‹ Le pardon de Bretagne drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 5 sur 89 · LE PARDON DE DR ET ACNE · texte numérisé non relu

LE PARDON DE DR ET ACNE

IOCBLYVB.

Kernoël est un orphelin comme moi.

MAUY-BEUTIIE.

Oui, oui, un orphelin, je ne dis pas; mais oui a été élevé par le vieux curé d’Audiemo. un savant, à ce qu il parait, et qui lui a enseigné toute sorte du belles choses; tellement que Kemoél parle français comme un livre et qu’il écrit comme un notaire. Et qu'est-il arrivé? C’est que le curé une lois mort, v’Ià que monsieur Kernoël s'est trouvé trop grand seigneur pour sc mettre à pécher lo congre ou à labourer la terre, et u’il a préféré vivre on ne sait comment, allant dans les Parons vendre des chansons qu'il compose en jouant du biniou dans les bals. C’est pas une vie, çà... et l’aurais tort de t'attacher à ce garçon-là.

GOGl'Rt u.

Eh ben. moi, je dis lo contraire... parce qu’enfin celle pauvre Jocelyne que tout le monde fuit, quo chacun repousse, eh ben, si elle a trouvé une créature qui la plaigne un peu et qui ne se sauve pas à son approche, què que tu y voisde mal, toi?

NAttY-ienTRe.

Tas ras à te mêler de çà, Goguclu. Jo sais bien ce que je dis. S’il l’aimait, pardine 1 Mais... ce n’est pas un saint... et i ne vaut pas mien que tant d’autres.

jocelvke.

J'ignore s’il m’aime ou ne m'aime pas, Mnry-Berthc, et je vous assure que je n'y ai jamais songé; seulement j’ai cru de» viner que Kcrnoel souffrait, que venu au monde dans ce désert, avec une àmc supérieure que les livres ont encore agrandie, il se trouvait, au milieu de ccs Pâtres et de ces pécheurs, voué à une solitude pire encore que la mienne. D’ailleurs vous ne le connaissez pas, il s’inquiète si peu de son existence, ce pauvre Kernoël, que, s’il n’y avait pas là parlois, près de lui, une bonne àrne pour écarter les ronces do son chemin, il s’y déchirerait à chaque pas. (On entend sonner dans le lointain.)

COCUBLO.

Mary-Berthe, voilà sept heures... nous avons deux lieues à (aire pour atteindre la cariole de Pontd’Abbé.. allons, faut décamper!

MAnv-nr.iYn.

Une fois, deux fois, c’est décidé, tu restes?

JOCSLYflB.

Je reste.

mmr-nrr.Tn».

Alors, Dieu te gnrdo, bonne Jocelyne. Mais tu nousaccompàgneras ben jusqu'au haut de In côte.

fOciLYRE, wurionf.

Mais si quelqu’un de Pen-March nous rencontre ensemble, vous voilà perdus de réputation.

VAftY-BKRTIlB.

Ab! ben, oui! ils n’ont qu'à ne pas nous saluer quand nous passerons...

Gocrci.o.

Oui, je leu-z-y conseille... j'ai les poings qui me démangent. Donnez-moi le bras, Jocelyne, et nous verrons bien.

■ANY-8KATIIK.

Enfin, t’as notre adresse 1 à Paris, et si jamais t’es malheureux ou que tu changes d’idée, pteuds la cariole e* arrive. (Ils sortent par le sent ir de droite.)

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