MAMOUN
Magnifique jeune homme appelé Fleur de lys, Soucan, un jour chantait en face du calife.
Une esclave le vit, et derrière une chiffe Répondit par ces vers qui traversaient les plis:
« RUE frôler le [ys si frais épanoui
Sans qu'un pleur de rosée humecte ma Men
Le lys, c’est toi. Si son parfum a réjoui,
Ta splendeur me vaut mieux qui luit comme une pierre. »
— Le prince ayant compris fit venir sabre et cuir, — « C'est vrai, j’ai vu Souçan-fleur-de-lys, et la lave De l’amour a coulé dans mon cœur qui veut fuir. » — Et Mâämoûn au chanteur fit cadeau de l’esclave.
XXX VII
Haçan fit de grands frais aux noces califales : D'abord tout Hachémide eut l’aveline en musc Portant un nom d’esclave ou de mamelouk, jusqu’ A des terres, ou tel objet, ou des cavales.
Tabari le rapporte ainsi dans ses Târikhs :
On jeta des deniers d’or, de l’argent en dragmes
Et des nombrils de muse, et des œufs d'ambre gris. Les moucres en avaient jusques aux diaphragmes.
Cinquante millions de dragmes en vingt jours S’écoulèrent. Haçan fit étaler des nattes
D'or, et dessus les pieds du calife, et les nattes De sa fille couler des perles comme-un cours.
Puis dans un taureau d’or il mit un cierge d’ambre Pesant quatre-vingt fois dix onces et pour en Eclairer à la fois et parfumer la chambre
Nuptiale où Mâmoun rencontrerait Bôurân.