JOSÉ MARIA DE | HBREDIA
LE
Oliab avec Belizéel, L'un sculptait l'idéal et l’autre le réel.
Quelques-unes des momentanéités graphiques et descriptives qui séparent et rejoignent l'aller et le retour, le point de départ et le lieu d’arrivée, l’idée préconcue, l'idéal préventif et la perspective du but visé toujours différente de la mémoire que nous laisse la région visitée; les trajets et les séjours, les relais et les étapes entre les élans et les termes, les envols et les repos, — tel est ce Parcours, voilà ce Livre.
Le Caliban et l’Ariel qui se disputent tout homme et le constituent, et dont le duel dans mes ouvrages à su parfois se gagner de précieux lecteurs, se sont en ces voyages exercés plus facétieusement et familièrement donné plus libre
carrière; chacun de ces serviteurs de Prospero exigeant tour à tour sa part et son art, revendiquant son lot et son los, selon l'appropriation des circonstances et la répartition des sujets.
Zénith et Nadir. que notre grand maitre Hugo, avec cet humour énorme qui faisait géants, même ses sourires, a spirituellement représentés aux prises, composent les deux points de vue de toute question. Plus ou moins soumise à l’un ou à l'autre, si humble ou si sublime soit-elle, pas une pourtant qui ne se montre que sous l'un de ces aspects. Toujours, par quelque maille, le ‘gnome troue l'aile du Sylphe, qui, lui-même, tire la barbe du gnome. Entre les deux, Puck, lutin, dit Robin-bon-diable, raccommode le tout avec sa verve maligne, moins perverse que l’aigreur du nain, moins candide que l'idéalité de l’Elfe.
Au cours de 1835, l’éclosion des Æortensias bleus, le premier et le plus étendu de mes poèmes, complètera, avecle deuxième (Les Chauves-souris) déjà paru, et le troisième, le présent, Parcours, l'initiale et la plus importante partie de mes ouvrages en vers, en élaboration depuis {antôt quinze années, et terminés depuis deux ans.
Plus tard — après l'apparition de quelques volumes en prose qui attendent leur tour, — viendront encore sans doute un Recueil sentimental
dès à présent accompli, et un poème sur les pierreries : Les Paons, qui devra faire rutiler l’équivalent gemmé et le frère lapidaire du Chef des Odeurs suaves.
Le rôle de ce dernier, — édité déjà, — est un relien de fleurs et de parfums. Et ce joli vers de Me Valmore :
Le village à la ville était Joint par des fleurs pourrait être appliqué à ce poème floral à la fois
intégrant et épisodique.
Septembre 1894.