‹ Le parcours du rêve au souvenirChapitre 22 sur 229 · COULEUR LOCALE · texte numérisé non relu

COULEUR LOCALE

En ces lieux ignorés même par les Lotis, Loin des obscurités de la Ville-Lumière,.

J'admire l’innocence et la candeur première Qu’à cette ville d’être encor sur pilotis.

Malgré les sourds tarets dans ses poutres blottis Elle à maint monument plus haut qu’une chaumière Que la rose trémière y füt plus coutumière,

Et les Amsterdamois seraient peu mal lotis.

Lors mon ennui toujours en quête des asyles Songe à choisir enfin pour son abri caché La ville aux trois cents ponts, aux quatre-vingt-dix iles;

Avec mon vêtement de ténèbres cherché, J’y suis maitre corbeau sur un arbre perché Et c’est bien là, mon moi, qu'il sied que tu t’exiles.

C’est la charmante ville aux fenêtres fermées, La ville édifiée entre l’air et le flot;

La ville en éventail aux branches bien formées La fabuleuse ville au nonantuple îlot,

La ville aux trois cents ponts qui sont les trois cents branches Qu’entre elles toutes noue un ruban de canaux,

: De l’éventail ouvert et peint de maisons blanches

Et noires, ayant l’air d’un jeu de dominos.

La ville où la splendeur des nelttetés s'étale;

Où le seuil des maisons est plus blanc que les lins... C’est l'aimable Amsterdam, la sage capitale

De la folle Hollande aux dix mille moulins.

Page 1