisants…
Au pays où l’on voit des bonnets de grand’mères, Pa;
Sur des fronts de six ans.
Avec toi, je voudrais, ma chère, Voyager au pays Breton.
Audierne est une jachère,
La mouette y donne le ton.
Douarnenez est une baie Admirable, qui ne verra Jamais la tête de poupée De Catinette ou de Cora.
La vache bretonne pâture,
A l’ombre des rameaux tremblants, Dans les près verts qu’elle rature D'hiéroglyphes noirs et blancs.
Une fillette vous épie
Entre un hallier aux verts réseaux...
Et sa blanche coiffe copie
Des palpitations d’oiseaux.
KLÔC’HERS.
Et des illusions aimées Vous remémorant les saisons On voit s’envoler les fumées Au-dessus du toit des maisons.
Metlant à profit, et la croûte, Et l’ulcère, et le ton piteux,
On voit s'exercer sur la route, L'art du mendiant loqueteux.
Tu verras les flèches antiques S’épanouir comme un jardin.
De pierre; — et les coitfes gothiques Qu’ont les femmes de Rosporden.
Enfin, pour peu que tu le veuilles, Nous irons loin d’un casino, Aux cueillettes des chèvrefeuilles, Sur la route de Concarneau.
J'aime la halte en une église, Déserte, vers la fin du jour...
L'âme s’y calme et s’égalise… Toujours y veille un peu d'amour.
Dans le charme de son mystère Bruit à peine un chapelet,
Et sous ses voûtes s’invétère Un souvenir d’encens qui plait.