‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 4 sur 89 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GOGüELU, MARY BERT11E, JOCELYNE.

MARY-BEUTllP, 3<M* tVl'r JoCtltfM.

Je te dis que c’est ici qu’elle nous a donné rendez-vous.

GOC1TEI.0.

Prends toujours garde de ne pas manquer l'heure de la voiture.

MtRY-BEIlTIIE.

Nous avons le temps. Tiens, qu’est-cc que je le disais? La voilà-1-sl pas, la pnuvro tille? elle nous attendait en priant. Jocelyne! bel Jocelyne I

brutes comotc y sont, ces ciloycns-là, pour croire à un las de l 'ont-ils pas dit à moi que vous étiez la tille du diable? Ah mon Di#( oui... Maugars, pour eux, c’est bien pis

qu’un assassin, c’est le démon... et voilà’ El quand la mer est méchante et qu’une barque chavire, il y a toujours un de ceux qui la montaient qui est là pour jurer qu'il a vu Maugars s|actroclier au hordage... ou bien si un chien hurle la nuii, cest que Maugars se promène dans le village et s’amuse à lui tirer la queue, J’ suis pas méchant, mais, Mury-Berlhe peut le dire, j’ai jailli assommer un de ces sauvages-là, avec ses contes à dormir debout.

MABT-DERTOE.

• Mais, ma pauvre fille, ils finiront quelque jour par te faire I un mauvais parti.

^OCEI.YNR.

No craignez rien. Ma mère me consacra toute enfant à sainic i Anne d’Auray, et je poitc ici l’image de la sainte. (Elle montre '■ une médaille quelle porte au cou.) Ce signe me piotége.-

MAtlT-FBIlTHE.

C’est égal, Jocelyne, si tu m’en croyais, tu as un petit pécule que monsieur le maire te compte per annuité; ch ben. lu viendrais manger ça à Paris. Je te montrerais mon élut de couturière, ou ben lu travaillerais pour Goguelu, qu'est tapissier, ça te ferait un sort.

JOCELVNE.

Mon sort, Mary-Berlhe, est d’aller de chapelle en chapelle, de calvaire en calvaire, et de vivre seule dan*; la pénitence et dans l’expiation. La inorne désolation de nos falaises, la plainte sans fin de cette mer déferlant sur nos grèves, et puis celte sombre nuit toujours présente à ma pensée, cette nuit sanglante où je vis la hacho de Maugars s’abattre sur ma mère... voilà ce qui habitent jusqu'à lu tombe avec la pauvre Jocelyne... Oui, ils ont raison, ces pâtres de Penmarc'h, oui, je suis issue du démon ; niais je gravis à genoux la route qui reconduit à Dieu, (Gpyuclu s'essuie les yeux.) ^

■ARY-BERTRB.

Ah ! et puis, et puis, tu ne dis pas tout, Jocelyne. 11 y a par là, dans le pays, un nommé Kernoël...

Digitiz

JOCELYNE-

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